‹ Œuvres de BalzacChapitre 59 sur 78 · CE LA D01A.\E · texte numérisé non relu

CE LA D01A.\E

— Eh non, madame! nosi...

— Car, monsieur, il y aurait là quelque chose de si inconvenant...

— Croyez-vous donc, madame, que nous voulions prescrire de visiter , comme aux barrières, les personnes qui franchissent le seuil de vos appartements ou qui en sortent furtivement, afin de voir s'ils ne vous apportent pas quelque bijou de contrebande? Eh mais ! il n'y aurait là rien de décent; et nos procédés, madame, n'auront rien d'odieux, parlant rien de fiscal : rassurez-vous.

Monsieur, la douane conjugale est, de tous les expédients de celte seconde partie, celui qui peutêtre réclame de vous le plus de lact, de finesse, elle plus de connaissances acquises à priori, c'est-à-dire avant le mariage. Pour pouvoir exercer, un mari doit avoir fait une étude proî'onde du livre de Lavater , et s'être pénétré de tous ses principes; avoir habitué son œil et son entendement à juger, à saisir, avec une étonnante promptitude, les plus légers indices physiques par lesquels l'homme trahit sa pensée.

La Physiognomonie de Lavaler a créé une véritable science, i'.lle a i)ris place cniin parmi les coimaissances humaines. Si, d'abord, quelques plaisaîitciies accueillircMl l'apparition de ce livre;

depuis, le célèbre docteur Gail est venu, par sa belle théorie du crâne, compléter le système du Suisse, et donner de la solidité à ses fines et lumineuses observations. Les gens d'esprit, les diplomates, les femmes, tous ceux qui sont les rares et fervents disciples de ces deux hommes célèbres , ont souvent eu l'occasion de remarquer bien d'autres signes évidents auxquels on reconnaît la pensée humaine. Les habitudes du corps, l'écriture, le son de la voix, les manières ont plus d'une fois éclairé la fenmie qui aime, le diplomate qui trompe, l'administrateur habile ou le souverain, obligés de démêler d'un coup d'œil l'amour, la trahison ou le mérite inconnus. L'homme dont l'âme agit avec force est comme un pauvre ver luisant qui, à son insu, laisse échapper la lumière par tous ses pores : il se meut dans une sphère brillante où chaque effort amène un ébranlement dans la lueur et dessine ses mouvements par de longues traces de feu.

Yoilà donc tous les éléments des connaissances que vous devez posséder, caria douane conjugale consiste uniquement dans un examen rapide, mais approfondi , de Teint moral et physique de tous les êtres qui entrent et sortent de chez vous, lorsqu'ils ont vu ou vont voir votre femme. Un mari ressemble alors à une araignée qui, au centre de sa toile imperceptible, reçoit une secousse de la moindre mouche étourdie, et, de loin, éccule, juge, voit ou la proie, ou l'ennemi.

Ainsi, vous vous procurerez les moyens d'examiner ie célibataire qui sonne à votre porte, dans deux situations bien distinctes: quand il va entrer, quaiid i! est entré.

Au momeni d'entrer, que de choses ne dit-il pas sans seulement desserrer les dents .'...

Soit que d'un léger coup de main, ou en plongeant ses doigts à plusieurs reprises dans ses cheveux, il en abais.se ou en reliaus.':e le toupet caractéristique;

Soit qu'il fredonne un air italien ou français, joyeux ou triste, d'une voix de ténor, de contralto, de soprano, ou de baryton ;

Soit qu'il s'assure si le bout de sa cravate significative est toujours placé avec grâce;

Soit qu'il aplatisse le jabot bien plissé ou en dé;;ordrc d'une chemise de jour ou de nuit;

Soil qu'il cherche à sa\(iir, par un geste interrogateur et furlif, si sa perruque bbuide ou brune, frisée ou plate , est toujours à sa place naturelle;

Soit qu'il examine si .'•es ongles sont pr.'ipres ou liien coupés;

Soit que d'une main blanche ou peu soignée. Lien ou mal gantée, il refrise ou sa moustache ou ses favoris; ou soil qu'il les |)asse et repasse entre les dents d'un petit peigne (rrcaille ;

PHYSIOLOGIE DU MARIAGE

Soit que, l)ar des mouvements «hmx et ré[iclcs, il clieixlie à placer son meiidm dans le eenlre exact de sa cravate;

Soit qu'il se dandine d'un [>ied sur l'autre, les mains dans ses poches;

Soit qu'il tourmente sa Ijolle, en la regardant, comme s'il se disait : « Eh ! mais, voilà un pied qui n'est certes pas mal tourné!... »

Soit qu'il arrive à pied ou en voilure, qu'il eiïace ou non la légère cnq)rciiite de boue dont sa chaussure est salie;

Soit même qu'il reste immobile, impassiblecommc un Hollandais qui fume;

