AVERTISSEMENT
Cette deuxième série des œuvres de Bacon renferme le Nouvel Organum , les Essais de morale , le Traité de la sagesse des anciens, et le morceau intitulé Des principes et des origines.
Les neuf livres sur la Dignité et ToA^croissement des sciences , qui forment la première série , sont , avec le Nouvel Organum , les deux seules parties de la Gfrande Restauration des sciences que Bacon ait publiées ; encore le Nouvel Or^ranum est-il resté inachevé. Tout en travaillant à ces deux ouvrages , qui sont à eux seuls le plus solide fondement de sa gloire , Tillustre chancelier jetait de temps à autre sur le papier quelques ébauches des autres parties de sa Grande Restauration des sciences. C*était le genre de délassement qu*affectionnait de préfé* rence son inépuisable activité. Mais malheureusement, dans Tétat où elles nous sont parvenues, ces ébauches risquées, premiers langes d^une pensée à, peine éclose, ne sont que de très-incomplets et de très-imparfaits fragments. Aussi a-t-il été fort difficile pour les éditeurs de Bacon de rétrouver pour ces divers fragments Tordre qui leur était réservé dans le plan de l'auteur. Malgré (le très-inijénicux efforts, la tâche ingrate qu'ils avaient
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entreprise n'a pas obtenu le succès complet dont elle n'était pas susceptible. Mais s'il est à jamais regrettable que Bacon n'ait pu accçinpjif j^^u'w ^^i Ja vaste entreprise qu'il avait inaugurée par deux chefs-d'œuvre , il a suffisamment esquissé lui-même , dans la préface de sa Grande Resiatiralion des sciences, le plan qu'il s'était proposé, pour qu'on puisse en avoir au moins une idée générale et en apprécier la portée. Tout n'a donc pas été perdu pour la postérité. Le temps a empêché le grand artiste de terminer l'édifice qu'il voulait élever aux sciences ; ii n'en a guère adievé que le portique et le vestibule, mais il en a laissé le plan et le dessin. Nous oserons ajouter, si on nous permet de dire filtre pensée tout entière , que le mopcœau intitulé Disiribuéior^ de l'ouvrage (}) , et queU ques passages du Nouvel Opgoaium , en apprenni>nt plus sur l'ensemble de la Grande ResiauFaiùm des sciences que las défeetueuses ébauches dont nous parlions tout à r heure. Il appartiendrait à une édition des ODuvres complètes de Bacon d'honorer sa mémmre par la colleotion des plus minces fragments sortis de sa plume. C est là une ^orte de pieux hommage qu'a noblement mérité le philosophe qui demandait à l'avenir la réparation des injustes sévérités de ses contemporains. Mais ce ne pouvait être ici notre but. A côté des ouvrages qui ont eu et de ceux qui devaient avoir une place dans la Orçinde Resta/^vmlion^ et à diverses époques, Bacon publia quelques opuscules, tels que le Cogùaia et visa , le Redmgutio philosopkiarum , qui sont des espèces de mémoires tantôt sur un point important de philosophie , tantôt sur un autre. Mais plus tard l'auteur
(1) Voyez la première série.
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du Nouvel Organum introduisit dans le cadre de cet ou-vrage et du tfaité sur la Dignité et raccfoissement des sciences , toutes les id^es qu'il avait d*abord déposées dai^ ces éerits détachés, et qui étaient comme les membres épafs d une grande et unique pensée. Ils contiennent tous, les uns à Tétat de germe , les autres à un certain degré de développerait , quelque chose de cette pensée ; mais il est feuille de reconnaître que , sous une forme ou sous une autre, leur substance presque totale a passé dans le^ deux ouvrages principaux ; et que c est là seulement qu'il &ut chercher la pensée qu*iU expriment. S'il est curieux et intéressant pour qui veut étudier et connaître à fond un des plus rares génies qui aient glorifié les temps modernes, de suivre les mouvements successifs, nous dirions presque les oscillations de cette haute intelligence, à travers toutes les formes dont elle revêtit ses conceptions, on comprendra aussi que, dans une édition qui aspire à être utile plutôt que complète, nous ayons préféré à ces écrits, devenus si secondaires, les ouvrages achevés qui, par leur diversité même, reproduisent seuls les principales idées de Tauteur. C'est par ce motif qu'à la suite du traité de la Dignité et de r accroissement des sciences, et du Nouvel Organum , nous publions les Essais de morale, qui ont été le premier ouvrage de Bacon traduit en français , et qui , par le tour piquant de la pensée , l'expérience profonde des hommes et des choses qu'ils révèlent , par la manière simple et originale, modérée et hardie, dont les sujets les plus divers, les plus vulgaires et les plus relevés, y sont traités , méritaient assurément cet honneur. Ils sont surtout remarquables en ce que le c^té éminemment pra-