SCÈNE VIII. — LA COMTESSE, LE COMTE, BEGEARSS
le comte d'un ton sérieux. — Madame, dous sommes seuls.
bégearss encore ému. — O'i-st moi qui parlerai. Je subirai cet interrogatoire. M'ayez-vous vu, monsieur, trahir la vérité dans quelque occasion que ce fût?
le comte sèchement. — Monsieur... je ne dis pas cela.
312 LA MÈRE COUPARLE
bégearss tout à fait remis. — Quoique je suis loin d'approuver cette inquisition peu décente, L'honneur m'oblige à répéter ce que je «lisais à madame, en répondanl à sa consultation :
« Tout dépositaire de secrel ne doil jamais jamais conserver de papiers s'ils peuvent compromettre un ami qui n'est plus, el qui les mil sous notre garde. Quelque chagrin qu'on ail ;'i s'en défaire, el quelque intérêl même qu'on eûl à les garder, le sainl respecl des morts doil avoir le pas devanl tout. » n montre le comte.) In accident inopiné ne peut-il pas en rendre un adversaire possesseur?
(Le comte le tire par la manche pour qu'il ne pousse pas l'explication plus loin).
Auriez-vous dit, monsieur, autre chose en ma position? Qui cherche <l<s conseils timides, ou le soutien d'une faiblesse honteuse, ne doil point s'adresser à moi] vous en avez <l»-s preuves l'un et l'autre, el vous surtout, monsieur le comte! (Le comte lui fait un signe. Voilà sur la demande que m'a faite madame, et sans chercher à pénétrer ce que contenaient ces papiers, ce qui m'a fait lui donner un conseil pour la sévère exécution duquel je l'ai vue manquer de courage; je n'ai pas hésité d'y substituer le mien, en combattant ses délais imprudents. Voilà quels étaient nos débats; mais, quelque chose qu'on en pense, je ne regretterai point ce que j'ai dit, ce que j'ai fait, n lève les bras.) Sainte amitié! tu n'es rien qu'un vain titre, si l'on ne remplit pas tes austères devoirs! — Permettez que je me retire.
le comte exalte. — 0 le meilleur des hommes! Non, vous ne nous quitterez pas. — Madame, il va nous appartenir de plus près; je lui donne ma Florestine.
la comtesse avec vivacité. — Monsieur, vous ne pouviez pas faire wn plus digne emploi du pouvoir que la loi vous donne sur elle. Ce choix a mon assentiment si vous le jugez nécessaire; et le plus tôt vaudra le mieux.
le comte îu-sitant. — Eh bien!... ce soir... sans bruit... Votre aumônier.
LA COMTESSE avec ardeur. — El) bien, moi qui lui sels de mère, je
vais la préparer à l'auguste cérémonie : mais laisserez-vous votre ami seul généreux envers ce digne enfant? J'ai du plaisir à penser le contraire.
LE CoMTE embarrassé. — Ah! madame... croyez...
LA COMTESSE avec joie. — Oui, monsieur, je le crois. C.'esl aujourd'hui la fête de mon fils; ces deux événements réunis me rendent cette journée bien chère. | Elle soit.