‹ Œuvres de BeaumarchaisChapitre 121 sur 319 · ACTE IV. SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV. SCÈNE II

barthqlo. — Vous craindriez les accidents*?

BAZILE. — Hé, hé, monsieur... on en voit beaucoup cette année. Je ne ferais point violence à son cœur.

bartholo. — Votre valet, Bazile. Il vaut mieux qu'elle pleure de m'avoir, que moi je meure de ne l'avoir pas.

bazile. — 11 y va de la vie. Epousez, docteur, épousez.

bartholo. — Aussi ferai-je, et cette nuit même.

bazile. — Adieu donc. — Souvenez-vous, en parlant à la pupille, de les rendre tous plus noirs que l'enfer.

BARTHOLO. — Vous avez raison.

bazile. — La calomnie docteur, la calomnie. H faut toujours en venir là.

bartholo. — Voici la lettre de Rosine que cet Alonzo m'a remise, et il m'a montré, sans le vouloir, l'usage que j'en dois faire auprès d'elle.

bazile. — Adieu : nous serons tous ici à quatre heures.

bartholo. — Pourquoi pas plus tôt?

bazile. — Impossible; le notaire est retenu.

bartholo. — Pour un mariage?

bazile. — Oui, chez le barbier Figaro; c'esl sa nièce qu'il marie.

B.ARTI10LO. — Sa nièce? il n'en a pas.

BAZILE. — Voilà ce qu'ils ont dit au notaire.

bartholo. — Ce drôle est du complot; que diable!

bazile. — Est-ce que vous penseriez?...

bartholo. — Ma foi, ces gens-là sont si alertes! Tenez, mon ami, je ur suis pas tranquille. Retournez chez le notaire. Qu'il vienne ici sur-le-champ avec vous.

bazile. — Il pleut, il fait un temps du diable; mais rien ne m'arrête pour vous servir. Que faites-vous donc?

bartholo. — Je vous reconduis; n'ont-ils pas fait estropier tout mon monde par ce Figaro! Je suis seul ici.

bazile. — J'ai ma lanterne.

bartholo. — Tenez, Bazile, voilà mon passe-partout, je vous attends, je veille; et vienne qui voudra hors le notaire et vous, personne n'entrera de la nuit.

bazile. — Avec ces précautions, vous êtes sur de voire l'ait.

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