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les recevoir, les malheureux étaient là à réclamer, à se plaindre, à se renseigner. Les plus découragés restaient assis sur leurs bagages, fatigués de la traversée, gênés par la curiosité de la foule ; et sur tous ces exilés, comme une tristesse de plus, le soleil couchant déclinait, la nuit tombait pour leur faire encore plus sombres l’inconnu du pays nouveau et l’étonnement de l’arrivée. Kadour les regardait machinalement. Mais, tout à coup, une grande émotion lui monta au cœur. Les costumes des vieux paysans, les corselets de velours des femmes, tous ces cheveux couleur de moisson mûre... Et voici que son rêve prend une figure nette. Il vient de reconnaître les traits doux, les grandes nattes et le sourire de Katel. Elle est là devant lui avec le vieux Rippert, la mère et les tout petits, bien loin de leur scierie et de la Sauerbach, qui coule toujours là-bas devant la petite maison abandonnée.
« Kadour!
— Katel! »
Lui trestidevenu tout pâle; elle, elle a rougi un peu.
Allons! voilà qui est dit. La maison du kaïd est grande; et en attendant qu'on leur donne un coin de terre, les émigrants vont s’y installer. Vite la mère ramasse les paquets traînant autour d'elle. Elle rappelle les petits qui jouaient déjà avec les enfants étrangers. On les met dans les couffins pêle-mêle parmi les étoffes; et Katel rit de tout son cœur de se
voir si grande sur une selle arabe. Kadour rit aussi, moins fort cependant, avec une émotion de bonheur contenu. Comme la nuit tombe et qu’il fait froid, il entoure son amie d’un beau burnous rayé, pris parmi les cadeaux de noces, d’un haïck brodé de perles ; et dans cet accoutrement qui se drape autour d’elle, se plisse, remue des franges, immobile et droite sur sa monture haute, elle a l’air d’une musulmane blonde qui aurait quitté son voile. Kadour y songe en la regardant. Alors il lui vient des idées folles, mille projets. Il pense déjà à rendre sa parole à la fille de laga, à se marier avec Katel, rien que Katel!... Qui sait? Peutêtre un jour ils s’en reviendront ainsi de la ville, tous deux, seuls dans un chemin de lauriers-roses, elle rieuse sur sa mule, lui tenant la bride comme maintenant.
Et fiévreux, tout à son rêve, voilà qu’il veut donner le signal du départ; mais Katel larrête d’une voix douce — « Pas encore... Mon mari va venir. Il faut l’attendre. »
Katel était mariée. Pauvre Kadour!
PHSRPROIS EORBEAUX
L’entrevue des trois Empereurs a échoué au point de vue d’une alliance offensive et défensive.
(Journaux français, septembre 1872.)
EST le soir d’un jour de bataille.
(De) Du choc des deux armées, la nature est encore agitée tout autour.
rev L’haleine enflammée des canons flotte sur la campagne en lourds nuages roux. L'air est plein de remous, comme une mer après l’orage. On y sent trembler les terribles commotions de la journée; et la terre couverte de neige, troublée dans son repos d’hiver, se creuse, se ravine sous des marques de roues, des piétinements désespérés, des chutes d’hommes et de chevaux.
Labour sinistre! Dans des sillons de neige, la bataille a semé des morts. Les capotes grises ont des plis, des enroulements d’agonie.
Des bras se lèvent des fossés combles, et des
pieds s’allongent roides et droits en poussant la terre devant eux.
Le visage découvert, päle sous un ciel de plomb, un jeune soldat est couché. Ses mains sont noires de poudre, sa tunique percée de balles. Il était au plus fort de la bataille, en plein feu, et ses compagnons l’ont cru mort en le voyant tomber. Il vit pourtant, et il appelle avec tout ce qui lui reste de force; mais rien ne lui répond que des plaintes et des râles… À
À la fin, engourdi et froid de souffrance, fatigué comme ïl est du sifflement de la mitraille, des éclairs des canons, de toutes les évolutions de la mêlée sanglante, il se sent tenté, envahi par le grand repos tranquille et lourd de la terre sur laquelle il s'étend, et tout prêt à s’abandonner pour le sommeil ou pour la mort.
Mais voici qu’à l'horizon immense, qui tient tout entier dans ses yeux entr'ouverts, trois points noirs apparaissent du côté du Nord et grossissent dans le ciel, à mesure qu'ils s’approchent. Ce sont des ailes, des ailes sombres qui se hâtent.…
Bientôt elles s'arrêtent au-dessus de sa tête, et trois corbeaux immobiles restent là, suspendus dans Pair blanc, avec ce déploiement, cette tranquillité des bêtes de proie dont l’œil guette. Dans l'atmosphère encore vibrante et confuse de la bataille, le battement presque imperceptible de ces grandes ailes à Parrêt fait
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penser à trois drapeaux de combat portant chacun un corbeau noir qui plane.
