DU SEPTIÈME DEGRÉ
Le septième degré est celui de ceux qui sont indifférents à tout, qui reçoivent avec une égale joie les consolations et les afflictions , et n'ont d'autre désir que d'obéir à la volonté divine; l'âme fidèle suit avec amour la Croix , comme l'ombre suit le corps , et elle peut dire : « Je me suis assise à l'ombre de celui que j'aime, « et son fruit est doux à mon palais (1). » Dieu prodigue les dons spirituels et les grâces supérieures à ceux qui vivent ainsi dans la paix du pur amour; ils aiment la lumière comme les ténèbres, la nuit comme le jour, les peines comme les consolations , et ils peuvent dire avec David : « Vous n'avez pas obscurci les ténèbres, et « la nuit est claire comme le jour. Vous êtes toujours c( le même dans l'obscurité et la lumière (2). »
Grâce à cette sainte indifférence , ils ne perdent jamais la tranquillité de l'âme. Dans les grâces intérieures, ils reçoivent les dons de Dieu avec humilité, et s'avancent toujours vers la perfection ; leur mémoire s'enrichit de pensées profondes et admirables; leur intelligence s'éclaire de vérités lumineuses, et leur volonté s'enflamme des ardeurs du divin amour. Mais comme toute abon-
(1) Suh umbra illius quem desideraveram , sedi; et fructus ejus dulcis gutturi meo. (Gant., ii, 3.)
(2) Quia tenebrae non obscurabuntur a te, et nox sicut dies illuminabitur; sicut tenebrae, ita et lumen ejus. (Ps. cxxxviii, 12.)
dance est un danger, suilout quand on n'est pas sur ses gardes , ils sont exposés souvent à des illusions , parce qu'ils se reposent dans ces faveurs célestes et qu'ils s'atlaclienl trop au bonheur de ces \isites, ne s'appliquant pas à examiner s'ils usent des dons divins avec assez de prudence. C'est ce défaut de prudence dans les grâces du Ciel qui les empêche d'arriver au terme de la perfection.