Soil que, les yeux attachés à cette porte, il ressemble à une âme sortant du purgatoire et attendant saint Pierre et ses clefs ;

Soit qu'd hésite à tirer le cordon de la sonnette ; et soil qu'il le saisisse négligemment, précipitamment, familièrement, ou con)me un homme sur de son fait;

Soit qu'il ail sonné timidement, faisant retentir un (inlement perdu dans le silence des appartements,comme un premiercoup de matines en hiver dans un cou\ent de Minimes ; ou soit qu'après avoir sonné avec vivacité, il sonne encore, inqiatienlé de ne pas enlendre les pas d'un laquais;

Soil qu'il donne à son haleine un parfum délicat, en nianj.;eanl une pastille de cachondé;

Soit qu'il prenne d'un air empesé une prise de (abac, dont il chasse soigneusement les grains qui pourraient altérer la blancheur de son linge;

Soit qu'il regarde autour de lui, en ayant l'air d'estimer la lampe de l'escalier, le lapis, la rampe, comme s'il élail marchand de meubles ou entrepreneur (le bàliinents;

Soit enfin que ce célibataire soit jeune ou âgé, ait froid ou chaud, arrive lentement, tristement, ou joyeusement, ^Ic.

Vous senlez qu'il y a là, sur la marche de votre escalier, une masse étonnante d'observations. Les légers coups de pinceau que nous avons essayé de donnera celle figure vous montrent, en elle, un véritable kaléidoscope moral a\ec ses millions de désinences. Et nous n'avons même pas voulu faire arriver de femme sur ce seuil révélateur; car nos remarques, déjà considérables, seraient devenues innombrables et légères connue les grains de sable de la mer.

En eiïel, devant celle porte fermée, un homme se ( loil entièrement seul ; et, pour peu qu'il attende, il y commence un monologue muet, un soliloque indélinissable, où tout, jusqu'à son [las, dévoile ses espérances, ses désirs, ses inlenlions, ses secrets, ses qualités, ses défauts, ses vertus, elc.; enfin, un homme Cjl, sur un p;dier, comme une jeune fille

de quinze ans dans un cotdcssionnal , la veille sa première connniini(tn.

En voulez- vous la preuve?... Examinez ic changement subit opéré sur celle figure et dans les manières de ce célibataire aussitôt que de dehors il arrive au dedans. Le machiniste de l'Opéra, la leinperature, les nuages ou le soleil , ne changent pas plus vite l'aspect d'un théâtre, de ralmosphère et du ciel.

A la première dalle de votre antichambre, de t lUles les ni\ riades d'idées que ce célibataire vous a trahies avec tant d'innocence sur l'escalier, il ne reste i)as même un regard auquel on puisse rattacher une observation. La grimace sociale de convention a tout enveloiipé d'un voile é|)ais, mais un mari habile a du déjà deviner, d'un coup d'œil, l'objet de la visite, et lire dans l'âme de l'arrivant comme dans un livre.

La manière dont on aborde votre, femme, dont on lui parle, dont on la regarde, dont on la salue, dont on la quille... 11 y a là des volumes d'observations plus minutieuses les unes que les autres.

Le timbre de la voix, le maintien, la gène, un sourire, le silence même, la tristesse, les prévenances à voire égard, tout est indice, et tout doit être étudié d'un regard, sans effort, ^'ous devez cacher la découverte la plus désagréable sous l'aisance et le langage abondant d'un homme de salon. Dans l'impuissance où nous nous trouvons d'énumérer les immenses détails du sujet, nous nous en remellons entièrement à la sagacité du lecteur, qui doit apercevoir l'étendue de celte science : elle commence à l'analyse des regards, et finit à la perception des mouvements que le dépit inq)rime à un orteil caché sous le satin d'un soulier ou sous le cuir d'une botte.

Mais la sortie!... car il faut prévoirie cas où vous aurez manqué votre rigoureux examen au seuil de la porte, et la sortie devient alors d'un intérêt capital, d'autant plus que celte nouvelle élude du célibataire doit se faire avec les mêmes éléments, mais en sens inverse de la première.

Il existe cependant, dans la sortie, une situation loule particulière : c'est le moment où l'ennemi a franchi tous les relraneliemcnts dans lesquels il pouvait être observé, et qu'il arrive à la rue! -Là, un homme d'esprit doit deviner toute une visite en voyant un honunc sous une porle cochère. Les indices sontbien plus rares, mais aussi quelle clarté! C'est le dénoùment, et l'homme en trahit sur-lechamp la gravilé par l'expression la plus simple du bonheur, de la peine ou de la joie.

