‹ Œuvres de Barthélemy et MéryChapitre 78 sur 79 · ÉPILOGUE. U · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE. U

Les fétideg priaoos au le choléra boat, Tous les cahotemenSt tons les firojets arides Qai lézardent nos frante de souciesses ridesL J'aurais pu, moi poète, après le grand IniHeitt Quand nul reBet de honte encor ne non» souBltit^ J'aurais pu, leur montrant^ ma blessure moins me^ Demander un peu d'or et ma part de conriTe, Et négligeant le pesple abandonDé par eu, M'asseoir au grand festin près des hommes heureui ; Non : soldat des trois-jours, et le cœur dans l'attente, Soucieux, je yoolus ne pas ployer ma tente, H'assurer Tavenir, et détendre à demi Mon arc retentissant connu de l'ennemi.

Puis, j'armai Néméds et combattis près d'elle ; Tout un cours de scdeil elle me fut fidèle ; Comme d*un creux d'enfer j'arrachai de son sein Ces clameurs qui partout vibraient comme un tocsin ; Pour rendre aux yeux de tous chaque exenqile notoire, Au miNeu du forum jinstallai mon prétoire ; Là, mieux que Desmortîers, juré, juge et licteur. J'ai traîné tout coupable au siège accusateur ; Point de pacte honteux, de faveur subreptiee : Je leur ai fait à tous bonne et prompte jnalice. J'ai surtout poursuivi ces attentats flagrans Qui semblent hors d'atteinte à fiiH'ce d'être grands ; A ces hommes d'État, par qui le peuple souffre , J'ai collé sur la peau la chemise de soufre , Loin de moi ces égards, ces charitables soins D'écrire au lieu d'un nom une étoile et des poiMs! Sur un large poteau, de mes mains prévAtales, J'ai placardé tout nom en lettres capitales. Et jamais, en voyant ces terribles apprête, L'équitable public n'a hué mes arrêts.

460 NËHÉSIS.

Oh ! poorqaoi délaisser une œuvre interrompue ?

Némètit de vengeance est-elle assez repue ?

De tout grand criminel, de tout lèche Sinon

A-t-elle démasqué l'infamie et le nom?

Non, sans doute elle aurait une proie abondante.

Dût-elle encor dix ans ouvrir sa chambre ardente :

Chaque semaine abonde en noires trahisons,

Le poète aurait fait surgir des livraisons,

Autant que le Trésor émarge sur ses listes

D'honoraires chouans» de sous-préfets carlistes.

De magistrats vendus au monarque écossais,

Autant que Chaii-d'Est-Ange a perdu de procès ;

Mais le cratère s'use en prodiguant sa lave ;

L'enveloppe du corps retient l'ame en esclave.

Elle suit pas à pas son maître faiblissant,

L'homme, enfin, on l'a dit, n'est qu'un roseau pensant :

Je fléchis ; soutenu par des forces meilleures.

Du nocturne cadran j'ai trop compté les heures ;

L'aube a vu trop souvent, quand Paris sommeillait.

Mes doigts laborieux errans sur un feuillet ;

J'ai couché tout un an au bivac poétique.

Il est temps de dormir au chevet domestique ;

Qu'ai-je dit? déroulant douze pages d'airain

L'histoire paternelle appelle mon burin. "

Là, du moins, sans armer de risibles colères,

J'obtiendrai le pardon pour mes chants populaires ;

Les voraces requins de l'Enregistrement

Ne viendront plus chez moi chercher leur aliment ;

Je n'ameuterai plus sur ma muse hardie

Les juges de la Seine et de la Normandie,

Les scandaleux débats, les honteux guet-apens.

Qui depuis douze mois éveillent ses serpens.

* Allusion aux Douze Journées ob la Révolutioh.

ÉMLOGtJE; 461

Ah ! j'avais deviné leà clameurs que s'attire L'audacieux frondeur qui lance une satire ; Le^ vice est chatouilleux ; pour lui plaire il fallait Mettre un parfum de fiel dans un vase de lait, Teindre de vermillon ma vierge sibylline. Draper son corps velu de blanche mousseline, Donner à Némésh^ quatre jours chaque mois, Le corsage de guêpe et le gant de chamois ; Il fallait me rasseoir sur les bancs du jeune âge, Exhumer de Boileau l'élégant badioage.

Critiquer en riant mes confrères rivaux Avec le ton exquis du galant Marivaux, Prendre au collet un nom dans la littérature. Un nom comme Quinault, d'étemelle p&ture> Et le bien torturer, et le tordre en tout sens, Et comme un cri banal le jeter aux passans. Non, ma noble satire, avec des goûts contraires. Environna d'amour les hommes littéraires ; Elle li'a point troublé d'un injurieux vers Les noms contemporains par la gloire couverts ; Elle eut toujours des fleurs pour les illustres tètes. Pour le front des guerriers, pour le front des poètes, Et descendue enfin de son grilSbn sans mors. Ma Némésis abdique, et n'a point de remords.

Un autre surgira ; déjà, près de me taire,

J'appelle de mes vœux un nouveau sagittaire.

Le champ de la satire est long à défricher ;

Je remets mon carquois aux mains d'un autre archer ;

Qu'un heureux successeur descende dans ma lice,

L'arc que j'ai déposé n*est pas celui d'Ulysse ;

Tout jeune homme au doigt fort, qui sent sa puberté,

Comme moi peut le tendre au cri de liberté.

Il me faut maintenant, pour retremper ma vie,

un NtMÉSIS.

Poar ressaisir la paix au poète rarie,

n me faut ce doia brait que flilt sur les eMeu

La roae, au d<Mu de fèr« roidant sou d'astres cieu ;

II me faut au pTiateaps ce vent frais qui restaore

Et joue au grand cliemia dans les pUs de la atere»

Et ces panoiMMS qve l'agile prison

Déroule à chaqae instant au changeant horiion.

Oh I quand j'aurai revu les oolUnes aimées»

Les tles de parfum sur mon golfe seméea.

Les bois harmonieux* dont le feuillage aner

Imite avec sa voix Torcbestre de la mer,

Alors, si revient l'heure où tout homme se lève.

Où Ton fait de sa plume une pointe de gtaive ;

Si, pour venger encor les droits du peuple enfreints,

Il faut mettre sur pied un corps d'alexandrins^

Je prendrai de nouveau le casque et la cuirasse ;

Dans l'arène battue où J'imprimai ma trace

Je viendrai, comme Bntelle, aux yeux des eombattans,

Roidir un bras connu qui combattit sept ans.

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