‹ Œuvres de B, Henri SusoChapitre 4 sur 67 · APPROBATION · texte numérisé non relu

APPROBATION

donné tant de preuves depuis de longues années , n'était capable d'entreprendre une œuvre aussi considérable et cpii exige dans son auteur tant de mérites divers.

J'ose vous prédire un succès consolant de vos travaux. Les vies de nos saints et leurs ouvrages n'ont jamais paru dans la langue française sous une forme qui en fît sentir la beauté , si ce n'est dans ces derniers temps , par quelques rares essais , dont vous serez , je n'en doute pas , l'heureux continuateur. Vous achèverez l'édifice que des mains amies ont déjà commencé, et vous aurez ainsi l'honneur d'apporter une pierre au rétablissement d'un Ordre qui penchait vers sa ruine , mais que Dieu , dans sa miséricorde , semble appeler de toutes parts k de nouvelles destinées.

Je vous donne donc , Monsieur, autant qu'il dépend de moi , comme provincial de l'Ordre pour la France et la Belgique, une entière approbation, et je prie Dieu, de qui tout succès dépend , d'ajouter à vos tjilents et à vos vertus de chrétien , les années dont vous avez besoin pour accomplir votre pieuse pensée.

Fr.-Henri-Dominique LACORDAIRE ,

Prov. dos Frères-Prêcheurs.

Paris, ce 20 noYembre 1851.

Inslaurare omnia in Christo.

Pourquoi cette publication au milieu des préoccupations qui nous assiègent? Est-ce l'heure des pieux récils et des méditations saintes, et ne fallaitil pas attendre le retour des esprits à la paix, pour commencer cette Bibliothèque Dominicaine?

Nous n'ignorons pas ce qui se passe , et rien de ce qui intéresse notre pays ne nous est indifférent; nous aimons d'un môme cœur Dieu, l'Église et la France , et toute notre ambition est de les servir dans un même dévouement. Oui, nous vivons au jour le jour, entre la destruction du Passé et les obscurités de l'Avenir. Les partis campent sur des ruines et les augmentent en se les disputant. Les révolutions qui

se succèdent n'ont jamais changé si brusquement les rôles, et les plus habiles tremblent dans l'attente du lendemain.

Mais qu'importe cette tempête sociale? Le temps conduit à l'éternité; la vie véritable est au delà de la mort. Ce qui s'agite autour de nous , c'est le combat du bien et du mal , auquel nous devons tous prendre part. Que peut redouter celui qui sert Dieu? Le soldat qui a foi dans sa cause , ne voit que le triomphe au milieu de la mêlée ; laissons la Providence diriger les événements; seule elle connaît le plan de la bataille : le tumulte extérieur des choses n'est rien; que chacun combatte à son poste , et qu'il sotche que le vice , c'est la défaite , et la vertu, la victoire.

Tous les actes par lesquels nous pouvons influencer le sort de notre pays , procèdent de deux causes contraires, l'Égoïsme et la Charité. De ces deux sources coulent pour les nations , la paix ou la guerre, la prospérité ou la mort. Sans la Charité, point d'unité , point d'ordre , point de devoirs : l'homme devient son centre ; le plaisir et l'orgueil , ses seules inspirations : tout ce qui gêne sa liberté d'action est une oppression dont il veut s'affranchir. Si l'égoïste invoque la fraternité , c'est pour s'en faire une arme contre ce que la naissance et le mérite placent au-dessus de lui ; il envie le bien qu'il n'a pas , attaque les lois pour les refaire à son profit , et

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la société n'est plus qu'un champ clos où la force brutale décide les rangs.

