‹ Œuvres de Balzac (volume 3)Chapitre 25 sur 157 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Ha ! folle mignonne, toy qui es enchargiee d'esgayer la mayson , tu has esté, maulgré mille deffences iteratifues, te veautrer dedans ce bourbier de melancholie où tu has ia pescbé Berthe , et reviends cheveulx desnouez comme fille qui ha forcé ung parti de lansquenets ! Où sont tes iolyes esguilles d'or à grelots, tes fleurs filigranees en phantaisies arabesques, oùhas-tu lairré la marotte incarnadine aornee de bobans pretieulx qui cousle ung minot de perles? Pourquoi guaster par des larmes pcrnilieulses tes yeulx noirs si playsanls quand y pétille le sel d'ung conte que les papes te perdoynent tes dires à l'umbre de tes rires, sentent leur asme prinse entre l'iuoire de les denlz, ont le cueur tiré par la fine roze que darde ta langue, ettroqueroienlleurpantophle contre ung cent des soubsrires qui broyent sur les lesvres le vermillon du bon sang. Garse rieuse, si tu veulx demourer touiours fresche etieune, ne ploure jamais pluz. Songe à chevaulcher lesmousches sans brides, à brider avecque de belles nuces tes chimères cameleonesqucs, à metta-

morphoser les realitez vifues en figures vestues d'iris, caparassonnees de resvescramoizis, emmanscheez d'aesles pers à yeulx de perdrix. Par le Corps et le Sang, par l'Encensoir et le Sceau, par le Livre et l'Espee, par la Guenille et l'Or, par le Son et la Couleur , si tu rattournes en ce bouge d'elegies où les eunuques raccollent des laiderons pour des sulthans imbecilles, ie le maudis, ie le Irentemille, ie te fays ieusner de mièvreries el d'amour, ie te... Brouf ! La vecy à cheual sur ung rais de soleil en compaignie d'ung dixain qui esclalle en météores aeriformes! Elle se ioue dedans leurs prismes en courant si dru, si haut, si hardi, si à contre sens, à contre fil, à contre tout, que besoing est de la cognoistre de longues pleusmes pour suyvre sa queue de syrène aux facettes d'argent, laquelle freslille emmi les harlifices de ces rires nouveaulx. Vray Dieu! elle s'y est ruée comme ung cent d'escholiers dans une haye pleine de murons au déboîter des vespres. Au dyable le magisler! le dixain est paracheué. Foing du trauail, à moy compaiguons !

CÉSAR BIROTTEAU

DE BALZ.VC. T. VI

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