‹ Œuvres de Balzac (volume 3)Chapitre 72 sur 157 · A M. LE COMTE · texte numérisé non relu

A M. LE COMTE

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Mon cher comte,

C'est au coin du feu, dans une mystérieuse, ne splendide retraite qui n'existe plus , mais ui vivra dans notre souvenir, et d'où nos yeux écouvraient Paris, depuis les collines de Belleue jusqu'à celles de Belleville, depuis Montîartre jusqu'à l'arc de triomphe de l'Etoile , ue, par une matinée arrosée de thé, à travers îs mille idées qui naissent et s'éteignent comme es fusées dans votre étincelante conversation , ous avez, prodigue d'esprit, jeté sous ma plume e personnage digne d'Hoffman, ce porteur de résors inconnus, ce pèlerin assis à la porte du 'aradis, ayant des oreilles pour écouter les

chants des anges, et n'ayant plus de langue pour les répéter, agitant sur les touches d'ivoire des doigts brisés par les contractions de l'inspiration divine, et croyant exprimer la musique du ciel à des auditeurs stupéfaits. Vous avez créé GAMBARA, je ne l'ai qu'habillé. Laissezmoi rendre à César ce qui appartient à César , en regrettant que vous ne saisissiez pas la plume à une époque où les gentilshommes doivent s'en servir aussi bien que de leur épée , afin de sauver leur pays. Vous pouvez ne pas penser à vous; mais vous nous devez vos talents.

Votre sincère ami , DE BALZAC.

Aux Jardles, février 1839.

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