Pour celui; au contraire, qui s'agenouille avec amour devant notre Père qui est aux cieux, la société devient une famille dont le dévouement est la loi et le bonheur. Le prochain étant le vrai moyen de servir Dieu et de lui plaire, tout se divinise à ses yeux ; c'est un besoin de descendre au plus petit pour partager ses souffrances. L'ambition sainte d'être utile aux autres adoucit, harmonise tous les rapports; l'esprit de sacrifice s'infiltre partout, comme une sève puissante qui fait naître de grandes choses. Depuis l'origine , les hommes de la Charité et les hommes de l'Égoïsme se disputent le monde. L'Egoïsme l'emporte souvent, parce qu'il a des auxiliaires dans notre nature tombée ; mais lorsque la société s'affaisse dans la corruption des sens et de Terreur, Dieu la sauve par la puissance de son amour. Jésus-Christ , son Fils unique , auquel il a donné les nations en héritage , ne peut plus remonter sur la croix du Calvaire; mais il étend vers nous ses mains sacrées , et de ses plaies glorieuses s'épanche sur la terre ce sang qui fait germer les saints. Alors la Charité a des chefs , et l'Église , qui semblait stérile, se réjouit bientôt dans la multitude de ses enfants. Quel événement que l'apparition d'un saint dans le monde ! quelle fécondité de paroles et d'exemples ! quelle perpétuité de vertus ! quelle

postérité d'enseignements! A quel temps et à quels lieux ne s'étendent pas ses pacifiques conquêtes? Aucune gloire humaine n'a d'aussi vastes horizons. Les batailles se taisent et la gloire s'efface; mais quand un homme a vécu de la vie de Jésus-Christ parmi ses frères , son action se prolonge au delà do sa mort, et il sort de sa mémoire une puissance qui triomphe du mal.

Ce ne sont pas des capitaines et des savants qu'il nous faut , ce sont des saints , et Dieu nous les donnera, parce qu'il ne nous refuse pas ce qui nous est nécessaire. La France, qui exerça sur l'Europe , au siècle dernier, une si funeste influence, semble avoir maintenant une mission toute contraire à remplir ; jamais la Providence n'a fait si visiblement notre histoire; jamais les événements n'ont été si imprévus, et si le mal est déchaîné pour punir, Dieu se plaît à arrêter à chaque instant ses fureurs menaçantes. C'est une succession de calmes et de tempêtes , d'espérances et de terreurs, qui démontre d'une manière admirable sa nécessité sociale ; et au milieu des appréhensions redoutables de l'avenir, l'œil attentif peut distinguer les premières lueurs de ce jour que le comte de Maistre prophétisait au début de nos révolutions. La France aura le principal rôle dans cette régénération des sociétés modernes; elle sera, comme dans ses anciens temps, la fille aînée de r.Éghse et le soutien de la Papauté, ce palladium de

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la civilisation. Elle précédera les peuples dans la vérité, comme elle les a précédés dans l'erreur, et nulle nation ne la surpassera en dévouement.

Déjà, pour qui écoute ses pensées et consulte les battements de son cœur, la France est chrétienne et par conséquent sauvée. Si TEgoïsme fait des discours et des livres, la Charité fait des œuvres, et le peuple finit toujours par comprendre la logique de l'expérience. Jamais la Charité n\a été plus active en France; jamais elle n'a envoyé tant d'apôtres à tous les rivages ; jamais elle n'a prodigué tant de trésors et de consolations. La Pauvreté volontaire renaît pour se consacrer à tous les malheurs , et l'Évangile renouvelle parmi nous ses anciennes merveilles. Oui, la France est dans l'enfantement; la rosée du ciel l'a rendue féconde, et les nuées d'en haut lui donneront des saints.

Nous saluons cet avenir avec amour, et quelque soit le temps qui nous en sépare, nous voulons y travailler dans la mesure de nos forces. C'est dans ce but que nous entreprenons cette publication. Faire connaître les saints , c'est leur préparer des imitateurs. Nous remuerons la terre où le Père de famille jettera le bon grain et mûrira la moisson. L'Ordre de Saint-Dominique est le champ que nous avons choisi , parce que la résurrection des Frères- Prêcheurs en France nous semble un des grands miracles de la miséricorde de Dieu à noire époque.

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Cet Ordre, qui a nos plus intimes sympathies, est d'ailleurs un de ceux c[ui ont été le plus calomniés par l'histoire; nous tacherons d'en faire connaître le véritable esprit, par la vie et les œuvres des saints et des grands hommes qu'il a donnés à l'Eglise, aux arts et aux sciences. La tâche est immense , et nous ne pouvons y consacrer que les rares loisirs d'une vie laborieuse; mais Dieu, nous l'espérons, nous donnera des compagnons et des successeurs.

