DE QUELQUES GRAVES TENTATIONS DE LA VIE SPIRITUELLE
Que les personnes qui veulent vivre de la vie de l'esprit ne croient pas pouvoir faire de grands progrès dans la vertu , sans s'appliquer à acquérir la paix de la conscience et la tranquillité de l'âme. Jésus-Christ aime se reposer dans les consciences pures et calmes ; et cela est facile à comprendre. Quelle différence pour nous de nous reposer doucement dans un lit tout orné de lis et de roses, ou bien sur une terre inculte et sauvage, toute pleine d'épines et de chardons? Il en est de même pour Jésus -Christ, qui préfère à une conscience troublée une âme calme et tranquille ; les délices du Verbe de Dieu sont les cœurs qu'embellit la paix de la conscience. La sainte Épouse des Cantiques ne l'ignorait pas , lorsqu'elle disait, dans l'attente des caresses de son divin Époux : Lectulus noster floridus (1 ) , c'est-à-dire, notre
(l)Gant., I, 5.
demeure est tranquille, et le lit de notre amour est orné de fleurs. Viens donc, mon bien-aimé, mon âme est fermée à tout autre amour; ma conscience est pure, elle est parée de lis et de vertus ; mon cœur est dans le calme et dans la paix; je ne désire que ta présence, afin que tu me reçoives dans le sein de ton amour infini , que je m'y endorme et que je m'y repose.
Comprenons donc combien les âmes scrupuleuses, qui se tourmentent sans cesse par leurs doutes et leurs inquiétudes , préparent mal leur cœur à recevoir Jésus- Christ. Au lieu du calme que la religion devrait leur donner, elles se font une vie malheureuse , pleine de trouble et de tentations. Je ne puis pas expliquer toutes ces tentations, mais j'en choisirai trois principales, qui sont beaucoup plus dangereuses que les autres.
De la tristesse de Tâme.
La première tentation est une tristesse déréglée ; la seconde, un trouble exagéré de l'esprit; la troisième, un violent découragement. Pourla première de ces tentations , il faut savoir que souvent l'homme se trouve si accablé par la mélancolie , que , non-seulement il n'a plus le goût du Bien, mais qu'il ne peut plus l'accomplir; il vit alors dans l'ignorance de ce qui lui manque, et il ne peut comprendre ce qui cause sa peine. C'est cette tristesse que David éprouvait lorsqu'il disait : « Pourquoi es-tu triste, mon âme, et pourquoi « me troubles-tu (1)? » Encore si je savais ce qui le
(1) Quare tristis es, anima mea, et quare conturbas me ? (Ps. xlii, 5.)
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manque pour te le donner. Mais enfin espère, et ne te décourage pas; bientôt viendra le temps où je servirai Dieu avec allégresse : « Espère en Dieu , car je « mettrai toujours en lui ma confiance (1). »
Il est vrai que la mélancolie a le plus souvent son principe dans le tempérament ; mais il n'en est pas moins déplorable de voir tant de personnes qui , après avoir commencé à servir Dieu avec ardeur, y renoncent, vaincues par la tristesse. Et cela n'est pas étonnant, parce que jamais la constance et la force de l'esprit n'ont été si nécessaires que dans les premiers moments où l'on cbercbe à triompher de ses vices. Quel trouble et quel obstacle peut apporter une mauvaise disposition du corps, si l'âme est solidement fixée en Dieu , et si elle est remplie de la grâce et des consolations du Saint-Esprit? et, au contraire, qu'est-ce qui peut la réjouir et la charmer, si elle est triste , tourmentée , et accablée d'un poids insupportable de mélancolie ?
Si quelqu'un me demande comment une âme triste peut se délivrer de sa souffrance intérieure , je répondrai par un exemple. Il y avait un serviteur de Dieu, un ami de la Sagesse éternelle, qui, dans les commencements de sa conversion, était sujet à des accès de mélancolie profonde; non-seulement il avait perdu le goiit de la lecture et de l'oraison , mais il était encore dans l'impossibilité d'agir. Un jour qu'il se tenait assis dans sa chambre , livré à cet état insupportable, il en-
(1) Spem in Dec, quoniam adhiic confltebor illi. ( Ps. xlii , 5.)
tendit une voix intérieure qui lui disait: « Pourquoi rester ainsi, triste et sans rien faire? pourquoi te consumer en toi-même, et t'épuiser dans les angoisses de la mélancolie? Du courage, lève-toi, fais-toi violence, médite ma Passion et mes souffrances cruelles , et tu surmonteras ta douleur. Le serviteur de Dieu obéit; la méditation de la Passion de Jésus-Christ dissipa sa tristesse, et , en continuant ce saint exercice , il guérit son âme et ne fut plus sujet à la mélancolie.