« Est-ce qu'ils viennent pour moi? » se demande le blessé avec terreur, et tout son pauvre corps tressaille en voyant les trois corbeaux descendre de la nue, et se percher sur un petit tertre, à quelques pas de lui.
Ce sont de beaux oïseaux, ma foi! gras, lustrés, bien nourris. Pas une plume ne manque à leurs aïles. Pourtant ces oiseaux-là vivent au milieu de la bataille. Ils ne vivent même que par elle ; mais ils y assistent de très loin, de très haut, hors de la portée des balles, et ne descendent jamais que quand les régiments sont à terre, et que blessés et morts se confondent dans un sinistre nivellement.
En vérité ceux-ci ont l’air de corbeaux d’importance. Ils se saluent du bec, paradent l’un devant l’autre en marquant leurs griffes pointues dans la neige rougies puis, quand ils ont bien fait les beaux, ils se mettent à croasser tout bas, tout bas sans quitter de l’œil le blessé.
« Cousins, dit un des oiseaux noirs, je vous ai fait venir pour ce petit soldat de France qui est couché là devant vous. C'était un fier petit soldat, tout animé d’un singulier courage, mais sans prudence ni réflexion.
Voyez sa capote trouée et comptez ce qu’il a fallu de balles pour le jeter par terre.
« Cousins, c’est une belle proie, et si vous voulez, nous nous la partagerons ; mais il faut attendre un peu avant d’aller à lui. Quoique
ses armes soient brisées, tel qu’il est, nu-tête, les mains inertes, il serait encore à craindre s’il se ranimait.. » 4
Celui qui parle est le plus gros de tous; et les deux autres, tout en l’écoutant, se tiennent loin de son bec féroce et crochu. Il reprend : « Hourrah! nous allons nous le partager. Moi, je mangerai son cœur. C’est un cœur chaud, vaillant et qui rajeunira le mien. »
Tu entends ce qu’ils disent, petit soldat ?.… Est-ce que vraiment ton cœur ne bat plus?
L'autre corbeau prend la parole: « Moi, je mangerai ses yeux. Les yeux de France sont larges, clairs et rayonnants de vie. »
Vite, ouvre tes yeux, petit soldat, ouvre tes yeux s'ils voient encore.
Et le dernier: « Moi, je mangerai sa langue.
Dans les pays latins, c’est encore le plus fin morceau. »
Mais parle, parle donc ; et crie-leur bien fort que, malgré tout le sang que tu as perdu, il t'en reste encore dans les veines.
On dirait vraiment qu’il est mort, et quand,
leur conférence finie, les trois oiseaux, à l'œil torve, au bec vorace, s’approchent de lui, les ailes tombantes, son corps n’a même pas frémi.
Pauvre petit soldat de France! Ils vont te dépecer tout entier et s’acharner après toi. Ils emporteront jusqu'aux boutons de ta tunique ; car ces oiseaux de pillage ramassent tout ce qui brille, même dans le sang.
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Doucement, les trois corbeaux s’approchent, et le plus effronté se hasarde à le piquer au doigt. Cette fois, le petit soldat se réveille, et tressaille tout entier. « Il n’est pas mort... Il n’est pas mort... » se disent les bêtes peureuses, et elles regagnent leur tertre en sautant.
Oh! non. Le petit soldat de France n’est pas mort. Voyez-le redresser sa tête où l’indignation fait remonter un peu de vie. Son œil s’anime, sa narine se gonfle. Il lui semble que l'air est moins lourd, et qu’il respire mieux.
Un rayon de soleil d'hiver, rose et pâle, se traîne sur la terre saccagée; et pendant qu’il admire ce triste couchant qui prend pour lui des lueurs d’aurore, voilà que, sous sa main étendue, la neige fondant à la chaleur laisse passer une pointe verte, un brin de blé en herbe.
O miracle de vie! Le blessé se sent renaître. Appuyé de ses deux mains à la terre de la patrie, il essaie de se redresser. De loin, les trois corbeaux le guettent, prêts à partir; et lorsqu'ils le voient debout, cherchant autour de lui, d’un geste qui tremble encore, ses armes abandonnées, ils s’enlèvent ensemble et remontent vers le Nord déjà plein de nuit.
On entend dans le ciel des chocs d’ailes terribles et des claquements de bec. C’est un vol pressé, tumultueux, où il y a de la peur et de la colère. On dirait des bandits qui ont manqué leur coup et qui sé battent entre eux en fuyant.