Le premier volume que nous offrons au public renferme les Œuvres du bienheureux Henri Suso, qui vécut au xiv^ siècle. Ce siècle a beaucoup de rapport avec le nôtre, par ses tendances et ses agitations. Les empereurs d'Allemagne, continuellement en guerre avec l'Eglise , voulaient faire revivre les temps païens à leur profit. Frédéric II avait rapporté d'Orient, où il avait trahi la cause des Croisés, le luxe du Has- Empire et les mœurs des mahométans. Il avait renouvelé l'orgueil, les débauches et la tyrannie des plus mauvais empereurs romains. Ses querelles avec le Saint-Siège et les excommunications qu'il avait méritées, avaient affaibli chez les peuples le respect de l'autorité. L'esprit d'indépendance et de révolte s'était communic[ué du plus grand au pluspetit; la soifde l'or et des jouissances matérielles troublait toutes les âmes , et l'égoïsme formulait hautement ses doctrines anarchiques.

C'est surtout à ces époques bouleversées que Dieu

donne à l'Église le secours de ses saints. Le spectacle de l'erreur sépare de la foule ceux qui restent fidèles à la vérité. Ils se réfugient dans la vie religieuse comme dans leur unique asile. Ils ensevelissent leurs âmes dans le calme de la prière et l'obscurité des cloitres; mais lorsque Dieu les a purifiés par son amour, il les renvoie, intrépides comme des lions, à ce monde qu'ils avaient fui comme de timides colombes ; leur action puissante arrête le mal et sauve la société en la ramenant à l'Evangile.

Le bienheureux Suso exerça une grande influence sur son siècle , quoique sa vie n'ait pas été mêlée aux événements publics, comme celle de sainte Catherine de Sienne. La postérité ne connaît guère de lui que ses œuvres. Sa famille était une des plus nobles de l'Allemagne. Il s'appelait Henri de Berg, mais il préféra le nom de Suso , qui était celui de sa mère, pour honorer sa piété et se la rappeler sans cesse. Les historiens fixent sa naissance en 1300 , et sa mort au 25 janvier 1306. Sa fête se célèbre le 2 mars dans l'ordre de Saint-Dominique, avec l'approbation de Grégoire XVI, donnée le 16 avril 1831 (1).

En 1613, des ouvriers qui travaillaient daiis l'an-

(1) Sa vie se trouve écrite au 25 janvier de ((l'Année Dominicaine, « ou les vies des saints , des bienheureux , des martyrs et des autres 'j personnes illustres ou recommandaLIes par leur piété, de l'un ou de « l'autr-e sexe , de TOrdre des Frères-Prèclieurs , par le R. P. Jean-Baptiste « Feuillet.» Amiens, 1678.

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cien cloître des Dominicains, à Ulm, découvrirent son corps parfaitement conservé et répandant une suave odeur. Les magistrats protestants de la ville firent refermer la tombe , et la trace en fut perdue ; car les fouilles qu'on fit pour la retrouver, pendant Foccupation des Français, n'amenèrent, à ce qu'il paraît, aucun résultat (1).

Les OEuvres du bienheureux Suso comprennent sa Vie, le Livre de la Sagesse éternelle, le Traité de Vanion de Vâme avec Dieu , le Colloque des neuf rochers j quelques Discours et quelques Lettres spirituelles.

Sa Vie est, la préface de ses œuvres et comme la mise en scène de sa doctrine. Cette révélation des secrets de son àme n'était pas destinée au public ; il l'avait faite à une religieuse qu'il dirigeait, afin de la soutenir dans ses espérances. Celte sainte amie se nommait Elisabeth Staeglin et portait l'habit de Saint-Dominique, dans le couvent de Thoesz, près de \\lnterthûr. Elle mit par écrit les pieuses confidences de notre bienheureux, et renferma son manuscrit , comme un trésor , dans un petit coffre qu'elle ne laissait ouvrir à personne. Mais un jour, une de ses compagnes lui dit : « Ma sœur, quel secret céleste « avez-vous dans ce petit coffre? Cette nuit, j'y ai vu « un enfant divin qui chantait , en s' accompagnant

(1) Extrait de la Vie des âmes saintes, de Tersteegen. Bàle, 1811, premier cahier, p. 106.

