‹ Œuvres de BaconChapitre 150 sur 170 · XIV. — U amant de Junon, ou la bassesse d'âme · texte numérisé non relu

XIV. — U amant de Junon, ou la bassesse d'âme

Les poètes ont feint que Jupiler^, peur jooir i^ns lisiblement de «es amours, prit une infinké de formes différeates, cûn^nie celles de taureau , d'aigle, de cygne , de pk»ie d'or; mais que, pour sol-* liciter Junon, il prit une forme trè3-*igooble et très^ridicule , satvoir, oelle d'un ooueou laooillé par une pluie d'orage, tout trem-* blant et tout morfondu.

Cette fable, très-^'ingénieuse., pénètre dans les replis les plus profonds du cceur humain; en voici le sens : Que les hommes ne se flattent pas au peint d'imaginer qu'après s'être distingués par mille preuves de talents et de vertus i4s seront assurés de restkne générale et gagneront tous les cœurs, c'est tm double avants^ qu'ils n'obtiendront qu'à raison du tour d'esprit et du oaraotère des personnes doiH ils rechercheront l'estime et Taffociion. S'ils isnt affaire à des personnes dépourvues de toutes qualités estimables at qui n'aient que de Torgueil jointà beaucoup de malignité {geni^ de caractère figuré dans cette fable sous le caractère de Junon), qu'Us •se persuadent bien qu'ils doivent cqmmencer par se dépouiller de lout ce qui pet^ leur faire honneur et leur donner du relief; au->irement ils échoueront. Et ce n'est pas assez d'une complaisance outrée; en pareil cas, c'est de la bassesse et de l'at^ectio^ qu'il faut^

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