‹ Œuvres de Barthélemy et MéryChapitre 77 sur 79 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Tandem opus exegi,

OVZDI.

J*Ai promis, j'ai tenu : le poète s'en vante ;

Douze mois ont passé sur NémégU vivante.

Et cinquante-deux fois mes feuilles de vélin

Ont transmis sans retard l'oracle sibyllin :

C'est l'instant du repos ; je sais ce qu'il en coûte

A composer des chants que la patrie écoute ;

Ce qu'un pâle poète» en son calme réduit,

Yerse de gouttes d'huile aux lampes de la nuit,

Et ce qu'il faut de vers, de rimes, d^harmonie

Pour fixer au chevet l'étemelle insomnie.

Heureux les écrivains, du public inconnus,

Qui, dans cette cité, vinrent pauvres et nus!

Effroi des éditeurs et fléaux des libraires.

Ils ont tiré leur gloire à cinquante exemplaires ;

Depuis on les a vus, furetant les salons.

Armés de leurs vers froids, de leurs poëmes longs,

Baisant toutes les mains avec leur bouche amie,

Marchant incognito droit à l'Académie,

Et là, le regard fier, la poitrine en avant.

Caressant à leur cou le cordon du savant.

Ils sont heureux : ils ont des honneurs et des rentes,

Des tapis d'Aubusson, des tables odorantes,

Un tabouret en Cour, une loge à Favart,

Un landau vernissé connu du boulevart ;

Ils ont tout : c'est pour eux que notre vie est faite ;

L'année, en leurs bétels, n'est qu'un long jour de fête ;

S'ils meurent, le discours d*nn désolé parent

Révèle leur génie au public ignorant.

Mais nous, nous. Parias, Gonpablea de jeunesse, Avant que sur nos fronts un âge d'or renaisse ; Avant que nos douleurs et nos cris entendus Arracbent au destin les biens qui nous sont dus. Nos cbeveux blancbiront, et le sang de nos veines Opposera sa glace mq jouissanees vsiaes ; C'en est fait, tous ce» biens qu^^a inq^kve à gesMa, Ces trésors sont à ceux qui vinrent avant nous. Qu'importe que parfois, dans un jour de justioe, Comme un im glorieux notre nom retentisse; Que le public qui juge, et j«ge tMjoorv bien. Nous préfère aux savans qui ne produisent rienl Le bonbeur aor noa toila fond-it d'un va} agile? Dore-t-il, de sa main, nos pénates d'argile? Non, non, toujours i nous les soucis trop euiaads Que le vent domestique apporte tous lea ans ; Toujours à nom ces soins qu'une vie inquiète Rassemble cbaque jour au foyer du poète ; A nous les longs procès san» ^slice et sans bout, ^

* Gomme j*écris ces lignes , j'apprends que ïa Coar royale de Rouen , ne faisaniiMt droit k mon opposition , mVi eondsmné par arr^ dithâtU, Si je ne eonnaiapM toute» lee TÎailklB naiea de la Ivisoolie nannande^ ja m saurais comment qualifier nn m étrange jugement. Mesjogesallègaentaima doate qae le droit cootamier de lear litigiense ville n est pas da toot conforme anx nsages dn palais de Paris ; qnaiid on a un droit contamier si absarde, on deyrait ao tmoijM le ftiire signifier par faaisMe» avant dé condamner «n pacte} oe acfnt )è, oe ne sembla , le dtaît fovftniner dn bon sens qni en van^ biea on antre. Qael malbear. que le bon sens tait tonjonrs eii opposition avec les lois !

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