« sur un insirument délicieux; il en tirait une mé- « lodie si douce et si tendre, qu'il était impossible à « Fâme de ne pas tomber dans les joies de l'extase. c( Montrez-nous ce que vous tenez caché , afin que « nous en jouissions aussi, y) Cette vision , qui rendait si bien la vie de Suso , autorisa quelques indiscrétions. Notre bienheureux Fapprit ; son humilité alarmée exigea la remise du manuscrit, qu'il voulut détruire ; mais Dieu l'en empêcha , la sainteté de son serviteur lui appartenant et la gloire devant lui en revenir. Suso fut obligé de se soumettre. Il cacha seulement son nom sous le titre de disciple de la Sagesse éternelle, et le manuscrit ne devint public qu'après sa mort.

Rien n'est plus poétique que le récit de cette vie sainte ; c'est l'épopée d'une kme qui veut s'unir à son Dieu à travers les tentations du monde et les combats de la chair. Son enfance spirituelle se passe dans la douceur. Ce sont des chants joyeux, des dévotions naïves, des visions, des extases déhcieuses; puis , lorsque son cœur est plein d'amour , viennent les pénitences , les épreuves de la vie purgative , et ces enseignements lumineux qui dissipent les ténèbres de notre intelligence et nous transforment en Dieu.

Il y a là, nous l'avouons , des pages capables de révolter notre délicatesse. Les austérités de Suso sont plus admirables cju'imitables, disent lesBollandistes,

et notre Bienheureux ne les conseilla jamais luimême. Gardons-nous cependant de faire trop de concessions à ces personnes du monde qui usent si facilement leurs jours dans les plaisirs coupables, et qui condamnent comme une folie et un suicide les mortifications de la vie religieuse. La volupté est mille fois plus meurtrière que la pénitence , et la santé du corps se trouve même dans la victoire qu'on remporte sur les sens. La souffrance volontaire est juste comme expiation de nos fautes ; elle est logique comme hygiène de notre âme ; mais par-dessus tout elle est naturelle , comme expression de l'amour.

Qui aime véritablement le comprendra. Qu'est-ce qu'un sacrifice pour un ami? Qu'est-ce qu'une veille , une fatigue , une douleur pour une mère ? Prouver qu'on aime est un besoin : et qui prouve mieux , du plaisir ou de la souffrance? Mais quand celui qu'on aime souffre , et souffre pour nous prouver son amour, peut-on ne pas vouloir partager ses souffrances? C'est pour cela que les martyrs et les saints offrent à Dieu leur sang. Ils se passionnent pour la Croix parce qu'ils y voient Tamour de Jésus-Christ, dont les supphces et la mort ont été volontaires; ils veulent l'imiter, et comme leur bien -aimé Sauveur désire encore souffrir pour les hommes et qu'il ne le peut plus dans la gloire, ils lui prêtent leurs corps afin qu'il continue sa Passion sur terre et qu'il apaise par des douleurs nouvelles la justice rigoureuse de

son Père. Ah ! bénissons ce sang que les saints donnent à Dieu , ce sang qui nous sauve . ce sang qui rachète le sang versé par F orgueil ou perdu par la volupté. Si nous assistions aux conseils de la Providence , nous saurions combien une goutte de ce sang divinisé pèse dans la destinée des empires.

Henri Suso a beaucoup aimé la souffrance , parce qu'il avait, comme il le dit lui-même , un cœur riche d'amour. Cet amour était tout à Dieu , mais il retrouvait tout en lui , et son âme s'épanchait dans les créatures , pour les aider à bénir leur Créateur. Il avait des sourires pour toutes les joies, des larmes pour toutes les souffrances; la louange ou l'injure , le bonheur ou l'adversité le trouvaient doux et humble comme son divin Maître. Jamais vie ne fut plus aimante et plus aimable.

