‹ Œuvres de Balzac (volume 3)Chapitre 127 sur 157 · TROISIEME SONNET · texte numérisé non relu

TROISIEME SONNET

£t Camélia.

Chaque fleur dit un mot du livre de nature : La rose est à l'amour et fête la beauté, La violette exhale une âme aimante et pure, Et le lis resplendit de sa simplicité.

Mais le camélia, monstre de la culture, Rose sans ambroisie et lis sans majesté, Semble s'épanouir, aux saisons de froidure, Pour les ennuis coquets de la virginité.

Cependant au rebord des loges de théâtre , J'aime à voir évasant leurs pétales d'albâtre, Couronne de pudeur , de blancs camélias,

Parmi les cheveux noirs des belles jeunes femmes Qui savent inspirer un amour pur aux âmes, Comme les marbres grecs du sculpteur Phidias.

— Que pensez-vous de mes pauvres sonnets? demanda formellement Lucien.

— Ils semblent faits capricieusement et à des époques différentes, dit Lousteau. Mais lisez-m'en un autre encore? ajouta-t-il en faisant un geste de doute.

Encouragé par celte demande, Lucien lut avec plus de confiance le sonnet que préféraient d'Arlhez et Bridau , peut-être à cause de sa couleur.

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