‹ Œuvres de BeaumarchaisChapitre 122 sur 319 · SCÈNE III. ROSINE, BARTHOLO · texte numérisé non relu

SCÈNE III. ROSINE, BARTHOLO

BARTHOLO, tenant de lfl lumière. Ali! Rosine, puisque TOUS Il éles

pas encore rentrée dans votre appartement...

Rosine. — .le vais me retirer.

BARTHOLO. — Par le temps affreux qu'il fait, vous ne reposerez pas, H j'ai des choses très pressées a vous dire

rosine. — Que me voulez-vous, monsieur? N'est-ce dune pas assez d'être tourmentée le jour?

barthôlo. — Rosine, écoutez-moi.

bosine. — Demain, je vous entendrai.

barthôlo. — Un moment, de grâce!

ROSINE, ii part. — S'il allait venir!

BARTHOLO lui montre sa lettre. — Connaissez-vous celte lettre? ROSINE la reconnaît. — Ali! grands dieux!...

bartholo. — .Mon intention, Rosine, n'est point de vous faire des reproches : à votre ài.re. on peut s'égarer; mais je suis votre ami : écoutez-moi.

ROSINE; - Je n'eu ] H I is plus.

bartholo. — Cette lettre que vous avez écrite au comte Almaviva...

Rosine élonnéc. — Au cmnle Al niaviva !...

bartholo. — Voyez quel homme affreux es! ce comte : aussitôt qu'il l'a reçue, il en a l'ail trophée; je la liens d'une femme à qui il l'a sacrifiée.

ROSINE. — Le comte Alinaviva !...

BARTHOLO. — Vous avez peine à vous persuader celle horreur. L'inexpérience, Rosine, rend votre sexe confiant el crédule; mais apprenez dans quel piège on vous attirait. Cette femme m'a l'ait donner avis de tout, apparemment pour écarter une rivale aussi dangereuse que vous. J'en frémis! le plus abominable complot, entre Almaviva, Figaro el cet Alonzo, cel élève supposé de Bazile qui porte un autre nom el n'est que le vil agent du comte, allai) vous entraîner dans un abîme dont rien n'eût pu vous lirer.

Rosine, accablée. — Quelle horreur!... quoi, Lindor?... quoi, ce jeune homme...

BARTHOLO, à part. — Ali! c'est Lindor.

IîosINE. — C'est pour le comle Al niaviva . . . C'est pour un autre... BARTHOLO. — Voilà ce qu'on m'a dit en me remettant voire lettre. ROSINE, outrée. — Ah! quelle indignité!... Il en sera puni. Monsieur, \niis avez désiré de m'épouser?

BARTHOLO. — Tu connais la vivacité de mes sentiments. ROSINE. — S'il peut vous en rester encore, je suis à vous.

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