‹ Œuvres de Barthélemy et MéryChapitre 50 sur 79 · XXXI · texte numérisé non relu

XXXI

Sat Priamo datum,

YI11GII.E.

Dans cette vaste arène où ton pied s'est lassé, Ce monde, où devant toi tant d'hommes ont passé, Jamais ton œil perçant ne me vit ; et peut-être Nul homme mieux que moi n'apprit à te connaître ; Excuse mon orgeuil : ton poétique nom Ëlectrisa ma vie à son premier chaînon ; Enfant, lorsque j'allais à la classe primaire Où le triste rhéteur m'enseignait la grammaire, Sur les bancs incisés par Técolier mutin, J'apprenais mot à mot ton livre clandestin. Seul dans ma Béotie, au matin de mon âge,*'' Je disais tes Martyrs, ton saint pèlerinage. Ton nom rebondissant que Técho répéta Du Cirque de Titus au pied du Golgotha ; Puis, sur ma chaude mer que tant de soleil dore. Je suivais en esprit la trirème d'Eudore ; Rêveur au flanc des monts, comme saint Augustin,

* Mes ftonscripteors voadront bien m'excuser si je transgresse anjonrd'hai mes obligations en leur donnant un supplément: rimportance da sujet m*y a forcé.

** La ville oà je sois né était béotienne à Tépoqae dont je parle ; elle est anjoard'hni ausdi éclairée qn^ancane antre ville de France ; an quart de siècle a opéré ce merveilleux cbangement.

38a NÉHËSIS.

Quand il pleurait aux chants du poète latin.

J'écoutais dans son vol rbarmonieuse fée

Qui t'emporta du cloître aux roseaux de TAlphée,

Cet esprit inconnu qui la nuit t'égara

Sous Tocéan à pic du grand Niagara.

Je disais à la vague à mes piçds expirée,

A la vague d'Anxur, de Jaffa, du Pirée :

As-tu dans l'orient suivi le pèlerin?

Suspendue en écharpe à sa quille d'airain,

Quand il chantait» le soir, voguant vers l'Ionie,

Secondais-tu sa voix de ta molle harmonie ?

Dans ton bruit d'algue verte et de cailloux mouvans,

Dans cet orgue étemel des rochers et des tente,

N'as-tu pas retenu, dans cette mélopée.

Quelque sublime note à son luth échappée?

Car depuis l'&ge antique où, sur toutes ces mers,

Homère allait semant ses hérmques vers.

Jamais tu ne portas de Corinthe en Asie

Un homme, un voyageur plus grand de poésie.

Oui, tu m'es bien connu : Je puis sous mes crayons

Peindre ton auréole avec tous ses rayons ;

J'ai compté les éclairs qui, pendant quinze années,

Ont ouvert, pour jaillir, tes rides basanées ;

Autour de ton soleil, roi de l'immensité.

Mon obscure planète a long-temps gravité;

J'entends le volcan sourd qui dans ton cœur résonne ;

Moi, qui ne vais m'asseoir au foyer de personne.

Que je t'étonnerais si, m'asseyant au tien,

Je te ciselais vif dans un long entretien !

Oh 1 sans doute, le jour qu'une invisible flamme.

Qu'un baiser te créa sur des lèvres de femme.

L'horizon était chaud, Tair d'un matin riant

Semait dans l'Armorique un parfum d'Orient,

A H. DE CHATEAUBRIAND. SSS

Et le gr&ve Océan, sut les dunes bretonneâ^ Interrompit son glai de plaintes monotones ; Aussi, quand ta parus dans ton vol triomphant^ Fils du Nord ! le Midi t'adopta pour enfant. Oh ! Dieu t'avait créé pour les sublimes sphères Où meurt le bruit lointain des mondaines aflbires; n te mit dans les airs où ton yol s*at4ma, Comme le grand Condor que vénère Lima : Oiseau géant, il fuit notre terre profane, Dans l'océan de Tair il se maintient en panne ; Là, du lourd quadrupède il contemple l'abri. L'aigle qui passe en bas lui semble un colibri» Et noyé dans Fazur comme une tache ronde. On dirait qu'immobile il voit tourner le monde. C'était là ton domaine, alors que, devenant Des huttes du Sachem sur le vieux continent. Tu t'élevas si haut d'un seul bond, que l'Empire Un instant s'arrêta pour écouter ta lyre ; Le monde des beaux-iarts i peine renaissant, Se débattait encor dans sou limon de sang ; Ce chaos attendait ta parole future ; Tu dis le fiât tux de la littérature.