Alors les révélalions sont faciles à recueillir : c'est un regard jeté ou sur la maison, ou sur les fenêtres de l'appartement ; c'est une démarche lenle

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ou oisive; le IroUcincnt de mains du sol, ou la course saulillanle du fat, ou la station involontaire (Je l'homme {irofondément ému; la visite même que le célibataire pourrait faire à une borne voisine n'est pas chose indifférente, et celte situation hygiénique est d'une haute importance : enfin, vous aviez sur le palier les questions aussi nettement posées que si une académie de province proposait cent écus pour un discours; à la sortie, les solutions sont claires et précises. Notre lâche serait au-dessus des forces humaines, s'il fallait dénombrer les différentes manières dont les hommes trahissent leurs sensations : là, tout est lact el sentiment.

Si vous appliquez ces principes d'observation aux étrangers, à plus forte raison soumctlrez-vous votre femme aux mômes formalités.

Un homme marié doit avoir fait une étude profonde du visage de sa femme. Celte étude est facile, elle est même involontaire et de tous les moments. Pour lui , celle belle physionomie de la femme ne doit plus avoir de mystères. Il sait comment les sensations s'y peignent, et sous quelle expression elles se dérobent au feu du regard.

Le plus léger mouvement des lèvres, la plus im- I)crceptible contraction des narines, les dégradatiuns insensibles de l'œil , l'altération de la voix , cl ces nuages indéfinissables qui enveloppent les li;iits, ou ces flammes qui les illuminent, tout est langage pour vous.

Celle femme est là : tous la regardent, el nul ne peut comprendre sa pensée. Mais, pour vous, l'iris (le l'œil s'est plus ou moins coloré, élendu, ou resserré; la paupière a vacillé, le sourcil a remué; un pli, effacé aussi rapidement qu'un sillon sur la mer, a paru sur le front; la lèvre a été rentrée, elle a légèrement fléchi, ou s'est animée... pour vous, la fenniie a parlé.

Si, dans ces moments difficiles où une femme dissimule en présence de son mari, vous avez l'àme du sphinx pour la deviner, vous sentez bien que les principes de la douane deviennent un jeu d'enfant à son égard.

En arrivant chez elle ou en sorlant, lorsqu'elle se croit seule, enfin, votre femme a toute l'impruilence d'une corneille, el se dirait tout haut, à elle- Mième, son secret : aussi, par le changement subit (le ses traits au uKjmenl où elle vous voit, contraction qui, malgré la rapidité de son jeu, ne s'opère l)as assez vile pour ne pas laisser voir l'expression qu'avait le visage en votre absence, vous devez lire dans son àme comme dans un livre de plain-chanl. Knlin voire femme se trouvera sou\eiilsur le seuil iîux monologues, el là , un mari peut à chaque instant vérifier les sentiments de sa femme. ■

Kst-il un homme assez insouciant des mystères

de l'amour, pour n'avoir pas, maintes fuis, admiré le pas léger, menu, coquet, d'une femme qui vole à un rendez-vous? Elle se glisse à travers la foule comme un serpent sous l'herbe. Les modes, les étoffes, el les pièges éblouissants tendus par les liugères déploient vainement pour elle leurs séductions; elle va, elle va, semblable au fidèle animal qui cherche la trace invisible de son maître, sourde à tous les compliments, aveugle à tous les regards, insensible même aux légers froissements inséparables de la circulation humaine dans Varis. Oh! comme elle sent le prix d'une minute! Sa démarche, sa toilette, son visage commettent mille indiscrétions. Mais, ô quel ravissant tableau pour le flâneur, el quelle page sinistre pour un mari que la physionomie de celle femme, quand elle revient de ce logis secret sans cesse habité par son âme !... Son bonheur est signé jusque dans l'indescriptible imperfection de sa coiffure, dont le gracieux édifice el les tresses ondoyantes n'ont pas su prendre, sous le peigne cassé du célibataire, celte teinte luisante, ce tour élégant et arrêté que leur imprime la main sûre de la caméristc. El quel adorable laisser aller dans la démarche ! Comment rendre ce sentiment qui répand de si riches couleurs sur son teint, qui Ole à ses yeux toute leur assurance, el qui tient à la mélancolie et à la gaieté, à la pudeur et à l'orguf'il, par tant de liens?

Ces indices, volés à la Méditation des ilcniicrs sfuipiômes, cl qui apparliennenl à une situation dans laquelle une femme essaye de tout dissimuler, vous permettent de deviner, par analogie, l'opulente moisson d'observations qu'il vous est réservé de recueillir quand votre femme arrive chez elle, et que, le graiid crime nélanl pas encore commis, elle livre innocemment le secret de ses pensées. Quant à nous, nous n'avons jamais vu de palier sans avoir envie d'y clouer une rose des vents et une girouette.

Les moyens à employer pour par\enir à se faire dans sa maison une sorte d'observatoire dépendant entièrement des lieux cl des circonstances, nous nous en rapportons à l'adresse des jaloux pour exécuter les intentions de celle MédiUilion.

CaSû

MJ^DITATION XVI.

C HAUTE i;o>.iu".\LE.

