‹ Œuvres de Balzac (volume 3)Chapitre 8 sur 157 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

Aulcuns ont inlerroguc l'autheur sur ce que il avoyt tant de raige à ces dixains que nul an ne pouvoit eschoir sans que il en eust dict sa râtelée; et la rayson de ce , et pour quoy finablement escripre des virgules entremesleesde maulvaises syllabes auxquelles refroignoicnt publiquement les dames; puismilleautres bogues vuydes. L'autheur desclaire que ces prodiloires parolles, semées comme pierres en sa voye, l'ont touchiédans le pluz profund du cueur, et il cognoist suffisamment son dcbvoir pour ne poinct faillir de bailler à son cspecialle audience, en ce prologue, aulcuns arraizonncmens aultres cpie les preceddens ; poureeque besoing est de touiours arraizonner les enfans iusques à ce que ils soient grandelets , concoipvent les choses , et se laysent ; et que il voit bien des meschans garsons en ce numbre infini de gens criards , lesquels ignorent à plaizir ce dont il s'en va dans ces dixains. En prime abord . saichez que si aulcunes vertuculzes dames, ie dis vertuculzes pour ce que les truandes ou femmes de petit pied, ne lisent poinct ces feuillelz, aymant mieulx en faire de inedicts; tandis que au rebours les dames ou bourgeoyses à doubles paires tle manches pleines derelligion, estant desgoustees sans doubte aulcun de ce dont s'agit, les lisent pieusement pour contenter le malin esperit , et par iynsi se tiennent saiges. Entendez-vous , mes bons

1 Voir les deux premiers dixains des conles droslaticques , om. V, page 269.

vendangeurs de cornes? Mieulx vault eslre coulx par le conte d'ung liure , que coulx par l'hysloire d'ung gentil homme. Vous y gaignez le desguat , paouvresbraguardz,ou!tre que soubvent votre dame énamourée s'en prend à vostre mercerie des fecunds triballemens esmeus en icelle parle prezent liure. Et par ainsycesdixains adjouxtentdcbellesgraynesàla gezine du pays, et le maintiennent en ioye , honneur et santé. le dis ioye , poureeque vous en prenez moult en ces contes. le dis honneur, poureeque vous saulvez vostre nid des griphes de ce desmon , touiours ieune, nomméKokvaige en langue celtique, le dis santé , poureeque ce liure incitte à la chosette prescriple par l'ccclize de Salerne soubs peine de pléthore cérébrale. ïreuvez proufficts pareilz aux aultres cayers noircis lypographiquement. Ha! ha! où sont les liures qui font des enfans? Cerchez , point, Ains vous renconstrerez , par razieres, enfans faisant des liures dont est conceu force anuy. le reprends la phraze. Donc, saichez que si aulcunes dames vertuculzes de nalture, cocquardes en esperit, se burent publiquement à des querimonies au subject de ces dixains; ung numbre assez playsant d'icelles, loingde sepmondre l'autheur, advouent que elles l'ayment bien fort, l'estiment vaillant homme, digne d'eslre moyne en l'abbaye de ïhelesme; et que , pour aultant de raisons que il y ha d'estoiiles aux cietdx , il ne quitte la fluste à becq avecque laquelle il desduict ces dessusdicts contes; ains se lairre blasmer, aille touiours à ses fins; vu que la noble France est une femelle qui se reffnzc à

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