ACTE III. SCÈNE II 13b
trouvé méfiant et dur; mais je suis tellement entouré d'intrigants, de pièges... el puis votre tournure, votre âge, votre air... Pardon, pardon. Eh bien '. vous avez la lettre?
le comte. — A la bonne heure! Sur ce ton, monsieur... .Mais je crains qu'on ne soit aux écoutes.
bartholo. — Eh ! qui voulez-vous? Tous mes valets sont sur les «lents ! Rosine, enfermée de fureur! Le diable est entré chez moi.
Je vais encore m assurer... II va ouvrir doucement la porte de Rosine.)
LE comte, à paît. — Je me suis enferré de dépit... Garder la lettre à présent! il faudra m'enfuir ; autant vaudrait n'être pas venu... La lui montrer... Si je puis ru prévenir Rosine, la montrer est un coup de maîl re.
BARTHOLO revient sur la pointe du pied. — Elle esl assise auprès de la
fenêtre, lf dos tourné à la porte, occupée à relire une lettre de son cousin l'officier, que j'avais décachetée... Voyons donc la sienne.
LE COMTE loi remet la lettre «Je Résine. — Li voici. A. part. C'est ma
lettre quelle relit.
BARTiiOLo lit. — • Depuis que vous m'avez appris votrenom etvotre état. ■■ Ali! la perfide! c'est bien là sa main.
LE COMTE, effrayé. — Parlez donc bas à votre tour.
RARTiioLo. — Quelle obligation, mon cher!
le comte. — Quand tout sera fini, si vous croyez m'en devoir, vous serez le maître. D'après un travail que fait actuellement don Bazile avec un homme de loi...
BARTHOLO. — Avec un homme de loi, pour mon mariage?
le comte. — Vous auraïs-je arrêté sans cela? Il m'a chargé de vous dire que toul peul être prêl pour demain, Alors, si elle résiste...
BARTHOLO. — Elle résidera.
LE COMTE veut reprendre la lettre, Bartliolo la >errt. — Voilà l'instant OÙ
je puis vous servir : nous montrerons -a lettre, et s'il le faut plus mystérieusement i, j'irai jusqu'à lui dire que je la tiens d'une femme à qui le comte l'a sacrifiée; vous sentez que le trouble, la honte, le dépit peuvent la porter sur-le-champ...
barthoi.c), riant. — De |,i calomnie! mon cher ami. je vois bien maintenant que vous venez de la part de Bazile! Mais pour que ceci n'eût pas l'air concerté, ne serait-il pas bon qu'elle vous connût d'avance?
LE COMTE réprime un grand mouvement de joie. — C'était assez 1 avis de
don Bazile. Mais comment faire? il est tard... au peu de temps qui reste.
bartholo. — Je dirai que vous venez en sa place. Ne lui donnerez-vous pas bien une leçon?
1 1 i omte. — Il n'y a rien que je ne fasse pour vous plaire. Mais prenez garde que toutes ces histoires de maîtres supposés sont de vieilles iinesses, des moyens de comédie ; si elle va se douter?...
bartholo. Présenté par moi, quelle apparence! Vous avez ]ilus l'air d'un amanl déguisé que d'un ami officieux.
le comte. Oui? vous croyez donc que mon air peut aider à ta tromperie?
bartholo. — Je le donne au plus lin à deviner. Elle esl ce soir d'une, humeur horrible. .Mais quand elle ne Ferait que vous voir... son clavecin esl dans ce cabinet. Amusez-vous en l'attendant : je vais faire l'impossible pour vous l'amener.
le comte. — Gardez-vous bien de lui parler de la lettre.
bartholo. — Avant l'instanl décisif? Elle perdrait toul son effet.
II ne faut pas me dire deux fois les choses,*., il ne faul pas me les dire deux fois.
i va.