J'avoue que je ne coimais guère à Varis qu'une seule maison cont;ue d'après le système développé» dans les deux Méditations précédentes. Mais je dois ajouter aussi que j'ai bàli le système d'après la maison. Celte adujirable forteresse'appai lient à un jeune

PHYSIOLOGIE DU MAIilAGIi.

maître des requêtes, i\ie (J'aiiiour et de jalousie, (^>uaiid il apprit qu'il existait un huuinie exclusiveiiicril occupé de perfccliunner le mariage en France, il eut riiuiinèlclé de iu'ou\ rir les portes de son hôtel et de m'en faire voir le gynécée. J'admirai le profond génie qui avait si habilement déguisé les précautions d'une jalousie presque orientale, sous l'élégance des meubles, sous la beauté des tapis et la fraîcheur des peintures. Je convins qu'il était impossible à sa femme de rendre son appartement complice d'une trahi?on.

— ^lonsieur, dis-je à l'UthelIo du conseil d'État, qui ne me paraissait pas très-fort sur la haute politique conjugale, je ne dciutc pas que madame la viconîlcise n'ait beaucoup de plaisir à demeurer au sein de ce petit paradis; elle doit même en avoir prodigieusement, surtout si vous y êlessou\ent; mais un moment viendra ou elle en aura assez : car, monsieur, on se lasse de tout, même du sublime. Alors comment ferez-vous quand madame la vicomtesse, ne trouvant plus à toutes vos inventions leur charme primitif, ouvrira la bouche pourbâiller, et peut-être pour vous présenter une requête iendant à obtenir l'exercice de deux droits indispeirsables à son bonheur : la liberté individuelle, c'est-à-dire la faculté d'aller et de venir selon le caprice de sa tolonté, et la liberté de la presse, ou la i'.icuilé d'écrire et de recevoir des lettres, sans avoir à craindre votre censure?...

A peine a\ais-je achevé ces paroles, que 31. le viconitc de V*** me serra fortement le bras, et s'écria : — Kl voi!;: bien l'ingratitude des femmes ! s'il y a quelque chose de plus ingrat qu'un roi , c'est un peuple; mais, monsieur, la femme est encore {)lus ingrate qu'eux tous. Une femme mariée en agit .il ce nous comme ks citoyens d'une monarchie con- ; lilulioniiclle iivec un roi : on a beau assurer à ceuxià une belle exisleiscc dans un beau pajs; un gou- •. ernemenl a beau se donner toutes les peitscs du iîîonde avec des gendarmes, des chambres, une administration et tout l'attirail de la force armée, pour empêcher un peuple de mourir de faim ; pour éclairer les villes par le gaz, aux dépens des citoyens; pour chauffer tout son monde par le soleil du quarante cinquième degré de latitude, et pour iiitcrdire enfin, à tous autres qu'aux percepteurs, de «jemander de l'argent; il a beau paver, tant bien que mal , des routes!... Eh i;ien , aucun des avantages d'une a;jfisi belle ntojn'i' n'est apprécié! Les citoyens veulent autre chose !... ils n'ont pas hoiîle de réclamer encore le droit de se promener à volonté sur ces roules ; celui de savoir où va l'argent donné aux percej)ieurs; et cnlin le monarque serait tenu lie fournir à chacun une petite part du tronc, s'il fallait écouler les bavardages de- quelques écrivas-

siers, ou ado[)ter certaines idées tricolores, es[ièces de polichinelles, que fait juuer une troupe de soidisant patriotes, gens de sac et de corde, qui sont prêts à vendre leu.-s consciences pour un million, une femme honnête ou une couronne ducale.

— M. le vicomte, dis-je en l'interrompant, je suis Iiarfaitementde votre avis sur ce dernier point; mais que ferez-vous pour éviter de répondre aux justes demandes de votre femme?

— Monsieur, je ferai..., je répondrai comme font et comme répondent les gouvernements, qui ne sont pas aussi bêtes que les membres de l'opposition voudraient le persuader à leurs commtll.'tnts.

<i Je commencerai par octroyer solennellement une espèce de constitution, en vertu de laquelle ma femme sera déclarée esilièrement libre.

<c Je reconnaîtrai pleinement le droit qu'elle a d'aller où bon lui semble, d'écrire à qui elle veut, et de recevoir des lettres dont je m'interdirai de connaître le contenu.

« Ma femme aura tous les droits du parlement anglais : je la laisserai parler tant qu'elle voudra, discuter, proposer des mesures fortes et énergiques, nsais sans qu'elle puisse les mettre à exécution , et puis après... nous verrons !... »

i! Par saint Joseph!... dis-je en moi-niênic, voilà un homme qui comprend aussi bien que moi la science du mariage. »

— Et puis vous verrez, monsieur, répondis-je à haute voix pour obtenir de plus amples révélations, vous verrez que vous serez, un beau matin, tout aussi sot qu'un autre.

