‹ Œuvres de BeaumarchaisChapitre 185 sur 319 · ACTE III. SCENE V ■22'ê · texte numérisé non relu

ACTE III. SCENE V ■22'ê

le comte. — A l.i fortune? -■ \ Voici du neuf.

Figaro. — a part.) A 3 1 1 • • 1 1 tour maintenant Haut.) Votre Excel-lence m'a gratifié de la conciergerie du château : c'est un fort joli sorl : à la vérité, je ne serai pas le courrier étrenné des nouvelles intéri ss - : mais, en revanche, heureux avec ma femme au fond de l'Andalousie...

le comte. — Qui t'empêcherait de remmener à Londi

pigaro. — II faudrait la quitter ?i souvent, que j'aurais bientôt du mariage par-dessus la tête.

le comte. — Avec du ■ !' ■■■ tère et del'esprit, tu pourrais un jour l'avancer dans les bureaux.

figaro. — De l'esprit pour s'avancer? Monseigneur se rit du mien. Médiocre et rampant; el l'on arrive à tout.

le comte. — ... Il ne faudrait qu'étudier un peu sous moi la politique.

figaro. — Je la sais.

le comte. - Comme l'anglais, le fond de la lang

figaro. — <iui. -'il y avait ici de quoi se vanter. Mais, feindre d'ignorer ce qu'on sait, de -avoir tout ce qu'on ignore; d'entendre ce qu'on ne comprend pas, dé ne poinl ouïr ce qu'on entend; surtout de pouvoir au-delà de ses forces : avoir souvent pour grand secrèl de cacher qu'il n'y en a point; s'enfermer pour tailler des plumes, el paraître profond, quand on n'est, comme on dit, que vide et creux; jouer bien ou mal un personn répandre des espions el pensionner des traîtres, amollir des cachets; intercepter des lettres, et tâcher d'ennoblir la pauvreté des moyens par l'importance des objets : voilà toute la politique, ou je meurs !

le Comte. — Eh! c'est l'intrigue que tu définis!

figabo.— La politique, l'intrigue, volontiers; mais, comme je »is un peu germaines, en fasse rui voudra. J'aime mieux ma mie au gué, comme dit la chanson du I roi.

le comte, part. — Il veut rester. J'entends... Suzanne m'a trahi.

figaro, à part. — Je l'enfile el le paye en sa monnaie.

le comte. — Ainsi tu espèi s gag -r ton procès contre Marceline?

FIGARO. — Me feriez-vous un crime de refuser une vieille tille, quand Votre Excellence -•• permet de nous souffler toutes les jeunes ?

le comte, raillant. — Au tribunal, le magistrat s'oublie et ne voit plus que l'ordonnance.

figaro. — Indulgente aux grands, dure aux petits...

le comte. — Crois-tu donc que je plaisante?

figaro. — Eh! qui le sait, monseigneur? Tempo è galanfuomo,

,lil l'Italien ;. il dit toujours la vérité : e'esl lui qui m'apprendra du mal "'i du bien.

le comte, à part. - Je vois qu'on lui a toul dit; il épousera la duègne.

FIGARO, < part. — Il a joué au fin avec moi ; qu"a-t-il appris?

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