Du désespoir.
La seconde tentation est un accablement , un serrement de cœur, un trouble déréglé de l'âme. Ceux qui éprouvent cette tentation , savent bien ce qui leur manque; ils comprennent qu'ils ne sont pas assez conformes à la volonté de Dieu , puisqu'ils éprouvent en eux une foule de désirs naturels, souvent opposé? au bon plaisir de Dieu. La cause de leur mal est d'estimer trop ce qui ne mérite pas de l'être; c'est là la source de leur affliction intérieure; et ils la sentent plus que jamais, lorsque, voulant se recueillir en Dieu, ils sont assaillis par des pensées mauvaises et honteuses, contre Dieu et contre sa bonté. Cette tentation est la plus pénible que puisse éprouver le cœur de l'homme , non pas à cause du mal qu'elle fait à l'âme , qui n'y consent pas, mais à cause de la douleur dont elle se sent accablée.
A cette tentation se joignent souvent des doutes cruels contre la foi, des pensées odieuses contre Dieu et contre les saints; on a des projets insensés de sui-
cide, et on désespère de la miséricorde divine. Parlons seulement de celte dernière tentation , et disons que ce désespoir vient de trois causes : l'âme ne sait pas et ne comprend pas ce qu'est Dieu, ce qu'est le péché, et ce qu'est la contrition du cœur. Dieu est une source inépuisable d'infinie miséricorde et de souveraine tendresse. 11 n'y a pas de mère dévouée qui soit plus prompte à retirer des flammes le fils qu'elle a porté dans son sein , que Dieu n'est empressé à secourir une âme pénitente, eût- elle commis mille fois tous les péchés du monde.
Dites-nous , très-doux Seigneur, d'où vient que les âmes pénitentes vous trouvent si tendre , si aimable , et goûtent en vous et par vous tant de bonheur. La cause d'un si grand amour n'est pas leur innocence; mais elles pleurent leurs fautes; elles comprennent leur indignité; elles savent que vous n'avez pas besoin de nous; et pourtant vous vous donnez si généreusement , vous les recevez si tendrement dans le sein de vos miséricordes ! C'est cela , Seigneur, qui fait comprendre votre grandeur et votre tendresse aux âmes pénitentes, à tous les cœurs des hommes. Il vous est aussi facile de remettre à vos débiteurs mille talents qu'un seul, de pardonner à une âme mille crimes qu'un péché. Votre bonté surpasse toutes les bontés. Aussi ces âmes sont confondues par les douceurs de votre infinie miséricorde , et elles se reconnaissent incapables de vous rendre les actions de grâces que mérite votre indulgente bonté.
Les âmes repentantes qui reviennent à vous, vous
louent et vous honorent plus que si elles n'avaient pas péché ; et en appréciant votre charité , elles servent plus à voire gloire que les âmes tièdes; car saint Bernard Ta dit: ft Vous ne regardez pas tant ce que l'homme a été, c( que ce qu'il veut être dans le fond de son cœur (1). » Celui qui nie ou qui n'espère pas que Dieu remet les péchés, et cela autant de fois que les jours ont d'instants , celui-là prive Dieu de son plus grand honneur. C'est le péché qui l'a fait descendre du ciel en terre, qui l'a rendu notre bon, notre aimable Rédempteur, toujours prêt à recevoir les âmes qui reviennent à lui. Que l'âme , dans ses afflictions et ses tentations , se recueille en elle-même et médite sur ce qu'est Dieu , et jamais elle ne pourra douter de sa miséricorde. De plus, qu'elle cherche à comprendre ce qu'est le péché: il n'y a jamais péché , si la volonté n'est pas délibérée et certaine, si la raison combat et s'oppose , si les pensées mauvaises qui se présentent lui répugnent. 11 y a péché seulement, quand , en toute connaissance de cause, par un acte de volonté bien arrêté , sans hésilation et sans répugnance, le cœur se livre à l'iniquité. Sans cela , l'âme pourrait être obsédée de mille pensées mauvaises, en être tourmentée pendant des années entières; pourvu qu'elle les combatte, qu'elle les repousse, qu'elle ne veuille pas y consentir, elle se conservera toujours exempte de péché mortel ; et même si, dans ces pensées mauvaises, elle éprouvait quelque délectation ; ou que , par oubli et par négligence d'elle-même , elle
(1) Non enim taiu attendis quid fuerit homo, quam quid pro sui cordis desiderio esse velit.