— Monsieur, reprit-il gravement, permettez-moi d'achever. Voilà ce que les grands politiques appello.'it une théorie, mais ils savent faire disparaître celte théorie par la pratique, comme une vraie fui::éc; et les ministres possèdent encore mieux que tous les avoués de Normandie l'art d'çmporter le fond par /a forme.

« M. de Metlernich et M. de l'ilat, hommes d'un profond mérite, se demandent d'^puis longtemps si rfàirope est dans son bon sens? si elle rêve? si elle sait où elle \a? si elle a jamais raisonné? chose impossible aux masses, aux peuples et aux femmes. MM de Metternich et de l'ilat sont effrayés de voir ce siècle-ci poussé par la manie des constitutions, comme le précédent l'était par la physiologie, et comme celui de Luther l'était par la réforme des abus de la religion romaine, car il semble vraiment que les générations soient semblables à des conspirateurs dont les actions marchent séparément au même but en se passant le mol d'ordre. Mais ils s'elfrayenl à tort, et c'est en cela seulement que je les condamne ; car ils ont raison de vouloir jouir du

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iioiivoir, sans que <!os bourgeois arrivent, à jour lixc, du fond de la Souabc pour !es taquiner. Comment des hommes aussi remarquables n'ont-ils pas su deviner la profonde moralité que renferme la comédie constitutionnelle, et voir qu'il est de la plus haute politique de laisser un os à ronger au siècle?

<i Je pense absolument comme eux, relativement à la souveraineté.

(! Un pouvoir est un être moral aussi intéressé qu'un homme à sa conservation. Le sentiment de la conservation est dirigé par un principe essentiel, I xprimé en trois mots: IVe rietiperdre.Vournerien içrdre, il faut croître, ou rester infini; car un pou Mjir stationnaire est nul. S'il rétrograde, ce n'est plus un pouvoir, il est entraîné par un autre. .Te sais, comme eux, dans quelle situation fausse se îrouve un pouvoir inOni qui fait une concession. Il laisse naître dans son existence une autre existence, un autre pouvoir dont l'essence sera de grandir. L"un anéantira nécessairement l'autre, car tout être tond au plus grand développement possible de ses i'orces. Un pouvoir ne fait donc jamais de concessions qu'il ne tente de les reconquérir. Ce combat (olrelesdeux pouvoirs constitue nos gouvernements constitutionnels, dont le jeu épouvante à tort le patriarche de la diplomatie autrichienne, parce que, comédie pour comédie, la moins périlleuse et la plus lucrative est celle que jouent l'Angleterre et la France. Elles ont dit au peuple : Tu es libre! et il a été content; il entre dans le gouvernementcomme unefouledezéros, qui donnentdela valeuràrunité. Mais s'il veut se remuer, on commence avec lui le drame du dîner de Sancho, quand l'écuyer, devenu souverain de son île en terre ferme, essaye de man- '^cr. Or, nous autres hommes, nous devons parodier celte admirable scène au sein de nos ménages.

»( Ainsi, nia femme a L'ien le droit de sortir ; mais en me déclarant où elle va, comment elle va, pour quelle affaire elle va, et quand elle reviendra. Au lieu d'exiger ces renseignements avec la brutalité de nos polices, qui se perfectionneront sans doute un jour, j'ai le soin de revêtir les formes les plus gracieuses. Sur mes lèvres, dans mes yeux, sur mes traits, se jouent et paraissent tour à tour les accents et les signes de la curiosité et de l'indifférence, de la gravité et de la plaisanterie, de la contradiction et de l'amour. Ce sont toutes petites scènes conjugales pleines d'esprit, de finesse et de grâce, qui sont très-agréables à jouer. Le jour où j'ai oté de dessus la tète de. ma femme la couronne de fleurs d'oranger qu'elle portait, j'ai compris que nous avions joué, comme au couronnement d'un roi, les premiers lazzis d'une longue comédie.

<i J'ai des gendarmes! j'ai ma garde royale,

j'ai mes procureurs généraux , moi!.... reprit-il

avec une sorte d'enthousiasme ! Est-ce que je souffre jamais que madame aille à pied sans être accompagnée d'un laquais en livrée? Cela n'csl-il pas du meilleur ton ? Sans compter l'agrément qu'elle a de dire à tout le monde : (î J'ai des gens. » 3Iais mon principe conservateur a été de toujours faire coï.ncider mes courses avec celles de ma fem-ne; et depuis deux ans j'ai sa lui prouver que c'était pour moi un plaisir toujours nouveau de lui donner le bras. S'il fait mauvais à marcher, j'essaye de lui apprendre à conduire avec aisance un cheval fringant ; mais je vous jure que je nf y prends de manière à ce qu'elle ne le sache pas de sitôt!...

