AU PAPE. W
Conservatoire impar et nMiidaine iiarmofiiet
Profane maséum où chaque pîédestai
Expose ponr statae un péché capital ;
Ce palais du pèd»ur et sa riche coupole.
Où l'orgueil clérical fanda sa métropole ;
Partout flotte et i^épand, sur cette autre Sion,
Le fétide parfum de la corruptkm»
Au milieu des vapeurs de cet empire immonde,
Tu te révèles, toi, dieu terrestre du moade ;
Ton despotisme plat, par qui tout se détruit.
Est uu glaive de plomb : il égorge saaa bruit.
Tu n'as pas conservé, soos ta loudie paupére» ^
Le dévorant regard des successeurs de Pierre;
Imbécile vieiHard, en vain tu t'es assis
Dans la chaire d'Urbain et d'Alexandre-Six,
Aux pontifes géaos de notre moyen-4ige
Tu n'as pris que la soif de l'or et du carnage ;
Tu ne vas pas comme eux, ceignant le glaive aux reinsv
Affronter sur un char des sujets que tu crains,
Et broyant les vaincus comme de mûres gerbes,
Pardonner aux soumis et dompter les superbes ;
Toi, du glaive de Paul armant des assassins,
Tu bois du sang, couché sur tes riches coussins ;
Le César Borgia qui te sert de vicaire.
Le sanglant Albani, ce cardinal sicaire.
En traversant le pont du château d'Adrien,
Ne dit plus aux Romains : Je suis César ou rien ;
* Le tableau de M. Horace Yemet nous a appris an dernier salon que le pape a dan» les yeux cette infirmité qoi, da temps de Martial, était déjà à Rome l'emblème de Thypocrisie.
Zumine Itesus,
Rem magnam prtettat^ ZoUe^ si bonus es.
(Martial.)
** Devise des Romains, Parcere suhjectis et debellare superhos» *** Cœsar atU nihil: c'est par ce cri que César Borgia répondit aux
fm NEMESIS.
C'est un valet obscur sans auré<de antique, Qui distiOe du sang à son creuset mystique ; Un prêtre cauteleux qui d'un sourire faux Ne pardonne qu'aux morts pendus aux échaGsuds, Bénit leur tombe ouverte et, sembbible à Thyène, Promène sur les corps sa langue italienne. Inflexible despote, il est digne de toi : C'est ainsi que tu suis la charitable loi Se celui qui naquit sous un bercewi de chaume ; Qui dans cet univers n'avait point de royaume ; Qui, de la charité cumulant les fardeaux. Rapportait au bercail les brebis sur son dos. 0 pape glorieux ! tes œuvres sont bénies ; Ton nom latin prendra sa place aux litanies. L'église doit te mettre au rang des saints élus, Sans attendre pour toi les cent ans révolus! * Déjà, de ton vivant, les miracles dociles Abondent à ta voix sans l'aide des conciles ; Ton anneau de pécheur, bague du Vatican, Au signe de ton doigt se transforme en carcan ; Le bâton pastoral qui calme les tempêtes Est la masse d*airain qui fracasse les têtes. Et, sur l'écn béni de ton riche blason. Les clés de paradis sont deux clés de prison. Et puis tu te plaindras quand l'Italie esclave Entrera révoltée au tripot du Conclave, Jettera tout d'un bloc» dans l'égout des Tarquins, Moines, abbés, prélats, jésuites, franciscains, Et tressant un lacet des cordons de l'étole,
acclamations da peaplf , en traversant snr son char triomphal le pont da çhâtean Saint-Ange {moles Jdriani).
* D'après les règles canoniques, nn saint ne pent obtenir la canonisation qne cent ans après sa mort; ce n'est qne par privilège extraordinaire qu'on peut devancer ce terme.
