‹ Œuvres de Barthélemy et MéryChapitre 27 sur 79 · L'ARGHEVÊCUÉ ET LA BOURSE · texte numérisé non relu

L'ARGHEVÊCUÉ ET LA BOURSE

Des Pairs, des Députés, jésuites eland^ins,

Tous unis en conseil, maîtres de nos destins.

De là, vers quatre points, la circulaire saidte

Prenait son vol, timbrée aux armes d'Hyacinthe,

Et da sein de Paris jusqu'aux derniers hameaux

L'arbre théôcratique étendait ses rameaux.

Pais la foudre brisa Tarbre jusqu'à la tige,

Les tours du grand vaisseau perdirent leur prestige;

Le boulet de la Grève, au dernier jour des trois.

Abattit sur ces mâts le drapeau de la croix. *

Et Quélen disparut. Le vent de la victoire

A changé son beau parc en désert promontoire ;

Ce palais fastueux, ce mystique jardin.

N'est plus qu'un champ public où passe le mondain.

Eh bien I après Juillet, une ligue nouvelle Dans un temple profane à nos yeux se révèle ; Cet occulte pouvoir, exclu de l'Ëvèché, Dans la nef de la Bourse aujourd'hui s'est caché ; Sous l'habit des Colbert que l'égoïsme endosse La Banque a remplacé Torgueilieux sacerdoce ; Des hymnes, des sermons, des croix, des bénitiers Nos froids agioteurs se sont faits héritiers. Sur cette place neuve où s'engloutit la foule Qui du quartier Yivienne au boulevart s'écoule. Voyez ce temple grec aux angles déjà gris,

* Yoici on hit que je n'ai tu cité nulle part , et dont j'ai été le té-* moin ; il caractériae très bien la glorienae étoarderie du peaple dans lea entr'acteë des combats des trois-jours. Quand les canons de la Grève fnrei^toaibés aux mains des Parisiens, une pièce fbt chargée ft boulet et pointée par nn amateur d'occafion sur lé drapeaa blanc qui flottait encore le ag sor la tonr vexiUaire de liotre^Dame ; le blanc ne fat pat tonché , qpoiqne la pièce eàt été admirablement servie , car le boulet 8*încmsta sons la <k)ruicbe de la toar, quelques pieds trop bas. Là Qua» simodo actuel môntr» «ficorv nsx vkiitcim c« «tigttHite iiiMi^bfai*

Qui semble frûsonner sous le ciel de Paris ; Là, lorsque midi sonne au front de Tédifice, Le pontife Rothschild vient entonner l'office, Messe de Fagio que la yoiz des huissiers Colporte par versets aux lointains conlissiers; Les prêtres de Hammoui la foule délirante ' Chantent avec effroi le psaume de la rente, Et les agens de change, à Tautel du milieu. Notent sur leur missel les paroles du dieu : Des reports cahotés Thébraïque harmonie Roule sur les arceaux du temple dlonie ; C'est un tableau mouvant de tètes et de mains. C'est un fracas de voix et d'aboimens humains, De cris mystérieux, de blasphèmes, de râles. De sanglots étouffés sous les nefs latérales. Et tous ces bruits, frappant les sonores plafonds,. Proclament le triomphe ou la chute des fonds.

C'est là que le Pouvoir créa sa métropole,

Son culte hérésiarque et son nouveau symbole.

La plume du comptoir, sur un obscur feuillet.

Balance les destins du peuple de Juillet ;

Un ministre banquier, en apurant son compte.

Écrit dans son avoir ses recettes de honte ;

Sur les traites d'honneur qu'un grand peuple soiiscrit

Il laisse subsister le protêt qui flétrit ;

Tout est dans ses bureaux affaire de commerce :

Il escompte le sang que la Pologne verse.

Et pleurant ses deux fils comme une autre Rachel,

Pour ses vingt mille francs pardonne à don Michel.

Oh I plaignons le pays ! la jeune dynastie

A trouvé dans la Banque une autre sacristie ;

Absolu comme lui, comme lui peu guerrier.

L'archevêque Quélen s'incarne dans Périer :

L'ARCHEVÊCHÉ ET LA BOURSE. 18d

Périer, dans le sénat, d'un geste a fait éclore Les trois cents de Yillèle au masque tricolore ; Ceux-là, comme autrefois devant Rome à genoux. Pour voter ne vont plus consulter Frayssinous ; Leurs lèvres, chaque soir, ne baisent plus Tétole, Ils ont changé de temple, ils ont changé d'idole ; Le spectre de la baisse, apparu devant eux. Détermine d'un mot leurs bulletins douteux. Pauvre France ! toujours sur recueil suspendue, A l'encan du Parquet te voilà donc vendue I Des choses de l'honneur le Pouvoir négligent A confié ta gloire à des hommes d'argent, A des croupiers, tailleurs de la passe et la manque. Dont le cœur est ridé comme un billet de banque. Et qui tous font des vœux pour qu'à la fin du mois Varsovie en tombant fasse monter le Trois. Hais un espoir soutient la France, notre mère. Du règne des banquiers elle attend le brumaire ; Dès que la liberté saisira le timon.