« Si, par hasard ou par l'effet de sa volonté bien prononcée, elle voulait s'échapper sans passe-port, c'est-à-dire dans sa voiture et seule, n'ai-je pas un cocher, un heiduque, un groom? Alors ma femme peut aller où elle veut, elle emmène toute une saiiite honnandad, et je suis bien tranquille....

» Hais, mon cher monsieur, que de moyens n'avons-nous pas de détruire la charte conjugale par la pratique, et la lettre par rinterprélation !

<c J'ai remarqué que les mœurs de la haute société comportent une flânerie qui dévore la moitié de la vie d'une fennue, sans qu'elle puisse se sentir vivre. J'ai, pour mon conipte, formé le projet d'amener adroitement ma femme jusqu'à quarante ans, sa.is qu'elle songe à i'amour, de même que feu Musson s'amusait à mener un bourgeois de la rue Saint-Denis à Pierrefitte, sans qu'il se doutât d'avoir quitté l'ombre du clocher de Saint-Leu.

— Comment! luidis-jcen l'interrompant, auriczvous par hasard deviné ces admirables déceptions que je n.e proposais de décrire dans une Méditation, in ti tulée : Art de met ire la mort dans lu vie .'... Ilélas ! je croyais être le premier qui eût découvert cetîc science. Ce titre concis m'avait été suggéré par le récit que fit un jeune médecin, d'une admirable composition inédite de Crabbc. Dans cet ouvrage, le poëteanglaisasupersonhifierunêtre fantastique, nommé la Vie dans la Mort. Ce personnage poursuit à travers les océans du monde un squelette animé, appelé la Jlort dans la fie. Je me souviens que pou de personnes, parmi les convivesde l'élégant traducteur de la poésie anglaise, comprirent le sens mystérieuxdccclte fable aussi vraiequefanlasiiquc. Moiseul, peut-être, plongé dans un silencede brute, je songeais à ces générations entières qui, poussées par la VIE, passent sans vivre. Des figures de femmes s'élevaient devant moi par milliers, par mvriades, toutes mortes, chagrines, cl versant des larmes de désespoir en contcnsplant les heures |ierdues de leur jeune-se ignorante. i)ans le lointain, je voyais naître une Méditation railleuse, dont j'en tendais déjà les rires sataniqucs; et vous allez sans doute la tuer...

PHYSIOLOGIE DU MAUIAGi:.

Mais voyons, couficz-niui au plus vite les mojoris que vous avez trouves pour aider une femme à gaspiller les Mjoinenls ra|ii(I('s où elle est (Jrios la (leur (le sa beauté, tiaiis la l'orce de ses désirs?... l'eulèlre m'aurcz-vous laissé quelques slralagèmes ,

quelques ruses à décrire

I.e vicomte se mit à rire de ce désappointeiiioiil d'auteur, et me dit d'un air satisfait :

— 3Ia femme a, comme toutes les jeunes personnes de notre bienheureux siècle, appuyé ses doigts, pendant trois ou quatre années consécutives, sur les touches d'un piano qui n'en pouvait mais. Elle a déchiiîré Deellioven, fredonné les ariettes de Rossini et jjarcouru les exercices de Cramer. (Jr, j'ai déjà eu le soin de la convaincre de sa supériorité en musique : pour atteindre à ce but, j'ai applaudi, j'ai écouté sans bâiller les plus ennuyeuses sonates du monde, et je me suis résigné à lui donner une loge aux Bouffons. Aussi j'ai gagné trois soirées paisibles sur les sept que Dieu a créées dans la semaine. Je suis à l'affût des tnaisons à musique; car à Paris il existe des salons qui ressemblent exactement à. des tabatières d'Allemagne;ce sont des Coviponiums perpétuels, où je vais régulièrement chercher des indigestions d'harmonie, que ma femme nomme des concerts. Mais aussi, la plupart dulemps, elle s'cfilcrre dans ses partitions...

— lié, monsieur, ne connaissez-vous donc pas le danger qu'il y a de développer chez une femme le goût du chant, et de la laisser livrée à toutes les excitations d'une vie sédentaire?... Il ne vous manquerait plus que de la nourrir de mouton et de lui faire boire de l'eau....

— Ma femme ne mar)gc jamais que des blancs de volaille, clj'ai soin de toujours faire succéder un bal à un concert, un rout à une représentation des Italiens!. . Ainsi je réussis à la faire coucher, pendant six mois de l'année, entre une heure et deux du matin! Ah! monsieur, les conséquences de ce coucher matinal sont incalculables !

«1 D'abord, chacun de ces plaisirs nécessaires est accordé comme une faveur, et je suis censé faire constamment la volonté de ma femme ; alors, je lui persuade, sans dire un seul mot, qu'elle s'est constamment amuséedepuis six heures du soir, époque de notre diner et de sa toilette, jusqu'à onze heures du matin, heure à laquelle nous nous levons.

— Ah ! monsieur, quelle reconnaissance ne vous doit-elle pas pour une vie aussi pleine!...

