NOUVELLES
Deuxième session «?« 1830.
Prorogée au l«r septembre, la chambre des députés fut dissoute par ordonnance royale, le IG mai, après que MM. de Chabrol et Courvoisier, qui s'étaient prononcés contre cette mesure, se furent retirés du ministère où vinrent les remplacer MM. de Chantelauze et de Peyronnet. M. de Peyronuet prit le portefeuille de l'intérieur, dont le titulaire, M. de Montbel, passa au ministère des finances. Le baron Capelle fut en même temps appelé à \m département nouvellement crééj le ministère des travaux publics. ^
14 DISCOURS PARLEMENT AlB ES, — 1830.
Les élections furent fixées , pour les collèges d'arrondissement, au 33 juin, et pour les collèges de département, au 3 juillet.
M. Berryer fut nommé président du collège départemental de la Haute-Loire.
A l'ouverture de rassemblée électorale, le 4 juillet 1830, il fil donner lecture de la proclamation que le roi venait d'adresser aux Français etqti*avait contre signée le prince de Polignac, président du conseil. 11 'prit ensuite la parole :
Messieurs,
Oserais-je rien ajouter aux paroles. que vous venez d'entendre? Un Roi offensé, un père affligé nous adresse les plus graves exhortations, les plus tendres conseils ; il rappelle ses devoirs, il dit qu'il saura les remplir et nous convie h ne pas oublier les nôtres. Toujours sacrés et chers à nos cœurs, ces devoirs du sujet fidèle, du Français ami de son pays^ sont plus impérieux que jamais dans les circonstances présentes.
Les intentions de notre Roi ont été méconnues, les prérogatives de sa couronne ont été attaquées, le concours de volontés qu'il attendait pour opérer le bien que son cœur médite, lui a été refusé ! Des ennemis de notre repos répandent de toutes parts de fausses craintes et d'indignes soupçons; dans le coupable des^ sein de rendre l'avenir complice des erreurs et des crimes du passé, ils veulent imposer aux générations nouvelles le joug de leurs vieilles hainesi Ainsi se propagent ces vagues inquiétudes sur le maintien de nos libertés, sur le retour d'un ordre de choses qui n'est plus et ne saurait revivre ; ainsi retentissent ces menaces de quelque violente atteinte aux lois du royaume, aux institutions fondées par la Charte cons* titutionnelle ; ainsi l'on s'efforce de séparer les intérêts du Roi des intérêts de son neuplcj et de jeter au
ÉLECTIONS DU ft JUILLET. 15
milieu de nous de funestes défiances et des germes de désordre I
Électeurs de la Haute-Loire, repoussons ces insinuations perfides! Que rien n'égare notre légitime attachement aux libertés publiques, que rien n'ébranle notre dévouement au Roi, notre confiance en ce Prince si loyal et si sage !
Au moment oîi, réunis à sa voix, nous allons nommer un député, appeler l'un d'entre nous à l'insigne honneur de délibérer sur les intérêts du pays, de préparer les lois qui doivent le régir et d'être associé en quelque sorte à la pensée royale, mesurons toute l'importance du droit que nous devons exercer. Que celui qui sera désigné par nos suffrages soit l'interprète fidèle de nos cœurs ; qu'il manifeste au roi l'amour et le respect de son peuple ; que, sans troubler la liberté des consciences, il soit le défenseur de la foi de nos pères ; ami sincère de l'ordre aujourd'hui établi dans le royaume, qu'il sache garder nos précieuses franchises et maintenir les droits sacrés du trône. Heureuse alliance qui tempère le commandement et ennoblit l'obéissance I noble communauté de travaux, de gloire et de bonheur qui toujours attacha les Françaisà leurs Rois, et qui, de nos jours plus que jamais, est la seule garantie de force et de durée du gouvernement auquel nos devoirs et nos serments nous lient!...
M; Berryer fut réélu député