Le sceptre sortira des tribus de Mammon.

A CEUX QUI RETOURNEOT.

Vous ne goûterez pas les fruits de la victoire, Tantales des combats, à l'héroïque vœu I Le vent frais de ce fleuve où vous brûliez de boire N'a glissé qu un moment sur vos lèvres de feu : Oubliez dans le Nord la liberté qui pleure ; Vers nos tristes foyers reprenez vos chemins :

Dès que votre haleine Tefileure, Le laurier triomphal échappe de vos mains.

D*armes et de soldats la Hollande épuisée Croyait d'une lévolte étouffer le levain ; Les marchands du Texel, les fils du ZoTdenée Semaient leurs bataillons aux portes de Louvatn. Déjà les cavaliers passaient au vol les fleuves. Les coursiers aspiraient la flamme des naseaux.

Mais devant vos trois couleurs neuves.

Ce peuple de castors est rentré sous les eaux.

Braves amis I qui sait où votre bond immense, Qui sait où votre vol eût porté nos drapeaux ? Faut-il si tôt finir, quand A tard on commence. Si tét vous endormir sur votre arme au repos? 0 regret! on dirait que le destin vous raille I Le doigt à la détente et la mèche an canon,

Vous auriez pu livrer bataille Le jour victorieux de Saint^Napoléon !

Eh bien I le frein glacé d'un vieillard diplomate Du coq, ami de Taigle, a retenu le vol ; Talleyrand, Philidor d'une armée automate, Vous a fait manœuvrer sur les cases du sol. Vous attendrez long-temps la fin de Tintermède ; Dans son cabinet froid l'égoïste au cœur sec,

Habile au jeu de Palamède, A pris nos fantassins pour des pièces d'échec.

Du moins, votre valeur, en naissant étoufiée, Laisse une trace encor sur le sol ennemi ; Vos mains ont abattu cet insolent trophée Sous qui, pendant quinze ans, notre gloire a gémi. C'est bien ; à l'avenir l'orgueilleuse Angleterre Ne paradera plus devant ce grand tableau,

Et de ce hochet militaire La chute a réjoui les morts de Waterloo.

A CEUX QVl RISTOURNENT. 191

Rassurez-Yons ; bientôt on tous fera justice ;

Il faudra bien un jour rappeler nos soldats ;

Ce baiser qui des rois consacre Tarmistice

N'est entre eux aujourd'hui qu'un baiser de Judas.

Vous vengerez un joq^ la liberté flétrie.

Et quand vous reviendrez de l'Adige ou du Rhin,

Vous aurez droit que la patrie Vous dresse, à votre tour, un monument d'airain.

Notre colonne ici ne doit pas rester seule ; Celle qui, confiée aux aigles triomphans. Garde sur son airain la grande armée aïeule» Nous demande une sœur pour ses nobles enfans ; Elle a raison ; il faut qu'un jour on vous burine Comme ces vieux héros tombés au Mont-Saint-Jean,

Et que la colonne Antonine Prenne place à côté de celle de Trajan I

UaSaàre du cautionnement de ^émésis a été ajoomée poar la seconde fois; elle est renyoyée apTendredi a 6 août, à la sixième chambre de police correctionnelle. , où Ton ]age les voleurs. Le renvoi a été demandé parle ministère pulsliis; M^GUrega «1 M* Barthélémy étaiei^t prêts à parler.

NOTES

Qui, digne •aoccfseor dn prélat de Grétefl, Aa monarque dévot présentait ion orteil.

Allusion à la conduite des chanoines de Créteil, lorsque Louis yil y surpris par la niùl , vint loger dans ce village , dont les habltans fournirent à ses dépenses. Les chanoines » regardant cette démarche du roi comme une atteinte aux privilèges de l'Église y résolurent de cesser l'office , si le roi ne remboursait la dépense. En effet, ils fermèrent leur église. Le roi s'informa du motif de cette clôture , et quand il le connut , il s'humilia devant l'exigence des chanoines et jura de payer.

. • . . Ce Tieox palais qn'abrlte Notre-Dame.

Où denx fois , dans nn an, la colère a passé.

Le 28 juillet 1830 , la multitude se porta sur l'archevêché , on elle ne commit cependant aucun dégât ; mais le 14 février 1831 , furieux de voir que l'on célébrait à Saint-Germain-l'Auxerrois une messe pour le duc de Berry, elle se rua une seconde fois sur le palais archiépiscopal , qui fut alors entièrement dévasté. Le 14 février était précisément un lundi gras; rien ne fut plus bizarre que cette émeute montée au plus haut point d'exaspération, et dans laquelle figuraient des gilles, des arlequins, des jeannots et des masques de toutes sortes. La gravité des dés<Nrdres rendit fort triste ce qui eût été si comique sans cela.

La circalaire sainte

Prenait son vol, timbrée anx armes d'Hyacinthe.

Hyacinthe est le prénom de monseigneur de Quélen.

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