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ne fût pas assez prompte à les repousser, elle ne pécherait pas en cela mortellement. Car, d'après la doctrine unanime des saints Pères , si la pensée et la délectation du mal n'ont pas pour complice une volonté ferme et maîtresse d'elle-même, il n'y a pas péché mortel, lors même que l'âme s'y est arrêtée longtemps. Telle est la règle : il n'y a jamais péché sans parfait consentement. Que l'âme affligée s'applique à comprendre la vertu et la puissance de la contrition. Une contrition véritable , humble et pleine de confiance, délivre l'homme de tous ses péchés. Un cœur contrit et humble obtient toujours miséricorde ; car il est écrit : « Mon fils , dans « ton infirmité, ne te méprise pas loi-même , mais « prie le Seigneur, et il te guérira (1). »
De quelques erreurs des personnes scrupuleuses.
Les personnes scrupuleuses s'égarent en beaucoup de choses. Elles ne croient, pour ainsi dire, à personne ; et aucun conseil ne peut calmer la douleur intérieure qu'elles éprouvent. Elles reviennent aussi, sans cesse, sur leurs péchés et sur leurs doutes; et plus elles en parlent, plus elles s'en inquiètent, plus leur état s'aggrave. Elles devraient se contenter d'un bon confesseur, et se fier entièrement à ses lumières et à sa direction. Au jour du Jugement, le confesseur devra rendre compte de son pénitent; tandis que le pénitent pourra se retrancher dans sa soumission et son obéissance.
(1) Fili , in tua infirmitate ne despicias te ipsum , sed ora Dorainum ; et ipse curabitte. ( Eccli., xxxviii, 9.)
Les personnes scrupuleuses se laissent abattre par une crainte exagérée de ne jamais bien se confesser. Cela vient de ce qu'elles ne veulent pas comprendre qu'il suffit , dans la confession , de préciser seulement les pécbés mortels , et que , pour les autres , on peut les accuser généralement; le démon entretient leur crainte , parce que c'est le moyen de leur ôter la paix du cœur ; elles ne peuvent faire aucun bien , tant leur esprit se fatigue et leur conscience se trouble. Elles veulent savoir ce que personne ne peut savoir; car, dans cette vie, personne ne peut savoir, avec certilude, avec évidence, s'il est exempt de péché mortel, et s'il est en grâce avec Dieu. Mais il suffit, pour notre repos, que notre conscience ne consente jamais au péché mortel ; ceux qui sont agités d'une crainte déréglée et qui sont tourmentés par des scrupules , s'impatientent contre Dieu , comme ceux qui manquent de résignation dans l'adversité; semblables aux chevaux qui ne sont pas encore habitués à la bride et qui s'emportent, se cabrent et se blessent dans leurs efforts, plus ils résistent à leurs afflictions, plus elles leur deviennent pénibles. Leur unique remède serait de s'abandonner à la volonté de Dieu , qui a toujours les yeux de sa miséricorde fixés sur nos épreuves et notre patience , afin de nous préserver de tout mal.
Ces personnes affligées veulent aussi répondre à toutes leurs pensées mauvaises et les discuter avec le démon. Elles se fatiguent à cela l'esprit de telle manière qu'elles rendent le remède impossible, il vaudrait bien mieux se détourner sur-le-champ de ses
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pensées, et s'appliquer l'esprit à d'autres choses, en disant au démon : Garde tes suggestions, je n'ai point à m'en occuper. Moins on fait attention aux scrupules, et plus vite ils disparaissent.
Le démon emploie encore une autre ruse. C'est dans les temps les plus saints et les fêtes les plus solennelles qu'il tourmente davantage les personnes scrupuleuses. Elles ne peuvent dire un seul Ave Maria; et alors, vaincues par le découragement et par l'ennui, elles abandonnent tous leurs exercices spirituels , la prière, les sacrements, les visites à l'église, en disant : A quoi me sert une prière troublée par tant de mauvaises ])ensées ? Elles ne s'aperçoivent pas que le démon triomphe au grand détriment de leur âme ; car une prière troublée et pénible est plus agréable à Dieu qu'une prière douce et tranquille. Cette souffrance, cette douleur d'une âme qui prie sans pouvoir rien dire, qui gémit, qui combat et se lamente , est victorieuse auprès de Dieu et en obtient des grâces en abondance, ainsi que le dit saint Grégoire ; « Souvent l'esprit de l'homme est tellement « troublé, qu'il n'est plus maître de lui-même ; mais « il peut utiliser cet état de peine et d'angoisses. 11 « doit exposer avec amour son affliction à Dieu : la « vue de sa douleur touchera le regard de Dieu , qui « se laissera gagner plus vite par cela que par tout {( autre exercice , et qui lui accordera plus prompte- « ment son secours (1). »
(1) Saepe namque mens humana adeo perturbatur, at seipsam eriiere nesciat ; sed in prœsenti dolore et angustia constituta , ipsa pro eadeni ,
DU BIENHEUREUX SUSO. ZjOl
Ainsi, pour ne pas perdre un si grand moyen de mériter, et pour ne pas réjouir le démon, il faut toujours, quoi qu'il arrive, continuer, au moment des fêtes , ses exercices de piété , et ne jamais les abandonner.