C'était donc peu pour toi I pour tes ardentes nuits Ton règne de poète avait donc des ennuis 1 Quoi ! ta vaste pensée, éternel incendie, Consumait donc ta gloire à chaque instant grandie ? Ton ame insatiable aux choses du moment Redemandait toujours un nouvel aliment I Quand ton char eut touché la borne de l'arène, Tu voulus réunir dans ta main souveraine La palme politique à celle des beaux-arts : Comme 4'aigle qu'on peint sur l'écu des Césars, Dans l'un et l'autre monde enviant des conquêtes,

38i. NÉMÉSIS.

Vers un double avenir tu tournas tes deux tètes !

Hélas ! ce fut alors que changeant d'horizon

Tu descendis des cieux pour entrer en prison ;

L'aigle vint s'eiposer au perchoir d'une cage ;

Tu respiras la Cour et son plat marécage ;

Hais, trop grand pour marcher dans la loge des rois,

Au moindre de tes pas tu heurtais les parois ;

De crainte de subir le regard d'un Yillèle,

Ton front si radieux se repliait sous l'aile ;

Puis, si, te souvenant de ton vol colossal,

Noblement indigné d'un service vassal,

Tu poussais ce long cri de liberté sublime.

Ce cri qu'entendit Rome et qui frappa Solyme,

L'étiquette des Cours, à son étroit compas.

Mesurait ta parole et ne comprenait pas ;

Un ordre sec, parti d'une main inconnue,

Te rendait, pour disgrftce, à ta pauvreté nue,

Et sorti du château, sans pécule et sans don.

Le ministre déchu reprenait le bourdon.

Mais aussi, quelle erreur! tu poussais ta galère Entre le vent de Cour et le vent populaire ; Prenant à deux rivaux une part de terrain, Tu crus t'édifier un domaine serein.

Et servir, dans ce poste où l'intrigue se rue. Le maître de Saint-Cloud et celui de la me. Sans doute, en ce dessein, ton cœur si généreux. Si noble, ne rêvait que le bonheur pour eux ; Mais ce double triomphe, inouï phénomène. Dépasse le pouvoir de la faiblesse humaine : Tu fus homme, l'erreur offusqua ton esprit, Sur un chemin d'écueils le sommeil te surprit ; Tu parlas dans un songe, et tes sourdes paroles^ Annoncèrent des fers aux cités.espagnoles. . .

Dans ce funèbre jour où le pied te glissa,

Ta splendide auréole uii instant s'éclipsa,

Et Ton disait partout : C'est l'écume ternie

Qu'évapore en tournant le soleil du génie.

Le peuple sut te plaindre, il ne put oublier

Que dans mille tournois tu fus son chevalier ;

Ta gloire était flagrante, il s'est souvenu d'elle.

Même après ses trois-jours il te reste fidèle ;

Tu trouvas cepeirdant des égoïstes froids.

Des hommes au cœur sec, des ingrats.... qui? les rois.

Et tu viens, reprenant tes plaintes suspendues, Achate malheureux des royautés perdues, Apôtre du cercueil, défenseur du néant.

Tu viens jeter aux nains ton manteau de géant I Tu veux galvaniser des cadavres putrides. Nous demander pardon pour le fils des Atrides, Offrir Oreste enfant à cet autre Ilion Tout convulsif encor de sa rébellion ; Et ton candide cœur pense que sous son aile La France dormira dans la paix éternelle, Dans un avenir d'or; que ce roi de douze ans Fermera sans pitié sa porte aux courtisans ; Que ce Bourbon lancé dans une pure trace A force de vertus démentira sa race ; Que dans l'adulte roi les feux napolitains Pour un sérail futur sont à jamais éteints ; Que Barry, Montespan, Fontange ou La Vallière Ne domineront pas sa jeunesse écolière ; Qu'une Charte nouvelle introduite par toi Sera la seule vierge aux genoux de ce roi ; Qu'il ne passera plus, comme tous ses ancêtres. Du jupon féminin à la robe des prêtres, Et qu'il fera mentir, aux jours adolescens,

NÉHËSI9.

