A MILAN
Permettez-moi de mettre votre nom en tête d'une œuvre essentiellement parisienne et méditée chez vous ces jours derniers. N'est-il pas naturel de vous offrir les fleurs de rhétorique poussées dans votre jardin , arrosées des regrets qui m'ont fait connaître la nostalgie , et que vous avez adoucis , quand j'errais sous les boschetti, dont les ormes me rappelaient les Champs-Elysées. Peut-être rachèterai-je ainsi le crime d'avoir rêvé Paris en face du Dôme , d'avoir aspiré à nos rues si boueuses sur les dalles si propres et si élégantes de Porta Rcnza.
Quand j'aurai quelques livres à publier qui pourront être dédiés à des Milanaises, j'aurai le bonheur de trouver des noms déjà chers à vos vieux conteurs italiens parmi ceux des personnes que nous aimons, et au souvenir desquelles je vous prie de rappeler
Votre sincèrement affectionné ,
De Balzac.
LA TORPILLE