‹ Œuvres de BaconChapitre 42 sur 170 · II · texte numérisé non relu

II

M NOUVEL OftGANUM.

ëe lueur oonnue bous le nom de feu follet, et qui donne quelquefois contre un mur, n*a qu'un trèe-faible degré de chaleur, peut-être on degré de chaleur égal à celui de la flamme de Tesprit-de-Tiny qui est douce et tranquille. Une espèce de flamme encore plus douce, c'est celle qui, au rapport de certains historiens graves et dignes de foi, a paru quelquefois autour de la tète et de la chevelure de jeunes garçons ou de jeunes filles; flamme qui ne brûlait nullement cette chevelure, et qui ne faisait que voltiger tout autour en tremblotant mollement et comme en la léchant. Mais un fait bien constaté, c'est celui d'un cheval faisant route de nuit, par un temps ehaud et sec, et suant beaucoup, autour duquel parut une certaine lumière, sans aucune chaleur sensible. De plus, il y a quelques années (fait très-connu et qui a presque passé pour un prodige), le fichu de certaine fille très-jeune encore, un peu secoué ou frotté, paraissait himineux; ce qui pouvait venir de Talun ou des autres sels dont le mouchoir était imprégné, qui y adhéraient superficiel-^ lement, s'y étaient comme incrustés et étaient brisés par le frottement. Un autre foit qui n'est pas douteux, c'est que toute espèce de sucre, soit candi, soit ordinaire, pourvu toutefois qu'il soit un peu dur, étant rompu dans l'obscurité ou gratté avec un couteau» jette des étincelles. De même Teau de mer, battue par les rames, et durant la nuit, parait étincelante. Disons plus : durant certaines tempêtes, et la nuit aussi, l'écume de la mer, fortement agitée, pa* raît toute lumineuse ; genre de lumière auquel les Espagnols don» Beat le nom de poumon marin. Quant à l'espèce de flamme connue des anciens navigateurs sous le nom de Castor etPoUux, et connue aussi des modernes sous celui de feu Saint^Elme, on ne s'est pas encûreassuré parl'observationdudegrédechaleur qu'elle peut avoir.

42^ (corresp* au 7^ affirm,). Tout corps fortement échauffé par le feu et poussé jusqu'au rouge ou jusqu'à l'incandescence, mais sans flamme^ est perpétuellement diaud ; et à cette affirmative ne répond aucune négative. Mais ce qui en aj^rodie beaucoup, c'est l'exemple du bois pourri qui la nuit parait lumineux, et cependant n'a au-* cune chaleur sensible au tact. U en est de même des écailles de poisson lorsqu'elles se putréfient; en les touchant, on n'y trouve aucune chaleur sensible. Il en faut dire autant des vers luisants et de l'espèce de mouche connue en Italie sous le nom de luciole.

^3^ (oorresp. au 8« affirm,). Quant aux eaux des bains chauds naturels, il faudrait savoir dans quelles sortes de lieux, dans quelles espèces de terrains elles coulent ordinairement; mais c'est ce dont on n'a pas encore assez pris soin de s'assurer. Ainsi U n'y a pas non plus ici de n^^ive.

LfVBB I»:UXIÈIIfE. 99

440 (corre^. au 9* afflrm,). Aux liquides trèA-chauds on peut accoupler, pour exemple négatif, ces liquides mêmes, lorsqu'ils sont dans leur état naturel. En effet, on ne trouve aucun liquide tangible qui soit naturellement chaud et qui demeure tel constamment. Mais la chaleur n'y est que passagère , purement accidentelle et de surérogation ; en' sorte que les substances qui n'ont qu'une cba" leur potentielle et sensible seulement par ses effets, comme l'esprit» de-vin, les huiles essentielles de plantes aromatiques, extraites par les procédés chimiques , et même l'esprit de vitriol (l'acide vitriolique), l'esprit de soufre (l'acide sulfureux), et autres substances semblables, qui brûlent lorsqu'on leur laisse le temps d'agir, paraissent froids au premier contact. Or, l'eau des bains naturels, se* parée de sa source et reçue dans un vase, se refroidit précisément comme celle qui a été échauffée par le moyen du feu. Il est vrai pourtant que les corps huileux paraissent un peu moins firoids au tact que les corps aqueux. Par exemple l'huile est moins froide que Teau, et la soie moins que le linge. Mais il faut renvoyer ces obseï^ va tiens à la table des degrés du froid.

