‹ Œuvres de BaconChapitre 30 sur 170 · II · texte numérisé non relu

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pbe parmi ces Grées mêmes, auquel nous pourrioos attribuer dos Qpinioos , du moins quant à certaines parties , et tirer quelque gloire de cette association avec eux ; à peu. près comme ces hommes nouveaux qui se forgent une noblesse en se faisant descendre de je ne sais quelles familles ancienne et illustres, à la faveur.de généalogies qu'ils. savent fabriquer pour. leur compte. Pour nous, qui, nous appuyant sur la seule évidence des choses, rejetons toute fiction et tout artifice de cette nature , nous pensons qu*il n'importe pas plus au succès réel de notre entreprise de savoir si ce qu'on pourra découvrir par la suite était connu des anciens, et si, en vertu de la vicissitude naturelle des choses. et des révolutions du temps, les sciences sont actuellement à leur lever ou à leur coucher, qu'il n'importe aux hommes de savoir si. le Nouveau- Monde ne serait pas cette Atlantide dont parlent les anciens , ou s'il vient d'être découvert pour la première fois; car, lorsqu'on veut faire des découvertes, c'est dans la lumière de la nature qu'il faut. les chercher, et non, dans les ténèbres de l'antiquité.

Quant à l'étendue de cette critique qui embrasse toutes les philosophies à la fois; pour peu qu'on s'en fasse une juste. idée, l'on sentira aisément qu'elle est mieux fondée et plus modérée que si elle n'attaquait qu'une partie de ces âystèroes t car si les erreurs n'eussent pas été enracinées dans les notions, mêmes, la partie La plus saine des inventions en ce genre eût nécessairement un, peu rectifié la plus mauvaise; mais ces erreurs étant fondamentales et de telle nature que , les fautes à imputer aux hommes , ce sont beaucoup moins les faux jugements et les méprises que les négligences et la totale omission des opérations nécessaires, on ne doiH . plus s'étonner qu'ils n'aient pu atteindre à un but auquel ils ne tendaient pas, exécuter ce qu'ils n'avaient pas même tenté, fournir une carrière où ils n'étaient point entrés.

Ce que notre entreprise peut avoir de nouveau et d'extraordinaire ne doit pas non plus étonner. Si. un homme, se reposant sur la justesse de son coup d'œil et la sûreté de sa main, se vantait de pouvoir, sans le secours d'aucun instrument, tracer une ligne plus droite et décrire un cercle plus exact que tout autre ne le pourrait de la même manière, on pourrait dire que son intention serait de faire comparaison de son adressR avec celle d'autrui ; mais s'il ^e vantait seulement de, pouvoir, à l'aide d'une règle et d'un compas, tracer celle ligne et ce cercle avec plus d'exactitude que tout autre ne le pourrait avec l'œil et la main seuls, alors il se vanterait bien peu. .Or, les observations que nous ajoutons ici ne regardent pas seulement les premières tentatives , les premiers pas que nous fai-

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