DU HUITIÈME DEGRÉ
Le huitième degré est atteint par les hommes qui se sont ahandonnés sincèrement au bon plaisir de Dieu pour le temps et pour l'éternité; ils n'ont aucune propriété, aucun attachement aux créatures, ni même aux dons de Dieu , et s'ils possèdent des biens temporels , ils conservent autant de liberté que s'ils ne les avaient pas; ils vivent également libres au milieu des dons célestes; ils les reçoivent sans orgueil, et restent aussi humbles que s'ils ne les recevaient pas.
Aussi Dieu les visite par ses illuminations cachées; il leur révèle, au moyen de formes et d'images, des secrets et des choses admirables ; mais ces faveurs sont sujettes à des illusions, et sont accordées quelquefois aux imparfaits. Us vivent, il est vrai , morts à eux-mêmes; ils sont élevés à cette sublime connaissance qui est appelée la contemplation de Dieu dans l'obscurité. Ils ne parviennent pas cà cette suprême révélation , à cette vue sans intermédiaire, sans nuages, parce qu'ils ne reçoivent pas encore les communications divines a\ec
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assez de détachement; ils demandent ce qui leur manque et ce qu'ils désirent; ils ne sont pas les mêmes, quand ils jouissent de la lumière divine, ou qu'ils en sont privés; ils aiment beaucoup plus la recevoir que la perdre.
Ils ont une recherche d'eux-mêmes qu'ils n'aperçoivent pas; ils devraient vivre aussi détachés de ces grâces que s'ils ne les avaient jamais reçues; ils devraient admirer seulement la générosité et la bonté de Dieu , et le remercier humblement de ce qu'il a daigné accorder de si grandes faveurs à des vers de terre si méprisables. Ils devraient non -seulement consentir à êlre privés de ces dons, mais encore s'offrir au plus dur abandon et aux épreuves les plus pénibles. Toutes ces révélations ne sont pas la vie parfaite; elles la facilitent seulement, et montrent les soins de la Providence qui nourrit les âmes et les appelle à la perfection. Voici à quel point doit être vaincue et détruite dans les serviteurs de Dieu toute propriété d'eux-mêmes, afin d'arriver à la vie contemplative et parfaite.