— Je n'ai dune plus guère que trois heures dangereuses à passer; mais n'a-t-elle pas des sonates à étudier, des airs à répéter?... N'ai-je pas toujours des promenades au bois de Boulogne à proposer, des calèches à essayer, des visites à rendre, etc. ?

li Ce n'est pas tout. Le plus bel ornement d'une

femme est une propreté recherchée. Ses soins, à cet égard, ne peuvent jamais avoir d'excès ni de ridicule : or, la toilette m'a encore oiïcrt les moyens de lui faire consumer les plus beaux nionienls de sa journée.

— Vous êtes digne de nrentcndre!...m'écriai-jc. ICh bien, monsieur, vous lui mangerez quatre heures par jour, si vous voulez lui apprendre un art inconnu aux plus recherchées de n(js i)etites-maltresses modernes ! Dénombrez à madame de V" les étonnantes précautions créées par le luxe oriental des daines romaines. Nommez-lui les esclaves employés seulement an bain chez rimpératrice Poppée : les (Jnctores , les fn'caloies , les AUpilariij les Dropaclstce, les Paratiltriœ , les Picatrices, les Tracfaln'ces, les essuyeurs en cygne, que sais-je !... Entretenez-la de celte multitude d'esclaves dont Mirabeau a donné la nomenclature dans son Erotika liibUon. Pour peu qu'elle essaye à remplacer tout ce monde-là, vous aurez de belles heures de tranquillité, sans compter les agréments personnels qui résulteront pour vous de l'inqjortatiun dans votre ménage du système de ces illustres Romaines, dont les moindres cheveux, artistement disposés, avaient reçu des rosées de parfums; dont la moindre veine semblait avoir conquis un sang nouveau dans la myrrhe, le lin, les parfums, les ondes, les (leurs, le tout aux sons d'une musique voluptueuse.

— Eh, monsieur, reprit le mari, qui s'échauffait de plus en plus, n'ai-je pas aussi d'admirables prétextes dans la santé? Cette santé si précieuse et si chère me permet de lui interdire toute sortie par !e mauvais temps, et je gagne ainsi un quart de l'année. Et n'ai-je pas su introduire le doux usage de ne jamais sortir l'un ou l'autre sans aller nous donner le baiser d'adieu, en disant : Mon bon ange, Je sors?

i; Enfin, j'ai su prévoir l'avenir, et rendre pour toujours ma femme captive au logis, comme un conscrit dans sa guérite!... Je lui ai inspiré un enthousiasme incroyable pour les devoirs sacrés de la maternité.

— En la contredisant? demandai-je.

— Vous l'avez deviné !... dit-il en riant. Je lui soutiens qu'il est impossible à une femme du monde de remplir ses obligations envers la société, de mener sa maison, de s'abandonner à tous les caprices delà mode, à ceux d'un mari qu'on aime, et d'élever ses enfants...

<: Alors elle prétend qu'à l'exemple de Caton, qui \oulait voir comment la nourrice changeait les langes du grand Pompée, elle ne laissera pas à d'autres les soins les plus miimtieux, réclamés par les flexibles intelligences et les corps si tendres de ces petits êtres dont l'éducation commence au berceau.

PHYSIOLOGIE DU MAIUAGE.

i: Vous comprenez, iDonsicur, que ma diplomatie conjugale ne me servirait pas à grand'chosc, si, ,iprès avoir ainsi mis ma femme au secret, je n'us;iis pas (Fun machiavélisme innocent, qui consiste 1 l'engager periiétucllement à faire ce qu'elle veut, ,i lui demander son avis en tout et sur tout.

H Comme cette illusion de liberté est destinée à tromper une créature assez spirituelle, j'ai soin de tout sacrifier pour convaincre madame de V''* qu'elle est la femme la plus libre qu'il y ait à Paris ; et, pour atteindre à ce but, je me garde bien de commettre ces grosses balourdises politiques qui ecliappent souvent à nos ministres.

— Je vous vois, dis-je, quand vous voulez escaiiioler un des droits concédés à votre femme par la charte, je vous vois prendre un air doux et mesuré, cacher le poignard sous des roses, et, en le lui plongeant avec précaution dans le cœur, lui demander d'une voix amie : «( Mon ange, te fait-il mal? )> Comme ces gens sur les pieds desquels on marche, elle vous répond peut-être : « Au contraire! »

Il ne put s'empêcher de sourire et dit :

— Ma femme ne sera-t-elle pas bien étonnée au jugement dernier?

— Je ne sais pas, lui répondis-je, qui le sera le plus de vous ou d'elle.

Le jaloux fronçait déjà les sourcils, mais sa physionomie redevint sereine quand j'ajoutai :

— Je rends grâce, monsieur, au hasard qui m'a procuré le plaisir de faire votre connaissance. Sans cette conversation j'aurais certainement développé moins bien que vous ne l'avez fait quelques idées qui nous étaient communes. Aussi vous deman- (lerai-je la permission de mettre cet entretien en lumière. Là où nous avons vu de hautes conceptions politiques, d'autres trouveront peut-être des iionies plus ou moins piquantes, et je passerai pour un habile homme aux yeux des deux partis...

