‹ Œuvres de BaconChapitre 160 sur 170 · XXII. — ATALANTE · texte numérisé non relu

XXII. — ATALANTE

truit qu'en le» usant pour ainsi dire à force de temps. Mais celte marche si prompte qui peut donner à l'art tant d'avantages sur la nature , trop souvent des pommes d'or la retardent au grand préjudice des intérêts de l'humanité; car jusqu'ici on n'a vu ni science ni art qui ait poursuivi constamment sa course et en allant tou-* jours droit au but (qui est comme la borne plantée au bout de la lice). Mais les arts quittent continuellement le stade et se jettent à droite ou à gauche , pour courir au gain ou à de frivoles avan^ tages, comme Atalante,

a Qui, s'écartant de la lice, court après cet or qu'elle voit rouler à côté d'elle, et se baisse pour le ramasser. » ,

Qu'on cesse donc de s'étonner en voyant que l'art n'a pu jusqu'ici vaincre la nature, et, suivant les conditions du combat, la tuer en quelque manière et la détruire ; mais qu'au contraire l'art tombe au pouvoir de la nature» et qu'il est forcé de lui obéir comme une femnie mariée Test d'obéir à son époux.

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