Le trio clérical qui Tallaita d'encms I

Quels garans dooneft^ta de sa Yertu future?

As-tu par tes leçons réformé sa oature T

Quelle sorcière, ainsi qu'au pontife romain,

A lu son horoscope aux lignes de sa main ? *

Nous, du moins, si trop tôt notre cœur se méfie

D'un jeune prince encore au matin de sa vie.

C'est que sans astrologue et sans magicien,

On peut savoir déjà quel chemin est le sien ;

Bien mieux que le grimoire ou la baguette ailée,

Le cercle du devin, la glace constellée.

Notre histoire de France a fait luire à nos yeux

L'image de l'enfant au miroir des aieux ;

Et de plus, celui-ci porte sur sa figure

La nerveuse pâleur de redoutable augure.

Un front tout rétréci vers un sommet aigu

Et l'œil des Florentins au regard ambigu.

Même avant d'entamer son existence amère,

Il a dansé neuf mois dans le sein de sa mère ;

Sa mère jeune et vive, au cœur évaporé»

Qui; secouant au bal son veuvage doré

Et s'épanouissant aux profanes délices.

Oubliait son époux tombé dans les coulisses.

Ah I si l'ancien Joas, l'hébraïque orphelin

Qui servait le grand-prètre en tunique de lin.

Qui, sous l'ombre de Dieu, dans la demeure sainte.

Coula ses premiers jours sans franchir son enceinte.

Si cet enfant pieux, dans l'âge reculé.

Put changer en plomb vil son or immaculé,**

Peux-tu, justifiant ta louange précoce,

* AUasion à Fadinirable tableaa de M. Schnalz, qui représente ane sorcière tirant l'horoscope de Sixte-Qaint en&nt.

** Comment en un plomh vil Vor pnr s'esi-il changé?

(Racine, Prophéties sor VHenri-Ginq de Jérusaleni.)

Garantir sur ta foi rËliacin d'Ëeo0se,

L'élève de Tharin dont la sainte vigueur

A mis en mandemens le credo du ligueur/

Le Joas de Saint-CIoud, qui dans sa jeune tète

A gravé pour toujours ses souvenirs de fête,

Ses arabesques d*or, de topaze, d*émail^

Ses cortèges moirés d'ôvéques en camail,

La cour de son aïeul transformée en concile.

Les airs efféminés des chantres de Sicile,

L'appareil enivrant de ce culte latin

Qui s'incruste à jamais dans tout cœur enfantin ?

Et pourtant tel qu'il est, tel qu'à l'heure virile

Il paraîtra vêtu de sa royale argile,

Grâce à ce titre saint de légitime roi,

La France le pourrait accueillir sans effroi,

Si, comme tu le dis, ce dogme politique,

La légitimité, fille de l'âge antique,

Était le seul pilier d'inébranlable appui

Qui soutienne sans fin l'état bâti sur lui ;

Mais cette fiction parles femmes rêvée

Tombe sous l'argument de la chose.prouvée :

Laissons la vieille histoire ; en quinze ans, que de fois

Le trône a secoué ses légitimes rois !

Ces antiques Bourbons, que leur droit de naissance

Avait faits, disais-tu, si stables de puissance.

Comme des voyageurs, logent dans un palais : **

Ces royaux pèlerins, de Brighton à Calais,

Depuis quatre-vingt-neuf jusqu'aux crises dernières,

A force dépasser ont laissé deux ornières.

* Qni ne se rappelle les mandemens faribonds d'intolérance jésnitiqne publiés par monseigneur Tharin, évéqoe de Strasbourg, préceptenr d'Henri-Cinq?

** On pourrait mettre maintenant à la porte des palais des rois légitimes ces transparens si connns dans Paris : là on loge à la nuit.

S88 NËMÉSIS.

Est-ce là ce repos, ce calme illimité Que donne aux nations la légituoté ?

