‹ Œuvres de BaconChapitre 61 sur 170 · LIVRE DEUXIÈME. lo · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. lo

les corps célestes, ou si, n^étant qu'apparent dans ces corps, 11 est réel dans le globe terrestre ; nous pourrons sur ce sujet avoir cet „ exemple de la croix. Si, ayant découvert dans l'océan quelque mouvement d'orient en occident, même très-lent et très-fgibje, on trouve que ce mouvement ait plus de vitesse dans le corps de l'air, surtout entre les tropiques, où les cercles étant plus grands il doit ê(re plus sensible ; s'il se trouve aussi que dans les comètes ce mouvement soit déjà vif et d'une certaine force ; si encore l'on trouve que dans les planètes ce même mouvement soit tellement, disposé et gradué que sa vitesse croisse en raison directe de leur éloignement de la terre et en raison inverse de leur proximité; si enfin, dans le ciel étoile, il a la plus grande vitesse possible, alors, sans contredit, il faudra regarder le mouvement diurne comme réel dans les cieux et renoncer pour toujours à l'hypothèse du mouvement réel de la terre ; car alors il sera évident que le mouvement d'orient en occident est tout à fait cosmique, c'est-à-dire commun à toutes les parties de l'univers ; que dans' les sommités (les parties les plus élevées des cieux) il est infiniment rapide, et qu'ensuite, décroissant par degrés , il vient , en quelque manière, s'éteindre et mourir dans l'immobile, c'est-à-dire dans le globe terrestre.

De même encore , soit la nature en question cet autre mouvement de rotation dont les astronomes sont si occupés , mouvement qui, étant d'orient en occident, est par conséquent contraire, résistant au mouvement diurne que les anciens astronomes croyaient réel dans les planètes mêmes et le ciel étoile*, mais que Copernic et ses sectateurs attribuent encore à la terre : qu'on se demande enfin si, dans la nature entière, l'on trouve quelque autre mouvement de cette espèce , ou si plutôt ce n'est pas une pure fiction , une hypothèse gratuite et imaginée seulement pour abréger et faciliter les calculs , sans compter la sublime idée de faire décrire à tous les corps célestes des cercles parfaits ; car on ne prouve point du tout la vérité, la réalité de ce mouvement, soit en objectant le retard qui fait qiie chaque jour une planète ne répond pas précisément au même point du ciel que la veille, soit en alléguant que les pôles du zodiaque sont difiTérents de ceux du monde , deux observations qui ont donné Keu à la supposition de ce mouvement chimérique. Quant au premier phénomène, on en rend aisément raison en supposant que le premier mobile, tournant plus vite que la planète, la laisse chaque jour un peu en arrière ; et quant au second , on l'explique clairement par les lignes spirales : en sorte que la variation du retour des planètes et leur déclinaison vers les tropiques

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