‹ Œuvres de BeaumarchaisChapitre 166 sur 319 · SCÈNE XIII. LE COMTE, LA COMTESSE, SUZANNE · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII. LE COMTE, LA COMTESSE, SUZANNE

en Ire avee des hardes et pousse l.'i porte;

LE Comte. — Ils en seront plus aisés à détruire. Il parle au cabinet; ""île/., Suzon; je VOUS l'ordonne; (Suzanne s'arrête auprès de l'alcoTfl

dans le fi

i.v comtessi . Elle esl presque nue, monsieur : vient-on

troubler ainsi des femmes dans leur retraite? Elle essayait des hardes que je lui donne en la mariant; elle s'est enfuie quand elle vous a entendu.

le comte. — Si elle crainl tan-1 de se montrer, au moins elle peut parler, (il se tourne vers la porte da cabinet.) Réponde*z-moi, Suzanne;

èteS-VOUS dans ce cabinet? (Suzanne, resiée au tond, se jette <lan> l'alcôve et r'y cache.

J.A COMTESSE, vivement, parlant an cabinet. — Suzon, je VOUS défends

de répondre. (Au comte.) On n'a jamais poussé si loin la tyrannie!

le comte s'avance au cabinet. — Oh bien! puisqu'elle ne parle pas, vêtue ou non, je la verrai.

la comtesse se met au devant. — Partout ailleurs, je ne puis l'empêcher, mais j'espère aussi que chez moi...

le comte. — Et moi, j'espère savoir dans un moment quelle esl celte Suzanne mystérieuse. Vous demander la clé serait, je le vois, inutile! mais il esl un moyen sûr de jeter en dedans cette légère porte. Holà! quelqu'un]

la comtesse. — Attirer vos gens, el faire un scandale public d'un soupçon qui nous rendrai 1 la fable du château?

le comte. — Fort bien, madame; en effet, j'y suffirai;- je vais a l'instant prendre chez moi ce qu'il Faut... (n marche poar sortir et cevient.) Mais pour que toul reste au môme état, voudrez-vous bien m'accompagner sans scandale el sans bruit, puisqu'il vous- déplaîl tant?... Une chose aussi simple apparemment ne me sera pas refusée !

la comtesse, troublée. — Eh! monsieur, qui songe à vous contrarier?

le comte. — Ah! j'oubliais la porte qui va chez vus femmes; il faut que je la ferme aussi pour que vous soyez pleinement justifiée. Il va former la porte du fond et en ôte la clé.

la comtesse, a part. — 0 ciel! étourderie funeste!

le comte, revenant ■> elle. ■ M.iiiiicii.ini que cette chambre esl close, acceptez mon bras, je vous prie (il élève la voix); et quant à la Suzanne du cabinet, il faudra qu'elle ait la bonté de m'attendre, et le moindre mal qui puisse lui arrivera mon retour...

la comtesse. — En vérité, monsieur, voilà bien la plus odieuse

aventure... (Le comte l'emmené et ferme la porte ii Clé.)

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