Jamais déprédateurs de couronne ravie N'ont eu dans l'univers plus orageuse vie. C'est aujourd'hui surtout que ce vieux droit divin N'est plus qu'une vapeur, qu'un simulacre vain ; Ces vieilles royautés, vénérables de rides* Ces troncs d'arbres noueux qu'on croyait si solides Étalent sur le sol de longs rameaux épars, Gomme ceux que l'enfant sciait aux boulevarts. Et certes, si jamais un trône sur la terre Dut croire avoir assis sa base héréditaire. C'est celui qui survit en tes regrets amers, C'est celui dont la planche erre au-delà des mers ; Il avait tout pour lui : phalanges alignées, Canons qui font bondir les têtes désignées^ Bombes dont le fracas domine les tocsins. Hommes d'armes sans peur, dévoués fantassins, Sabres, fusils, obus aux flammes condensées, Terribles confidens des royales pensées : n avait tout enfin ; un soufiQe a tout détruit : A cet enseignement le peuple s'est instruit ; Il a vu que le dieu dont il fut idolâtre Sous un buste de bronze avait des pieds de pl&tre ; Son grand secret de force à la fin s'est trouvé ; Nous jugeons aujourd'hui ce que pèse un pavé : On compte à point précis, par un calcul d'estime. Le temps où doit sombrer le vaisseau légitime. Et l'on sait maintenant combien de temps il feut Pour que le peuple change un trône en échafaud !

Crois-moi» Chateaubriand, nul sage ne le nie, n n'existe qu'un droit : la force et le génie ; La légitimité, c'est ( un jour l'a fait voir )

La raison agissante installée an pouvoir.

Donc, bannis de ton cœur cette haute chimère,

Cet avenir d'un roi qui tette encor sa mère ;

Car ce vieux point d'honneur, vertu hors de saison,

Aux yeux d'un peuple libre est une trahison.

Puis, une vérité me reste encore à dire ;

Écoute jusqu'au bout ma courtoise satire :

Par un double démon ton esprit obsédé

Vers un but fixe et droit ne Ait jamais guidé ;

Avec ces deux instincts qui harcellent ton ame,

Ce zèle généreux qui pour les rois t'enflamme,

Ce populaire élan de si noble fierté

Qui ravit à ta bouche un cri de liberté ;

Avec ce double feu qui tour à tour t'inspire

Des regrets pour les lis et des vœux pour Tempire ;

Avec ces mots froissés dans ta magique voix

D'hommes libres, de serfs, de charte, de tournois,

De vieux monumens grecs, de saintes basiliques.

De royaumes éteints, de jeunes républiques.

Au siècle où la raison conseille les esprits.

Tu parles mieux qu'un homme et tu n'es pas compris :

Tes systèmes d'état se heurtent dans nos têtes ;

Il faudrait pour t'entendre un peuple de poètes ;

Ton politique rêve est au-dessus de nous ;

Devant ta langue d'or nous serons à genoux.

Nous entendrons tes chants comme cette harmonie

Que versait Ossian dans la Calédonie.

Étoile sans déclin, sois le Chateaubriand

Qui se leva si pur au splendide Orient ;

Dans les publics débats, sublime pamphlétaire.

Jusqu'à de meilleurs jours ta bouche doit se taire ;

Prends la cithare d'or du Carmel et de Tyr,

Le luth de Velléda, d'Eudore le martyr.

Sur nos pages de deuil, par le chagrin ridées,

200 NËMÉSIS.

Verse tout TocéaB de tes fraîches idées ; Homme heareuxl si nouveau, si jeune à soixante ans ! Ressaisis ce laurier que conquit ton printemps, Et ferme, ayec tes mots dont l'oreille est ravie, Le cercle étincelant d'une » pleine vie I

NOTES

Un ordre sec parti d*nne main inconnue Te rendait f poor disgrâce, à ta pauvreté nue.

Lorsque , sous M. de Yîllèle y le portefeuille des affaires étrangères fut ôté à M. de GhâteaubriaDd , on donua à peine à Til- Instre disgracié le temps de vider les lieux. M. de Chateaubriand, en quittant son hôtel y n'écrivit à M. de Villèle que ce peu de mots : Je pars ; maintenant le ministère est à vos ordres. En effet, le départ de M. de Chateaubriand , si souvent opposé aux volontés du président du conseil, laissait le ministère tout entier sous rinfluence de M. Yillèle.

« . . . • Tes sonrdet paroles

Annoncèrent des fers aux cités espagnoles,

M. de Gbftteaubriand ayant rempli les fonctions de ministre plénipotentiaire au congrès de Vérone, où fut décidée la guerre d'Espagne , on doit croire qu'il ne fut pas opposé à cette détermination, ou, du moins, qu'il l'approuva dans toutes ses conséquences.

Le trio clérical.