SALVETI EN ETOPBERNADOU
EST la veille de Noël, dans une
GR ÿt Srosse ville de Bavière. Parles rues blanches de neige, dans la confu-
sion du brouillard, le bruit des
voitures et des cloches, la foule se presse joyeuse aux rôtisseries en plein vent, aux baraques, aux étalages. Frôlant avec un bruissement léger les boutiques enrubannées et fleuries, des branches de houx vert, des sapins’ entiers chargés de pendeloques passent portés à bras, dominant toutes les têtes, comme une ombre des forêts de Thuringe, un souvenir de nature dans la vie factice de l’hiver. Le jour tombe. Là-bas, derrière les jardins de la Résidence, on voit encore une lueur de soleil couchant, toute rouge à travers la brume, et il y a par la ville une telle gaieté, tant de préparatifs de fête que
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chaque lumière qui s'allume aux vitres semble pendre à un arbre de Noël. C’est qu’aujourd’ui n’est pas un Noël ordinaire! Nous sommes en l’an de grâce mil huit cent soixantedix, et la naissance du Christ n’est qu’un prétexte pour boire à lillustre Von der Than et célébrer le triomphe des guerriers bavarois.
Noël! Noël! Les juifs de la ville basse euxmêmes sont en hiesse. Voilà le vieil Augustus Cahn qui tourne en courant le coin de la Grappe bleue. Jamais ses yeux de furet n’ont relui comme ce soir. Jamais sa petite quouette en broussaille n’a frétillé si allègrement. Dans sa manche usée aux cordes des besaces est passé un honnête petit panier, plein jusqu’aux bords, couvert d’une serviette bise, avec le goulot d’une bouteille et une branche de houx qui dépassent.
Que diable le vieil usurier compte-t-il faire de tout cela? Est-ce qu’il féterait Noël, lui aussi? Aurait-il réuni ses amis, sa famille, pour boire à la patrie allemande ?.. Mais non! Tout le monde sait bien que le vieux Cahn n’a pas de patrie. Son Vaterland, à lui, c’est son coffrefort. Il n’a pas de famille non plus, pas d’amis ; rien que des créanciers. Ses fils, ses associés plutôt, sont partis depuis trois mois dans Parmée. Ils trafñiquent là-bas derrière les fourgons de la landwehr, vendant de l’eau-de-vie, achetant des pendules, et, les soirs de bataille, s’en allant retourner les poches des morts, éventrer les sacs tombés aux fossés des routes.
Trop vieux pour suivre ses enfants, le père Cahn est resté en Bavière, etil y fait des affaires magnifiques avec les prisonniers français. Toujours à rôder autour des baraquements, c’est lui qui rachète les montres, les aiguillettes, les médailles, les bons sur la poste. On le voit se glisser dans les hôpitaux, dans les ambulances. Il s'approche du lit des blessés, et leur demande tout bas en son hideux baragouin :
« Afez-fus guelgue jsse à fendre? »
Et tenez! en ce moment même, si vous le voyez trotter si vite avec son panier sous le bras, c’est que l'hôpital militaire ferme à cinq heures, et qu’il y a deux Français qui Pattendent là-haut dans cette grande maison noire aux fenêtres grillées et étroites, où Noël n’a, pour éclairer sa veillée, que les pâles lumières qui gardent le chevet des mourants….
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Ces deux Français s'appellent Salvette et Bernadou. Ce sont deux chasseurs à pied, deux Provençaux du même village, enrôlés au même bataillon et blessés par le même obus. Seulement Salvette avait la vie plus dure, et déjà il commençait à se lever, à faire quelques pas de son lit à la fenêtre. Bernadou, lui, ne veut pas guérir. Dans les rideaux blafards de son lit
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d’hospice, sa figure paraît plus maigre, plus languissante de jour en jour; et quand il parle du pays, du retour, c’est avec ce sourire triste des malades, où il y a bien plus de résignation que d’espérance. Aujourd’hui, cependant, ils’est animé un peu en pensant à cette belle fête de Noël qui, dans nos campagnes de Provence, ressemble à un grand feu de joie allumé au milieu de lhiver, en se rappelant les sorties des messes de minuit, léglise parée et lumineuse, les rues du village toutes noires, pleines de monde, puis la longue veillée autour de la table, les trois flambeaux traditionnels, l’aïoli, les escargots et la jolie cérémonie du cacho fio (büche de Noël) que le grand-père promène autour de la maison et arrose avec du vin cuit.
