‹ Œuvres de Blaise Pascal; publiées suivant l'ordre chronologique, avec documents complémentaires, introductions et notesChapitre 4 sur 191 · VIE DE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

VIE DE JÉSUS-CHRIST

Copie manuscrite à la bibliothèque du séminaire d'Amersfoort.

3 e série. VITI

L'existence de Y Abrégé de la vie de Jésus-Christ de Pascal n'était connue que par l'une des attestations de l'abbé Perier, insérées plus tard en tête du manuscrit des Pensées (voir Pensées, T. I, p. xlii).

« Je soussigné, pretre-chanoine de l'église de Glermont, certifie que les cahiers compris dans ce volume, qui sont des abrégés de la vie de Jesus-Christ, sont écrits de la main de M. Pascal, mon oncle, et ont été trouvés après sa mort parmi ses papiers, lequel volume j'ai déposé dans la bibliothèque de l'abbaye de St Germain des Près. Fait ce vingt-cinq septembre mil sept cent onze. Perier. »

Cet opuscule n'est pas signalé dans les catalogues des écrits de Pascal dressés pardom Clémencet et par le Père Guerrier, et il ne se trouve pas dans les manuscrits de cetoratorien. Une copie en fut trouvée en i845 par M. Van der Hoeven, du clergé de Hollande, dans les archives de la maison de Clarembourg, parmi les papiers de l'abbé d'Étemare *.

Cette copie comprend deux cahiers grand in-4° de 26 pages. Elle a été écrite au début du xvme siècle par le copiste ordinaire de MUe de Théméricourt et elle est intitulée : « Copie du manuscrit de la composition, et de la main de Mr Pascal. » Elle a été faite sur un manuscrit très difficile à déchiffrer, qui pourrait être l'original de Pascal ; elle présente un certain nombre de lacunes. Un reviseur, qui semble être Mlle de Théméricourt elle-même, est parvenu à en combler quelques-unes et à corriger une trentaine de leçons.

1 . Nous avons pu avoir communication de ce manuscrit, grâce à la grande obligeance de M. Kenninck, président du séminaire d'Amersfoort; nous lui en adressons nos très vifs remerciements.

Une première publication en fut faite avec grand soin dans la Revue Ecclésiastique, 88e livraison, septembre i845, pp- 97i34« Faugère l'édita une seconde fois à Paris, chez Andrieux, en 1846 ; il établit avec beaucoup de force que l'authenticité de l'opuscule ne saurait être contestée (Une réimpression s'en trouve dans le 2e tome des Pensées, Paris, E. Leroux, 1897, p. 445)- Molinier inséra cet Abrégé dans ses Pensées de Pascal, Paris, 1889, T. II ; et M. Michauten donna un texte critique à Fribourg (Suisse), librairie de l'Université, 1897.

Molinier avait fort justement estimé que Pascal s'était inspiré d'un traité ancien ; cette hypothèse a été confirmée par une communication faite à M. Michaut (cf. Revue critique d'Histoire et de Littérature, il\ mai 1897, p. 4i4, lettre ouverte de M. Michaut à M. Molinier).

L'ouvrage que Pascal a suivi est un opuscule de Jansénius intitulé : Séries vitœ Jesu Christi juxta ordinem temporum, et publié à la fin de son Tetrateuchus (Cornelii Jansenii Leerdamensis, s. t. d. et prof. Lovaniensis, Episcopi Jprensis, Tetrateuchus, sive Commentarius in Sancta Jesu Christi Evangelia. Parisiis, i655; approbation datée de Louvain, du 10 mai 1639, 586 p. in-4°). Gomme on pourra le voir d'après le texte que nous en publions in extenso, Pascal a suivi de près Jansénius, même quand il s'est trouvé en désaccord avec un ouvrage similaire d'Arnauld : Historia et Concordia Evangelica, Parisiis, Savreux, i653, 445 p. in-12. Cependant Pascal ne s'est pas borné à traduire cet écrit ; il donne à la matière une disposition toute nouvelle, et développe d'après les textes évangéliques le sommaire de Jansénius. En de nombreux endroits il a enrichi cet exposé historique de commentaires empruntés pour la plupart au Tetrateuchus ; et, surtout à la fin de cet opuscule, il a multiplié ses réflexions dont le ton émouvant rappelle parfois le Mystère de Jésus.

Nous ignorons à quelle date cet ouvrage a été composé ; la Préface indique qu'il était destiné à l'impression. Quoiqu'il en soit, il n'a pas été achevé : on retrouve çà et là des notes

qui seraient inintelligibles si l'on ne se reportait au Tetrateuchus ; les numéros mis en tête de chaque paragraphe se répètent parfois, ce qui semble indiquer que Pascal a amplifié sa rédaction primitive.

Le texte donné ci-dessous est reproduit d'après l'unique manuscrit connu ; la ponctuation en a été conservée dans la mesure du possible.

Reprenant la disposition typographique heureusement imaginée par M. Michaut, nous donnons en caractères italiques les citations ou les résumés des textes évangéliques, en caractères ordinaires les commentaires ou méditations de Pascal, qu'il les ait ou non empruntés à Jansénius.

Page 1