‹ Œuvres de BarnaveChapitre 24 sur 56 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Ce qui produit la forme des Gouvernement •

La volonté de l'homme ne fait pas les lois : elle ne peut rien, ou presque rien sur la forme des gouvernemens. C'est la nature des choses, le période social où le peuple est arrivé, la terre qu'il habite, ses richesses , ses besoins, ses habitudes , ses mœurs, qui distribuent le pouvoir ; elles le donnent, suivant les temps et les lieux, à un, à plusieurs, a tous, et le leur partagent en diverses proportions. Ceux qui sont en possession du pouvoir par la nature des choses, font les lois pour l'exercer et pour le fixer dans leurs mains ; ainsi les empires s'organisent et se constituent peu à peu, les progrès de l'état social créent de nouvelles sources de puissance, altèrent les anciennes, et changent la proportion des forces. Les anciennes lois ne peuvent alors subsister long-temps; comme il existe par le fait des autorités nouvelles, il faut qu'il s'établisse de nouvelles lois pour les faire agir, et les réduire en système. Ainsi les gouvernemens changent de forme quelquefois par une progression douce et insensible, et quelquefois par de violentes commotions.

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Parmi les différentes bases sur lesquelles le pouvoir peut être établi , il en est trois principales dont l'influence domine toutes les autres, et qu'il importe surtout d'étudier , savoir : 1° la force armée, ou le commandement militaire ; 2° la propriété; 3° l'empire de l'opinion. Ce sont ces puissances naturelles qui, quelquefois réunies, quelquefois opposées, servent à constituer les gouvernemens.

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