« Ah! mon pauvre Salvette, quel triste Noël nous allons faire cette année! Si seulement on avait eu de quoi se payer un petit pain blanc et une fiole de vin clairet!... Ça m'’aurait fait plaisir, avant de passer l’arme à gauche, d’arroser encore une fois le cacho fio avec toi... »
Et en parlant de pain blanc et de vin clairet, le malade a ses yeux qui brillent. Mais comment faire ? Ils n’ont plus rien, les malheureux, ni argent, ni montre. Salvette garde bien encore dans sa doublure un bon de poste de quarante francs. Seulement, c’est pour le jour où ils seront libres, et la première halte qu’on fera dans une auberge de France. Cet argent-là est
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sacré. Pas moyen d’y toucher... Pourtant ce pauvre Bernadou est si malade! Qui sait s’il pourra jamais se remettre en route pour retourner là-bas! Et puisque voilà un beau Noël qu’on peut fêter ensemble, est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux en profiter?!
Alors, sans rien dire à son pays, Salvette a décousu sa tunique pour prendre le bon de poste, et quand le vieux Cahn est venu, comme tous les matins, faire sa tournée dans la salle, après de longs débats, des discussions à voix basse, il lui a glissé dans la main ce carré de papier, raide et jauni, sentant la poudre et taché de sang. Depuis ce moment, Salvette a pris un air de mystère. Il se frotte les mains et rit tout seul en regardant Bernadou. Et maintenant que le jour tombe, il est là à guetter, le front collé aux vitres, jusqu’à ce qu'il ait vu dans le brouillard de la place déserte le vieil Augustus Cahn tout essoufflé, qui arrive, un petit panier au bras.
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Ce ‘minuit solennel, qui sonne à tous iles clochers de la ville, tombe lugubrement dans la nuit blanche des malades. La salle d’hospice est silencieuse, éclairée seulement par les veilleuses suspendues au plafond. De grandes
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ombres errantes flottent sur les lits, les murs nus, avec un balancement perpétuel qui semble la respiration oppressée de tous les gens étendus là. Par moment, il y a des rêves qui parlent haut, des cauchemars qui gémissent, pendant que de la rue monte un murmure vague, des pas, des voix, confondus dans la nuit sonore et froide comme un porche de cathédrale. On sent la hâte recueillie, le mystère d’une fête religieuse traversant l’heure du sommeil et mettant dans la ville éteinte la lueur sourde des lanternes et l’embrasement des vitraux d'église.
« Est-ce que tu dors, Bernadou ?... »
Tout doucement, sur la petite table, près du lit de son ami, Salvette à posé une bouteille de vin de Lunel, un pain rond, un joli pain de Noël où la branche de houx est plantée toute droite. Le blessé ouvre ses yeux cernés de fièvre. À la lumière indécise des veilleuses et sous le reflet blanc des grands toits où la lune s’éblouit dans la neige, ce Noël improvisé lui semble fantastique. — « Allons, réveille-toi, pays. Il ne sera pas dit que deux Provençaux auront laissé passer le réveillon sans l’arroser d’un coup de clairette.. » Et Salvette le redresse avec des soins de mère. Il emplit les gobelets, coupe le pain; l’on trinque, et l’on parle de la Provence. Peu à peu Bernadou s’anime, s’attendrit. Le vin blanc, les souvenirs… Avec cette enfance que les malades retrouvent au fond de leur faiblesse, il demande
à Salvette de lui chanter un Noël provençal. Le camarade ne demande pas mieux:
& Voyons, lequel veux-tu? Celui de l’'Hôfe ? ou les Trois Rois? ou Saint Joseph m’a dit ?
— Non! j'aime mieux les Bergers. C’est celui que nous chantions toujours à la maison... »
Va pour les Bergers ! À demi-voix, la tête dans les rideaux, Salvette commence à fredonner. Tout à coup, au dernier couplet, quand les pâtres ont déposé sur la crèche leur offrande d'œufs frais et de fromageons et que, les congédiant d’un air affable,
Joseph leur dit : Allons ! soyez bien sages, Tournez-vous-en et faites bon voyage.
Bergers, Prenez votre congé,
voilà le pauvre Bernadou qui glisse et retombe lourdement sur l’oreiller. Son camarade, pensant qu'il s'endort, l'appelle, le secoue. Mais le blessé reste immobile, et la petite branche de houx en travers sur le drap rigide semble déjà la palme verte que l’on met au chevet des morts.
Salvette a compris. Alors en pleurant, un peu ivre de la fête et d’une si grande douleur, il reprend à pleine voix dans le silence du dortoir le joyeux refrain de Provence :
Bergers, Prenez votre congé.
LE BON DIEU DE CHEMILLÉ