DU MARIAGE
La femme qui, sur le titre de ce livre, serait tentée de l'ouvrir, peut s'en dispenser : elle l'a déjà lu sans le savoir : un homme, tel malicieux qu'il puisse être, ne dira jamais des femmes autant de bien ni autant de mal qu'elles en pensent elles-mêmes.
Si, malgré cet avis, une femme persistait îi
lire l'ouvrage, la délicatesse devra lui imposer la loi de ne pas médire de l'auteur; du moment où, se privant des approbations qui flattent le plus les artistes, il a en quelque sorte gravé, sur le frontispice de son livre, la prudente inscription mise sur la porte du Muséum d'anatomie comparée : les dames nentrenlpas ici.
INTRODUCTION
li Le mariage ne dérive point de la nature. — Il La famille orientale diffère entièrement de la <( famille occidentale. — L'homme est le ministre « de la nature, et la société vient s'enter sur « elle. — Les lois sont faites pour les mœurs, ti et les mœurs varient. » Le mariage peut donc subir le perfectionnement graduel auquel toutes les choses humaines paraissent soumises.
Ces paroles, prononcées devant le conseil d'Etat par Napoléon, lors de la discussion du Code civil, frappèrent vivement l'auteur de ce livre.
Peut-être, à son insu, mirent-elles en lui le germe de l'ouvrage qu'il offre aujourd'hui au public.
En effet, à l'époque où, beaucoup plus jeune, il étudia le droit français, le mot adultère lui causa de singulières impressions.
Immense dans le Code, jamais ce mot n'apparaissait â son imagination sans traîner à sa suite un lugubre cortège. Les Larmes, la Honte, la Haine, la Terreur, des Crimes secrets, de sanglantes Guerres, des Familles sans chef, le Malheur, se personnifiaient devant lui et se dressaient soudain quand il lisait le mot sacramentel :