4 5® (corresp, au 4 0« afflrm.). De même, à l'exemple affirmatif de la vapeur chaude, répond pouf négative cette vapeur même considérée dans son état naturel et telle qu'on la trouve le plus ordi*nairement. Car les vapeurs qui s'exhalent des corps huileux, quoique très-inflammables, n'ont aucune chaleur sensible 9u tact, si ce n'est au moment même où elles s'exhalent du corps chaud.

46^ (oorresp. au 40' affirm,). De même encore, à l'air chaud répond pour négative cet air même envisagé dans son état naturel. Car nous ne trouvons ici-bas d'autre air chaud que celui qui a été ou renfermé ou soumis à un frottement violent, ou manifestement échauffé par les rayons du soleil , par le feu artificiel ou par tout autre corps chaud.

47® (corresp, au 44« affirm.). Nous trouvons ici pour négative les températures accidentelles qui sont plus froides qu'elles ne de«vraient l'être, eu égard à la saison ; températures qui, près de notre globe, ont pour cause les vents d'est ou de nord» comme les températures contraires ont pour cause un vent de sud ou d'ouest. On observe de plus que ces températures si douces sont accompagnées d'une certaine disposition à la pluie, et qu'au contraire les températures froides le sont d'une disposition à la gelée.

48® (corresp. au 42* affirm,). Ici l'exemple négatif aéra l'air renfermé dans les souterrains durant l'été. Car, en premier lieu , si Ion demande quelle est, par rapport au froid et au chaud, la nature de l'air considéré en lui-même, cette question fait naître des

100 NOUVEL (MIGANUM.

doutes agsez fondés. En effet, quant à la chaleur qu'on observe dans l'air en certains temps, il la doit manifestement à l'impression des corps célestes ; et quant au froid qu'on y observe aussi, il peut avoir pour cause l'expiration de la terre. Enfin, le froid qui règne dans la partie de l'atmosphère qu'on appelle la moyenne région a pour cause les vapeurs froides et les neiges ; en sorte que l'air extérieur et atmosphérique ne peut nullement servir à porter un jugement décisif sur cette question de la nature de l'air. On en jugera mieux par des observations et des expériences sur l'air renfermé. Mais, pour ôter toute équivoque, il faut que le vaisseau où l'on renferme cet air soit de telle figure et de telle matière qu'on puisse être assuré que ce n'est pas ce vaisseau même qui, par sa force propre et particulière, communique à l'air qu'il contient un certain degré de chaleur ou de froid, qu'il ne livre pas aisément passage à l'air extérieur et n'en puisse recevoir les impressions. Ainsi servez-vous , pour cette expérience, d'un pot de terre ; bouchez-le bien exactement à l'aide d'un cuir mis en plusieurs doubles, et tenez cet air ainsi exactement renfermé pendant trois ou quatre jours ; après quoi, pour décider le point en question, ayant ouvert ce vase, portez-y tout à coup la main, ou un thermomètre avec son échelle divisée très-exactement.

