‹ Œuvres de Barthélemy et MéryChapitre 26 sur 79 · L'ARCHEVÊCHÉ ET LÀ BOURSE · texte numérisé non relu

L'ARCHEVÊCHÉ ET LÀ BOURSE

AvAirr rère du peuple et du jaâte-milieii. Quand Charles-Dix régnait par la grAcé de Dieu, La crosse était un sceptre, et l'église dorée * Serrait dans son anneau la France réstaiurée; Alors régnait Quélen, {se yiyàce martyr. Ce prophète .insoîent de la chute de Tyr ; Temps heureux», où. TégUse, . aiqourdliui mOitaute, Promenait dans Patis sa bannière flottante. Et passait, comme nh roi qui veut être obéi. Avec ses châsses d'or et ses Agnm Oèi. L'humble tr<mpeau.de.Dieu, sur uae douUe file. De son luxe chi;étien éblouissait la ville ; Partout, dès le matin, le mobile arrosmr Mouillait le sable fin qui mène au rq[M)Soir ; . . Gomme un tapis jeté sur la dalle grossière . / Partout on étendait le gazon en poussière, . Edredon des jardins que nos municipaux : Cardaient pieusement aux pieds dies saints: troupeaux; Les Gobelins, ouvrant leurs arsenaux ^gothiques. Sur les cloisons de bois, .éphémères portiques, Sur Tautel du repos cousu de soie et d'or Jetaient la nudité d'Angélique et Hédor ; Les sbires de Hangin, les dévots Commissaires, Les Suisses huguenots, les royaux janissaires, Protégeant Dieu, chantaient les répons du Missel

De rtle Notre-Dame au lointain Carrousel. Puis venait, son camail de cygne sur Tépaale, Monseigneur de Quélen, vivatite métropole, Qui, digne successeur du prélat de Créteil, Au monarque dévot présentait son orteil. Et Torgueilleux pasteur marchait, tenant en laisse Ce limier de Compiègne usé par la vieillesse. Aussi le lendemain, quand, parfumé d'encens. Tout fier, tout enivré des triomphes récens. Arrivait dans Saint-Cloud le prélat faux prophète, * Le grand parc déchaînait ses cascades de fête ; Comme si du Thabor l'auréole avait lui, La décrépite Cour s'inclinait devant lui : Il fouillait le carton des archives secrètes ; Sa sagesse inspirait le Conseil aux sept tètes, De la Charte jurée il rompait le serment. Et glissait dans la loi l'esprit du mandement. Ainsi vivait la Cour, et le sénat docile Sous l'occulte pouvoir se changeait en concile : L'antre saint d'où partaient les ordres absolus, La secrète oflQcine ouverte aux seuls élus, L'atelier clandestin de la pieuse trame Était ce vieux palais qu'abrite Notre-Dame, Doux manoir, aujourd'hui désert et crevassé, Où deux fois, dans un an, la colère a passé. Là, venaient chaque soir, sous de frais vestibules. Tous les primats gaulois diq[>en8ateurs des bulles; Des vicaires obscurs, ceux qui, dans le saint lieu. Font, à deniers comptans, le commerce de Dieu; Des prêcheurs vagabonds, éditeurs de cantiques, . Semant du nord au sud leurs prônes politiques ;

* On n'oubliera jamais que M. de Qaélen a prédit dans des paroles claires , quoique mystiques ^ la destruction de Paris «t le triomphe des ordonnanotft.

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