‹ Œuvres de Barthélemy et MéryChapitre 66 sur 79 · AU PAPE · texte numérisé non relu

AU PAPE

Une nuit, THuimme^IHèa qu'ici ta reprénentes,

Après nne agonie et des douleurs cuisantes,

Se leva sur la pierre, inondé de sueurs :

Le jardin se teignait de rougëàtres lueurs,

La voix de rassàssin, le4er du satèlHte,

Lui révélaient de loin l'émeute Israélite ;

Elle venait, cherchant dans son dernier chemin

Le Juste qui devait mourir le lendemain.

Que fit le Christ? il but son calice d'absinthe ;

Et pourtant il avait^ sous la colline sainte.

Des disciples zélés dont l'immense concours

Le suivait au désert, vivant de ses discours ;

Eh bien I sous l'oUvier quand Thehre triste sonne,

Au secours de sa vie it n'appelle personlie.

D'une agape de paix il baise son bourreau.

Dit à Pierre : « Remets lé glaive en son fourreau ; »

La suprême parole à sa bouché échappée

Maudit rhomme de sang qui se sert de l'épée.

Et, bon pasteur des Juifs et des Pharisiens,

Pour épargner leurs jours il va donner les siens.

Ces scènes de douleur, ces paroles touchantes. Tous les ans une fois, Saint-Pierre, tu les chantes Un vendredi de mars, devant l'autel Sixtin ; Mais par malheur pour toi leur texte est en latin :

406 NËHÉSIS.

C'est un poème heareux fait sar une agonie. Un opéra fécond en effets d*harmonie, Qu'en féminins accords tes ennuques décens Portent vers la coupole avec des flots d'encens. Ah ! si tu connaissais, pontife de rÉglise, Cet Evangile saint qu'il faut que chacun lise ; Ce livre que traça, sous l'œil même de Dieu, La main de Jean, de Luc« de Marc et de Mathieu; Si tu méditais bien ces quatre Tite-Lives Dans leur simple récit du jardin des Œives, Résigné sans murmure aux maux que tu subis^ Tu donnerais ton sang pour sauver tea brebis, Tu dirais à ton dieu, d'une bouche chrétienne : c( Que votre volonté soit faite et non la mienne I » Mais» hélas ! aujourd'hui FÉvangile est pour toi Comme une Charte pure entre les mains d'un roi ; Évangile ! si l'homme a pu te méconnaître, C'est toujours dans la ville où le ciel te fit nattre ! Qu'est devenu ce temps où l'humble Mareellin Attachait à son front la tiare de lin ; Où, pour manteau papal, revêtant le suaire, 11 tenait son concile au fond d'un ossuaire 7 Le pontife, étranger aux profanes débats^ Ne prenait que la mort dans les biens d'icMM» ^ C'était là le beau temps du premier Évangile ; Les prêtres étaient d'or et les vases d'argile, L'Église avait un roi, mais il fermait les yeux Au royaume t^restre et les ouvrait aux cieux.

Aujourd'hui, voyez Rome où la Foi s'est tuée, La sœur de Babyioae à tous pro»tit«(ée ; Où l'obsonre débanehe ouvrant se» aivenanx, Pour ses dignes amat» choisit dei cardtoaux ; Voyez ce Ycticaa, baiar de mmoiie»

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