\ 90 (corresp, au 1 3« affirm.) . Il est une autre question qu'on peut faire sur ce même sujet; cette tiédeur qu'on observe dans la laine, dans les peaux d'animaux, dans les plumes et autres semblables corps, vient-elle d'un faible degré de chaleur inhérent à ces substances, en tant qu'elles sont comme des excrétions d'animaux, ou aurait-elle pour cause une certaine substance grasse et huileuse qui par sa nature aurait de l'affinité avec la tiédeur? ou enfin viendrait-elle seulement de ce que l'air y est renfermé et disséminé , comme nous l'avons dit dans l'article précédent? Car il paraît que tout air dont on intercepte la communication avec l'air extérieur contracte un faible degré de chaleur. Ainsi il faut choisir pour ses observations des corps filandreux, des tissus de lin et non de laine, de plume ou de soie , toutes substances qui sont des excrétions d'animaux. Il n'est pas non plus inutile d'observer que toutes les poudres, qui contiennent très-certainement un air disséminé, sont moins froides au tact que les masses dont elles sont tirées. Nous pensons, par la même raison, que toute espèce d'écucne (en qualité de composé qui contient aussi de l'air) est moins froide que la liqueur même où elle s'est formée.

20" [corresp. au 44® affirm.). Celui-ci n'a point de négative; car nous ne connaissons aucun corps, soit tangible, 'soit aériforme, qui

ne s'échauffe quand on rapproche du feu. Il est cependant, sur ce point, quelque différence du plus au moins entre telle et telle substance ; les unes, comme Tair , l'huile et Teau , s'échauffent plus vite ; les autres plus lentement, comme les pierres et les métaux ; mais ces détails appartiennent à la table des degrés,

24** {corresp. au 45® affirm,), A cet exemple aCBrmatif on ne peut en opposer d'autre négatif qu'une observation connue, savoir : qu'on ne peut tirer des étincelles du caillou et de l'acier qu'autant que, par une forte collision. Ton détache du corps même de la pierre ou du métal des particules très-fines et très-déliées ; car il ne faut pas croire que le seul froissement de l'air soit une cause sufiSsante pour produire des étincelles, comme on se Timagine communément. On observe aussi que ces particules étincelantes, entraînées par le poids de la matière qui a pris feu, se portent plutôt vers le bas que vers le haut, et qu'en s'éteignant elles se réduisent à une certaine fuliginosité qui a du corps.

22*» (corresp. au 46® ajfirm,). Notre sentiment est qu'à cet exemple on ne peut pas non plus joindre de négative ; car nous ne voyons autour de nous aucun corps qui ne s'échauffe très-sensiblement par le frottement ; ce qui avait fait imaginer aux anciens que, si les corps célestes ont la faculté d'échauffer, ce n'est qu'en vertu du frottement violent de l'air , occasionné par la rapidité de leur révolution. Mais ce point ne peut être bien éclairci que par de nouvelles recherches dont le but serait de savoir si les corps lancés par des machines, tels que sont les balles des armes à feu, ne contractent pas, en vertu de la percussion même, un certain degré de chaleur dont on s'apercevrait en les touchant un instant après leur chute. Mais l'air en mouvement refroidit plus qu'il n'échauffe, comme on en voit des exemples dans les vents naturels, dans celui d'un soufflet , ou dans le souffle qu'on produit avec la bouche en la contractant. Mais, au fond, un mouvement de celte espèce n'est pas assez rapide pour exciter la chaleur; et d'ailleurs, dans le corps mu, c'est un mouvement du tout et non des petites parties, comme il le faudrait; il n'est donc pas étonnant qu'il n'excite aucune chaleur.

23° [coTtes'p, au 47® afflrm.). Cet exemple mérite une recherche particulière et plus exacte ; car les herbes et les végétaux verts et humides paraissent avoir je ne sais quelle chaleur faible , et si faible que dans leurs petites parties isolées elle n'est pas sensible au tact. Mais dès qu'elles sont entassées et renfermées de manière que leur esprit ne puisse s'exhaler et se perdre dans l'air, et qu'au contraire ces parties se fomentent réciproquement, alors elles s'é-

chauifeot à un degré sensible ; et quelquefois même elles prennent feu, si la matière est déjà suffisamment combustible.

