ACTE II. SCÈNE XIII
le comte. — Vous parliez de moi!... Je suis ramené par l'inquiétude; en montant à cheval, un billet qu'on m'a remis, mais auquel je n'ajoute aucune foi, m'a... pourtant agité.
i.\ comtesse. — Comment, monsieur!... quel billet?
le comte. — Il faut avouer, madame, que vous ou moi sommes entourés d'êtres."., bien méchants! <>n nu' donne avis que dans la journée quelqu'un, qui' je crois absent, doit chercher à vous entretenir.
la comtesse. — Quel que soit cel audacieux, il faudra qu'il pénètre ici; car mon projel esl de ne pas quitter ma chambre dé tout le jour.
le comte. — Ce soir, pour la noce de Suzanne.?
la comtesse. — Pour rien au monde; je suis très incommodée.
le comte. — Heureusemenl le docteur est ici. (Le page fuit tomber
une chaise dans le cabinet.) Quel bruit elï tends-je ? LA COMTESSE, plus troublée. — Pu hruil'.'
LE COMTE, — ■ On a fait tomber un meuble'?
LA comtesse. — Je... je n'ai rien entendu pour moi.
le comte. — 11 faut que vous soyez furieusement préoccupée!
i.\ comtesse. — Préoccupée! de quoi?
le comte. — Il y a quelqu'un dans ce cabinet, madame.
la comtesse. — lié... qui voulez-vous qu'il y ail, monsieur?
le comte. — C'est moi qui vous le demande; j'arrive.
la comtesse. — Hé mais... Su/.annr apparemment qui range.
LE COMTE. — Vous ave/, dil qu'elle était passée chez elle.
la comtesse. — Passée... ou entrée là; je ne sais lequel.
le comte. — Si c'est Suzanne, d'où vient le trouble où je vous vois?
la comtesse. — Du trouble pour ma camériste?
le comte. — Pour votre camériste, je ne sais; mais pour du troulile, assurément.
la comtesse. — Assurément, monsieur, cette fille vous trouble
et VOUS occupe beaUCOUp plus que llioi.
le Comte, on colère. — Elle m'occupe à tel point, madame, que je veux la voir à l'instant.
LA comtesse. — Je crins, en effet, que vous le voulez souvent: mais voilà bien les soupçons les moins Fondés. ..