MM. de Latil, archevêque de Reims, Tharin, évéque de Strasbourg, précepteur du prince, et Frayssinous^ évéque d'Hermopolis.

Gonune ceux que Penfeint sciait aux boule varts.

Dans les trois journées de Juillet , des enfans s'occupaient , au milieu des balles, à scier les arbres des boulevarts , pour en former des barricades.

Jam proximus ardet.

TiRGILS.

Vous aussi, nobles ducs, comtes héréditaires, Baronnets, qui chassez le renard sur vos terres, Descendans orgueilleux des antiques Saxons, Vous vous êtes instruits à de hautes leçons. Méditez bien ceci ! l'heure n*est que remise : Vos châteaux si hautains qui longent la Tamise Peuyent, un jour, rasés à niveau de terroir, S'abîmer dans cette eau qui leur sert de miroir. Méditez I car le ciel, pour l'instinct des tempêtes. Vous donna des cœurs froids avec de calmes têtes. Vous avez jusqu'ici, d'un dédaigneux orgueil. Repoussé les conseils du prolétaire en deuil ; En vain, pour vous prouver que votre île s'allume, Manchester a vingt fois retenti sur l'enclume ; n fallait que Bristol, pour argument nouveau, Sur vos tètes de plomb fît tomber son marteau. EfTroyable début ! terrible Jeu de Paume ! Ce choc a rebondi sur le triple royaume, Et ce long contre-coup doit rebondir encor Aux comptoirs du Bengale et de Chandemagor. Désormais, qu'on s'attende à des œuvres hardies D'un peuple qui procède avec des incendies,

Qui, poar faire voir clair aux mylords délinqaans,

Présente sa requête aux lueurs des volcans.

L'entendez-yous mugir, l'incendiaire mine ?

Comme un bivac de mer la côte s'illumine ;

Hurlant au sein des nuits son populaire vœu,

La ville se revêt d'une robe de feu ;

On dirait que Bristol, embrasant sa ceinture,

Pose devant Martin,* Byron de sa peinture.

Un immense reflet resplendit sur nos ports :

Jamais punch allumé sur la table des lords,

Fournaise d'alchool avec ses flammes vives,

Ne s'éleva si haut sur le front des convives ;

Quelle orgie I admirez I.... la ville de Bristol

Transforme son enceinte en gigantesque bol ;

Elle jette à la rue où le pavé pétille

Tout le rhum qu'exprima la généreuse Ântille ;

Et la cité bacchante, ivre jusqu'au matin,

Prend pour lit de repos sa coupe de festin.

Voilà comment ce peuple, ami du ministère.

Voulut porter un toast à la vieille Angleterre I

Anglais, ce toast suffit : pour purger l'horizon.

Malheur à l'insensé qui brûle sa maison I

Du livre de Juillet sublimes plagiaires,

Repoussez comme nous les feux incendiaires ;

Le temps viendra sans doute où vos représentans

Vous donneront les biens attendus si long-temps.

Le monde applaudira : de son froid mausolée

L'ombre de Sheridan sortira consolée ;

Oui, votre âge de fer est peut-être fini.

Votre sol épuisé doit être rajeuni :

Les grands tiennent encor vos fronts sous leur sandale,

La terre qu'on dit libre est encor féodale ;

* Peintre aoglais dont le nom est populaire à Paris , et qoi attriste , avec aes Diniel et ses Sardanapale, la gaieté de nos booleyarts.

Cette terre où l'orgueil garde ses arsenaux Porte comme Cybèle un casque de créneaux ; Attendez : ces créneaux dont l'orgueil se décore Combleront le fossé qui nous sépare encore ; Un jour, sur les débris des gothiques palais Vos matelots à pied marcheront vers Calais. Allez, pleine justice un jour sera rendue, La leçon de Bristol ne sera pas perdue ; Westminster a pâli ; votre cri solennel Est tombé de Saint-Paul sous l'arceau du Tunnel ; Aux oreilles des lords c'est un bourdon qui tinte ; La flamme de Bristol ne sera pas éteinte. Ce phare dont le feu si long-temps vacilla Sur les rocs aboyans où s'engoufiFre Scylla, De sa massive tour le temps l'a fait descendre ; Aboukir ne voit plus le phare d'Alexandre, Mais celui que Bristol alluma sur l'écueil Doit éternellement épouvanter l'orgueil ÎH

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