Le principal ouvrage du bienheureux Suso est le Livre de la Sagesse éternelle. Il était répandu au moyen âge comme le livre de V Imitation l'est de nos jours. Son auteur l'avait appelé l'Horloge de la Sagesse éternelle, Horologium Sapiendœ œternœ, parce qu'il en comparait les développements à des rouages dont la marche devait régler les âmes dans leurs progrès vers Dieu. C'est en effet un ensemble d'enseignements admirables sur les différentes phases de la vie spirituelle, depuis l'étude pratique de l'humanilé de Notre-Seigneur jusqu'au renoncement et à la perte de l'âme dans sa divinité. Il y a surtout des

passages sublimes sur les causes de la Passion de Jésus -Chrisl , el sur la uécessilé et le bonheur de la partager.

Le Traité de l'union de l'âme avec Dieu est moins étendu que le Livre de la Sagesse élernelle , mais il est aussi remarquable par son onction et par la clarlé avec laquelle sont exposées les vérités les plus élevées et les plus substantielles de la religion.

Le Colloque des neuf rochers i}\[i\\L\\\v , sons une iurme allégorique , les rapports des créatures raisonnables avec la source unicjue de l'être et de la vie. Le tableau des vices du monde est d'une grande énergie. Nous n'avons pas cru devoir retrancher les reproches faits au clergé d'alors , parce que ces reproches, cpii ne sont pas apphcables au clergé de noire époque, montrent que l'Eglise n'a jamais accepté le relâchement de ses ministres, et qu'il vaut mieux pour elle les injustices de la liberté que les séductions de la richesse et de la puissance.

Quelques discours et quelques lettres de Suso complètent ses œuvres et font connaître et admirer davantage la beauté de son âme.

Quoique nous ayons apporté tout le soin possible à cette traduction , nous sommes loin de croin^ qu'elle ne laisse rien à désirer, surtout sous le rapport de l'érudition. Notre but étant de faire une œuvre pieuse plutôt que savante , nous avons simplement suivi le texte italien publié par le Père De Nente

en 1663 (1), sur celui de Surius, et nous en avons adopté la disposition et les changenienls justifiés par la différence d'époque et de nation. Nous trouvons que l'ouvrage y gagne , et il a de plus le précieux avantage d'avoir été imprimé à Rome , avec l'approbation du maître du sacré Palais.

Les œuvres du bienheureux Suso ont été composées en allemand ; quelques-unes cependant ont été aussi écrites en latin par l'auteur, comme on en a la preuve dans le prologue de son principal ouvrage , VHorologium Sapienliœ œlernœ. Ces œuvres se répandirent rapidement dans l'Europe, et des traductions en furent faites dans toutes les langues. La Bibliothèque nationale possède une traduction en vers français du Livre de la Sagesse éternelle, faite, en 1 389 , par un religieux de Saint-François. Les éditions les plus estimées sont celles d'Augsbourg, par Antoine Sorgen , en 1482, et par Jean Othmar, en 1512. Nous possédons une édition gothique de l'/Zorologium , imprimée à Cologne parsles Frères Prêcheurs eux-mêmes, et datée du 7 septembre 1509. Pour toutes les indications bibliographiques des œuvres de Suso , nous renvoyons à la notice étendue des Pères Quétif et Echard (1), et à la préface de la dernière édition allemande , puljliée en 1829 et en-

(1) Vita et opéra spiritiiali del beato Enrico Susone, religioso estatico deir ordiiie di S. Domenico. 1 vol. in-4", Rome, 16GB. (1) Scriptores ordinis Prœdicatoriim , 1 vol., p. 656.

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richie d'une remarquable introduction sur la Mystique , par le célèbre J. Gœrres (1).

Nous offrons avec bonheur notre travail à nos frères. Puisse-t-il leur être doux elprofilable, comme il Fa été à nous-mème. Il y a, nous l'espérons, dans ce volume , des pages dont Dieu se servira pour consoler et réjouir bien des âmes. Nous saluons ces âmes dans la charité de Notre-Seigneur , et nous recommandons â leurs prières les développements de l'Ordre des Frères-Prêcheurs en France.

(1) Suso's Lcben und Schriften,lierausgegeben von iVl. Diepenbrock Regensburg, 1829.

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