W (ootTdsp. au 48* affirm,). Le sujet de cet exemple a besoin aussi d'être plus exactement observé; car la chaux, arrosée d'eau, paraît s'échauffer considérablement , soit par la concentration de la chaleur, qui auparavant était plus dispersée, comme nous Tavous déjà observé en parlant des herbes entassées et renfermées, soit par l'irritation ou l'exaspération de l'esprit igné , occasionnée par l'eau, d'où naît une sorte de combat et d'antipéristaae. Reste à savoir laquelle de ces deux causes est la véritable, et c'est ce dont on s'assurera plus aisément en versant sur la chaux de l'huile au lieu d'eau; car Thuile pourra, aussi bien que l'eau, concentrer l'esprit renfermé dans la chaux, mais elle ne produira pas d'irri— tation. Or, ces expériences-<-là, il faut les étendre, leur donner plut de latitude, non-seulement en les tentant sur les cendres et lea chaux de différents corps, mais aussi en versant sur ces corps dif« férentes liqueurs.

35(* [corresp, au 49® affirm,), A cet exemple nous opposeroai pour négative les autres métaux qui sont plus mous et plus faciles à liquéfier ou à rendre coulants. En effet, si l'on fait dissoudre de petites feuilles d'or par l'eaù régale^ cette dissolution ne donne au» cune chaleur sensible au tact ; il en est de même du plomb dis-* sous dans Teau^'-forte, et de même encore du mercure, du moine autant que je m'en puis souvenir. L'argent lui-même n'exoite qu'un faible degré de chaleur. Il faut en dire autant du cuivre, si ma mémoire ne me trompe point. Mais celte de la dissolution d'étain est plus sensible ; et la plus sensible de toutes, c'est celle qu'exoi-w tent le fer et l'acier, dont la dissolution est non-seulement acconw pagnée d'une chaleur très-forte, mais même d'une violente ébul*> lition. Ainsi la chaleur paraît naître du combat qui a lieu lorsque les eaux-fortes pénétrant, fouillant ces corps et séparant leurs par** ties avec violence, ces parties mêmes , en vertu de leur force de cohésion, résistent à cette autre force qui tend à les séparer. Aussi, lorsque les parties de ces corps mis en dissolution cèdent aisé-^ ment, l'action du dissolvant fait-elle naître à peine un faible degré de chaleur.

26^ {corresp, au 20<» affirm,). A la chaleur des animaux poini de négative à opposer, si ce n'est l'exemple des insectes, à cause de leur peu de volume, comme nous l'avons déjà observé. Quant aux poissons comparés aux animaux terrestres, ce qu'on y observe, c'est plutôt un degré peu sensible qu'une totale privation de cha^ leur. Dans les végétaux ou n'aperçoit aucun degré de chaleur

UYRE DEUXIÈME. 103

sensible au tact, soit dans le corps des plantes, soit dans leurs gpmmes, soit dans leur moelle récemment ouverte. Mais rien n'est plus inégal et plus variable que la chaleur des animaux , soit d'une partie à Tautre (car autre est celle de la région du cœur, autre est celle du cerveau , autre celle des parties extérieures), soit dans les différents états par lesquels ils passent successive^ ment, comme dans las violents exercices, dans les fièvres, etc.

27^ (oarresp, au S4® affirm,), A peine trouve-'t-^n une négative à opposer à cet exemple-<?i. Il y a plus : les excréments des animaux, même non récents, Ont manifestement une certaine chaleur potentielle, comme on le voit par la propriété qu'ils ont d'engraisser les terres.

28° (eorreif». auan %%^ et 23" affirm.). Les liqueurs (soit qu'on les désigne par le nom d'huiles ou par celui d'eaux) qui ont une grande et forte acrimonie produisent des effets très«semblables à ceux de la chaleur; elles séparent avec violence les parties des corps, elles les brûlent même lorsqu'on les laisse agir pendant quelque temps : cependant elle» n'ont aucune chaleur sensible au pr^ mier tact de la main. Or, elles agissent, soH en vertu et en pro« portion de leur affinité aveo les substances auxquelles on les ap^ pUque, soit à raison de leur grandeur et de leur figure comparées à celles des pores de ces substances. L'eau régale, par exemple, dissout l'or et non l'argent; au contraire, l'eau-forte dissout l'argent et non l'or : mais ni l'une ni l'autre ne disaolvent le verre , ol il en est de môme des autres dissolvants.