Pendant que j'essayais de. remercier le vicomte (le premier mari selon mon cœur que j'eusse rencontré), il me promenait encore une fois dans ses appartements, où tuut paraissait irréprochable.

J'allais prendre congé de lui, quand, ouvrant la porle d'un petit boudoir, il me le montra d'un air qui semblait dire :

— Y a-t-il moyen de commettre là le moindre désordre que mon œil ne sut recoimailrc?

Je répondis à celte muette interrogation par une de ces inclinations de tête que font les convives à leur amphitryon en dégustant un mets distingué.

— Tout mon système, me dit-il à voix basse, m'a été suggéré par trois mots que mon père enlendit prononcer à Napoléonen plein conscild'Elal, lors de la discussion du divorce. — L'adtil/èrc, s'écria-t-il, est une affaire de canapé! Aussi, voyez!

J'ai su transformer ces complices en cspiuns, ajouta le maître des requêtes en me désignant un divan couvert d'un Casimir couleur thé, dont les coussins étaient légèrement froissés. Tenez , cette marque n'apprend que ma femme a eu mal à la tête et s'est reposée là...

Nous fîmes quelques pas vers le divan, et nous vîmes le mot — SOT — capricieusement tracé sur le meuble fatal par quatre

De CCS je ne sais quoi, r(iriine amanlc lira Du verger (le Cypris, laliyrinllie des fées, El qu'un duc aulrefois jugea si [)récieux Qu'il voulut riionorer d'une chevalerie, Illustre et noble confrérie Moins pleine d'Iioinnies (pie de dieux !

— Personne dans ma maison n'a les cheveux noirs !... dit le mari en pâlissant.

Je me sauvai , car je me sentis pris d'une envie de rire que je n'aurais pas facilement retenue.

Voilà un homme jugé!... me dis-je. Il n'a fait que préparer d'incroyables plaisirs à sa femme, par toutes les barrières dont il l'a environnée.

Cette idée m'attrista. L'aventure détruisait de fond en comble trois de mes plus importantes Méditations ; et l'infaillibilité catholique de mon livre était attaquée dans son essence J'aurais payé de bien bon cœur la fidélité de la vicomtesse de V'*, de la somme dont bien des gens eussent voulu lui acheter une seule faute. 3Iais je devais éternellement garder mon argent.

En effet, trois jours après, je rencontrai le maître des requêtes au fo}er des Italiens. Aussitôt qu'il m'aperçut, il accourut à moi. Poussé par une sorle de pudeur, je cherchais à l'éviter; mais, me prenant le bras :

— Ah! je viens de passer trois cruelles journées!... me dit-il à l'oreille. Heureusement, ma femme est peut-être plus innocente qu'un enfant baptisé d'hier...

— Vous m'avez déjà dit que madame la vicomtesse était très-spirituelle..., répliquai-je avec une cruelle bonhomie.

— Oh! ce soir, j'entends volontiers la plaisanterie; car ce matin, j'ai eu des preuves irrécusables de la fidélité de ma fennne. Je m'èlnis levé de trèsbonne heure pour ache\er un travail pressé... En regardant mon jardin par distraction, j'y vois tout à coup le valet de chambre d'un général, dont l'hùtel est voisin du mien, grinq)erpar-dessus les murs. La soul)rette de ma femme, avançant la tèle hors du vestibule, caressait mon chien et protégeait la retraite du galant. Je prends mon lorgnon, je le braque sur le maraud... des cheveux de jais!... Ah! jamais face de chrélien ne m'a fait plus de plaisir à

PHYSIOLOGlii Dr MARIAGI-.

voir!... -Mais, coimnc vous tlo\('Z le croire, «iaiis la journée h;s treillages ont été arrachés.

i; \insi, mon cher monsieur, reprit-il, si vous vous mariez, mettez votre chien à la cliainc, et semez des fonds de bouteilles sur tuus les chaperons de vos murs...

— Madame la vicomtesse s'est-elle aperçue de vos inquiétudes pendant ces trois jours-ci?...

— Me prenez-vous pour un enfant? dit-il en haussant les épaules Jamais de ma vie je n'avais été si gai.

— Vous êtes un grand homme inconnu!... in'écriai-je, et vous n'êtes pas. .

Il ne me laissa pas achever ; car il disparut en apercevant un de ses amis qui lui semblait avoir l'intention d'aller saluer la vicomtesse.

Que pourrions-nous ajouter qui ne serait une fastidieuse paraphrase des enseignements renfermés dans cette conversation? Tout y est germe ou fruit.

Cvso

MÉDITATION XYII.

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