AU PAPE. kW
Pendra tes cardinaux aux gonds du Capitole ! Oh ! le jour où la croix que profane ta main Tombera sans retour du piédestal romain ; Que Saint-Pierre, étalant sa coupole brisée. Servira de pendant à l'ancien Colisée, Et que la main de fer du vieux Transteverin "^ Fondra pour son budget mille cloches d*airain; Ne va pas sur ces maux faire un long commentaire. Accuser Tathéisme, ou Raynal, ou Voltaire ; Ne sois pas oublieux de ton règne assassin, Découvre ta poitrine et frappe-tor le sein ; Ce beau culte chrétien qui dans Rome réside, S*il doit périr un jour, c'est par un suicide ; Ce règne d*Anté-Christ, Dieu te le réserva ; Ainsi ce que n'ont pu les Dèce, les Nerva, Les Néron, les Titus, les Trajan, les Galère, Après dix-huit cents ans un pape doit le faire. Et tu n'y songes pas, pontife ! tu t'endors Sous le calme lambris de tes frais corridors ; Au lieu de conjurer forage qui commence. De lier le pécheur au joug de ta clémence. Et de faire tomber, avec des mots d'oubli, L'hysope du pardon sur Césène et Forli ; Prêtre machinateur de sanguinaires ruses. Tu t'es donné pour chef aux brigands des Abruzzes ; Tes enfans, criminels pour réclamer leurs droits. Ont trouvé la potence aux deux bras de ta croix ; Du pieux Vatican l'arsenal symbolique S'est fait matériel sur la place publique: Cette fois, à la grâce opposant des refus. Les foudres de l'Église ont trouvé des affûts ; Le gonfanon papal, promené dans les rues,
* Les Tnnsteverins forment à Rome une classe de peuple qni prétenci descendit des anckns Romains.
A, pour rœayre du ciel, ettrAlé des recrues ;
Régimens écunés dans les Marais-PoatiDit,
Des vêpres de Gésèue odieux SBcristainSv
Ils ont défilé tou» aux yeux de SaintHAulaîie ;
Et quels soldats 1 Jamais sentine de galère.
Ou chaîne de forçats défilant deux à deux.
Sur le chemin d'un port n'en vit de plus hideux :
C'étaient des spadassins qui portent sur leorfttce
Ce teint cadavéreux que nul soleil n'efiace ;
Des rettres vagabonds, de ]M aventuriers,
Qui, sur les grands chemins, vont eueittir des lauriers;
Des héros vendéens, experts aux embuscades ;
Des Suisses, tout brAlés du feu des barricades ;
Des bravi redoutés, de Calabre venus.
Sur la pointe des rocs bondissant à pieds nus ;
Des bandits qui, chargeant Tespingole assasmue;
Attendent les milords de Naple à Terracine ;
De sauvages brigands armés de coutelas,
Des sigisbés vieillis, des gitons de piélats.
Posthumes héritiers des cinq villes maudites.
Pour les chances des nuits hhieux hwmaphrodkes ;
Voilà ceux que le pape en style oiBciel,
Dans Rome a proclamés les défenseurs du del ! 1 1
Ohl c'est trop!... Quami le chef de l'Égltse cbrétaeime
Cherche aux foyers du crime un bras qui le )M>utienne;
Lorsque, pour susciter à son Christ des vtogiHurst
Il fait un pacte infâme avec les égorgeurs,
La chaire de Saint-^Pierre est à jamais dissoute.
De la papauté morte on peut chanter l'absoute ;
Le vieux château qui porte un ange aérien
Peut reprendre son nom de Hasse-^' Adrien;
Tout est fini dans Rome : une voix bien connue.
Comme aux antiques jours tonnante sous la nue,
Après les dieux d'Olympe expulsant Jéhova,
AU PAPE. kit
Fait entendre ce cri funèbre : Dœn s'en va ! ! !
C'est toi, pAIe vieillard, aux regards hypocrites» Qai dois justifier ces paroles écrites ; Partout la terre tremble et révèle ua volcan : Crains les ides de Har», César du Yatican ! I !
413 NÉMÉ8IS.
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NOTES
Tons lai an» une foi«, Saint-Père, tu les chantaa Un vandredi da mars , devant Tantel Sixtin.
Les prières da Vendredi - Saint se font à Rome à It chapelle Sixtine» où se troare le beau ubleau de Michel - Ange , représentant le Jugement dernier.
Qa*eat devenu ce temps où llinmble MarceUin.
C'est sous le pontificat de Marcelliu qu'éclaU la cruelle persécution de Dioclétien , qui inonda la terre de sang et qui fit tant de martyrs.
La pontife, étranger aux profanea débats,
Ne prenait que la mort dans les biens d'id'baa.
Tous les premiers papes ont été martyrs.
Voyex oe Vatican
Gonsenratoire impnr de mondaine barmonie.
Allusion aux nombreux soprani qui fourmillent dans les églises de Rome , créatures incomplètes préposées aux louanges du Créateur qui , du moins , les avait faites à l'égal de toutes.
Césène et ForIL
Yilles révoltées*
Tn t'es donné pour cbef anx brigands des Abmzzes.
Les soldats des Abruzzes sont des condamnés que Ton a am< nlstiés et enrégimentés aux ordres du pape.