29^ (c^nrmp. m U^ affirm,). Il faudrait éprouver les effets de l'esprit-de'ovin, d'abord sur le bois, puis sur le beurre, sur la cire, sur la poix, et voir si, par hasard, sa chaleur potentielle ne suffi** raitpas pour les liquéfier jusqu'à un certain point; car nousvoyons* par les incrustations dont il est parlé dans l'exemple affîrmatif placé en regard, que sa chaleur potentielle produit des effets trè»^ analogues à ceux de la chaleur actuelle. Ainsi il faudrait tenter ces mêmes expériences par rapport aux liquéfactions. On pourrait éprouver encore d'une autre manière les effets de cette chaleur « savoir : en employant un tube semblable à ceux des thermomètres, mais qui, au lieu d'une boule, eût à sa partie supérieure et extô^ rieure une concavité. On mettrait dans cette concavité extérieure de l'esprit-de^vin bien rectifié, avec un couvercle, afin qu'il con-servât mieux sa chaleur. Cela posé, il faudrait voir si l'espnVdevin, en vertu de sa chaleur potentielle, ne pourrait pas faire baisser l'eau dans le tube.

30<* {eorresp. m 315® a^rm.). Les plantes aromatiques» et en gé^

néral celles qui ont une saveur acre, surtout prises intérieurement, excitent une sensation de chaleur. Ainsi il faut voir sur quelles au> très matières elles produisent des effets semblables à ceux de la chaleur. Or, s'il faut en croire les marins» lorsqu'on ouvre tout à coup des tas, des masses d'aromates qui ont été long-temps ren— fermés, ceux qui les premiers les remuent ou les transportent courent risque d'être atteints de fièvres et de maladies inflammatoires. Il y aurait encore ici telle expérience à faire pour savoir si les poudres de plantes aromatiques et d'autres semblables n'auraient pas, comme la fumée, la propriété de sécher le lard ou toute autre espèce de viande suspendue au-dessus.

31" {corresp, au 26® affirm,). Cette acrimonie et cette force pénétrante dont nous venons de parler ne résident pas moins dans certaines substances de nature froide, telles que le vinaigre et l'huile de vitriol, que dans les substances de nature chaude, telles que l'huile d'origan et autres semblables. Aussi les unes et les autres ont-elles également la propriété d'exciter la douleur dans les corps animés, et, en agissant sur les corps inanimés , celle de séparer leurs parties avec violence et les brûler. Cet exemple-ci n'a pas non plus de négative qui y réponde ; car, dans les corps animés , on ne connaît aucun genre de douleur qui ne soit accompagné d'une sensation de chaleur.

32° [corresp, auTï^affirm,). Le chaud et le froid ont une infinité d'effets semblables, quoiqu'ils les produisent d'une manière tout à fait différente ; on sait, par exemple, que les enfants, peu de temps après avoir frotté leurs mains de neige, les sentent comme brûlantes. De plus le froid garantit les chairs de la putréfaction , tout aussi bien que le feu. Enfm, la chaleur, comme le froid, contracte les corps et diminue leur volume. Mais ces observations et autres de même nature, il serait plus à propos de les renvoyer à la recherche sur le froid.

XIIE; En troisième lieu il faut faire comparaître devant Ten— tendement des exemples de sujets où la nature qui est l'objet de la recherche se trouve à différents degrés, en observant ses accroissements et ses décroissements , soit dans un seul sujet comparé à lui-même, soit en différents sujets comparés entre eux. En effet, comme la forme d'une chose n'est autre que cette chose même , et qu'il n'y a d'autre différence entre la chose et la forme que celle qui se trouve entre l'apparence et la réalité , l'extérieur et l'intérieur, la relation à l'homme et la relation à l'univers, il s'ensuit évidemment qu'on ne doit point regarder une nature comme la véritable forme, si elle ne décroît perpétuellement quand la nature

Page 1