XXXIV NOTICE HISTORIQUE
tive des états de la province, et d'avance il en nomma le président; ce fut M. dePompignan, archevêque de Vienne; de l'autre, persistant dans la voix de l'intimidation, il faisait filer des troupes vers Grenoble, et envoyait l'ordre au commandant de la province de faire enlever avec éclat quelques gentilshommes des plus influens.
La chute de M. de Brienne, et le renvoi de M. de Lamoignon empêchèrent que cet ordre ne fût exécuté; la nouvelle d'un si important événement se répandit bientôt; la joie fut vive ; les parlementaires revenus à Grenoble, de leur exil, y furent reçus avec des démonstrations qui tenaient du délire, après avoir traversé la province au milieu des populations accourues sur leur passage ; et plus tard la rentrée du Parlement se fit avec un grand éclat.
Cependant, les trois ordres se disposaient à remplir les engagemens contractés à Vizille; ils se réunirent à Saint-Robert, le 1er septembre, jour qu'ils avaient fixé pour la prorogation, et là ils déclarèrent qu'ils se transporteraient à Romans le 5 septembre suivant; ils s'y rendirent en effet. La noblesse s'y trouva en corps ; le clergé fut représenté comme il avait désiré l'être, c'est-à-dire d'après les formes indiquées par l'arrêt du conseil ; les communautés qui avaient envoyé des députés aux assemblées des trois ordres, furent représentées par eux.
SUU RAIINAVE. XXXV
La première réunion eut lieu le 10 septembre. On s'occupa de rédiger un projet pour une nouvelle formation des états ; on voulut d'abord délibérer par ordres séparés, mais on s'aperçut bientôt que cette séparation détruirait l'harmonie, et on convint de délibérer désormais en commun. Il fut arrêté que les états se composeraient de 144 membres, c'est-à-dire 72 des deux premiers ordres et 72 des communes ; que ceux-ci seraient choisis dans les chefs-lieux de six districts différens, par les représentais de toutes les communautés du district , librement élus eux-mêmes par tous les habitans payant 6 livres d'imposition réelle; que les députés des villes seraient nommés par les propriétaires et par les syndics de toutes les corporations ; que ceux de la noblesse le seraient par tous les nobles de chaque district , assemblés devant un syndic, et que ceux du clergé seraient choisis par leurs pairs dans les diverses classes de cet ordre ; — Enfin, il fut arrêté que le clergé, la noblesse et les communes s'assembleraient pour nommer dans les formes et avec les qualités ci-devant prescrites, un nombre de représentans égal à celui des états et que tous réunis, éliraient, par la voie du scrutin, ceux qui seraient députés aux états-généraux, lesquels pourraient être choisis, au gré des électeurs, soit parmi les membres des états, soit parmi les autres citoyens, pourvu que tous fussent propriétaires