Combien on peut , au milieu des dégoûts intérieurs , acquérir de mérite.
On me demandera peut-être comment Dieu permet que les personnes qui se consacrent à lui soient sujettes à tant d'épreuves intérieures, et surtout à des tentations de désespoir si terribles, que les souffrances les plus cruelles du corps ne sont rien en comparaison. Il y en a quelques-uns qui, dans leur ignorance des secrets de la divine Sagesse , prétendent que le désespoir ne peut avoir d'autre cause que nos péchés ; mais cette erreur est facilement réfutée par l'expérience de ces personnes d'une grande sainteté et d'une grande innocence de vie qui éprouvent aussi, pendant des années entières, les mêmes tentations; ces tentations ne tourmentent pas les mondains et les coupables, mais bien plutôt ceux qui craignent la Majesté divine.
Pour ceux qui sont éclairés par la grâce et qui sont soumis à cette épreuve à cause de leurs fautes, ils doivent bénir et remercier Dieu , qui ne permet pas que les pécheurs vivent comme ils le désirent, mais qui , par bonté, commence à les purifier et à les punir.
ante Dei oculos adversitas devotissime interpellât: ipsaque passionis amaritudo in oculis illiusresplendens, citiusenm illi, quam alia exercitia inclinât, et velocius adesse onmpellit.
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Pourquoi Dieu , dans sa sagesse , emploie- 1- il de préférence cette épreuve pour châtier et humilier les pécheurs, c'est un secret qu'il garde pour lui. Celui qui connaît les cœurs, les inclinations et les hahitudes de chacun , pourvoit à nos besoins de mille manières, et cela, sans se tromper et selon son hon plaisir.
11 est certain que les fruits de cette tentation sont très- abondants ; et d'abord les honmies qui, par nature , sont orgueilleux , ne peuvent pas mieux et plus secrètement acquérir l'humilité, la vraie mère de toutes les vertus; les dégoùls, les troubles intérieurs leur en fournissent les moyens; car lorsqu'on se voit rempli de tant de pensées mauvaises et basses, on est bien forcé de se connaître et de s'abaisser au -dessous des autres ; rien ne peut être plus utile , parce qu'il est impossible que Dieu permette la ruine et la perte d'une âme humble. Aussi celui qui vit intérieurement attaché à cette croix , doit la chérir et rester aux pieds de Notre Seigneur, en remerciant sa Bonté infinie, qui , par ces angoisses et cette tentation de désespoir, le retire de l'enfer, le délivre d'une multitude de péchés, l'affranchit de l'amour des vanités du siècle, et lui prépare des trésors de mérite dans le ciel. Plus ces personnes sont péniblement éprouvées de Dieu, plus elles s'appliquent et s'attachent à la vertu. Pour éviter le danger qu'elles redoutent, aucun moyenne leur semble impossible, quand elles espèrent se délivrer de cette tentation. Aussi Dieu la permet, afin qu'elles s'exercent continuellement à des œuvres saintes , et qu'elles finissent par être remplies de grâce et de vertu.
Il faut donc admirer les desseins de la divine Sagesse, qui dispose tout dans nos âmes avec force et douceur. Ce qui nous semble devoir être notre malheur et notre damnation , se change, sous sa direction paternelle et puissante , en moyen de sainteté , de mérite , de salut et de gloire abondante.
J'ajouterai , pour terminer ce sujet , que cette tentation de désespoir, de blasphème et de hontes intérieures, place, à un certain degré , les personnes qui y résistent au nombre et dans les prérogatives des martyrs ; car les serviteurs de Dieu aimeraient mieux donner d'un seul coup leur tête, leur sang, leur vie pour Jésus- Christ, que de souffrir intérieurement ces tentations si pénibles pendant des mois et des années. Concluons donc que les personnes affligées de scrupules sont les plus favorisées de l'amour divin et les plus sûres d'arriver au ciel , parce qu'en supportant leur peine avec patience et humilité, en mourant ainsi sans cesse , elles vivent dans un purgatoire continuel, et quittent la terre pour s'envoler au ciel, purifiées, exemptes de fautes à expier. C'est ce qui arriva à une âme sainte qui avait été cruellement éprouvée par les tentations dont nous venons de parler. Dieu la glorifia au moment de la mort, et la conduisit au ciel sans la faire passer par les flammes du Purgatoire, et je puis rendre témoignage de son salut à la louange et à l'honneur de Jésus-Christ, qui est béni dans tous les siècles.
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