Jésus luy-mesme apparut au milieu d'eux
335. Le soir du dimanche, les portes estoient fermées, de peur des Juifs ; il entra sans ouvrir les portes, contre nos hérétiques : car il estoit bien en la puissance de celuy qui estoit né sans l'ouverture des flancs maternels, d'entrer, les portes estant fermées, puisque rien n'est impénétrable à un corps uni à la divinité2.
336. 77 leur donna sa paix, et leur inspira le Saint- Esprit par son souffle, qui en estoit le symbole extérieur, qui marque qu'il procède aussi de luy (Aug. Cyrill. Hil.) Mais pour monstrer qu'il ne leur donnoit pas l'Esprit sans mesure, mais par mesure, il leur dit la fin pour laquelle il le leur donne3, en
Séries vitœ.
salem Apostolis congregatis apparitionem illam narrarent, eàdem illâ die, prima sabbati, seu dominicâ vesperi, stetit
1. Telrateuchus in Joan. XX, 19: ...ista contigerunt statim ab adventu redeuntium ex Emaiis.
2. ibid. 19. Quemadmodum agnoscunt hîc contra novatores nostros, Hil... Epiphan... et in primis August. Moli, inquit, corporis ubi divinitas erat, ostia clama non obstiterunt. Ille quippe eis non aperlis intrare potuit, quo nascente virginitas matris inviolata permansit.
3. ibid. 11. ... Externum enim symbolum adhibuit ad significandum id quod reipsa operabatur... Cum autem Spiritus sanctus sit quasi jlatus quidam Patris ac Filii signijïcatum hîc voluit, insufjlando Spiritum sanctum non solius Patris esse spiritum sed et suum, ut his verbis ait Augustin, et
notavit etiam Cyrill. ac Hilar. lib. $.. de Trinitate Ut vero ostende-
ret Spiritum hîc ei dari, non illuminale secundùm quœlibet ejus dona, sed ad certos tantum cjjectus, addit
disant qu'ils auront pouvoir de remettre et retenir les péchez.
337. Et parce qu'ils doutoient, non pas par une obstination malicieuse1, mais par un excès de joye, qu'ils avoient peine de croire, et qu'ils pensoient que ce fut un esprit, il leur montre ses pieds et ses mains, où estoient encore les cicatrices ouvertes, non pas saignantes, mais saines (Aug. Cyrill, Léon), lesquelles il a voulu porter clans le ciel à la droite du père, pour les luy exposer éternellement comme le prix de nostre liberté, Et l'éternel trophée de sa victoire (Ambr.). Car ce ne sont point des défauts, mais des marques de vertu, Et leur dit quilestoit le mesme. Et parce qu'ils doutoient encore, pour dernière preuve il mangea, non que ce qu'il mangea se convertit en sa substance, mais il fut dans l'estomac [consumé], Car il n'avoit plus besoin de manger, Car un corps ressuscité auroit une puissance imparfaite, s'il n'avoit le pouvoir de manger, et auroit une puissance imparfaite, s'il en avoit besoin2.
Thomas lors estoit absent, et ne crut point aux dix autres.
Séries vitœ.
Jésus in medio eorum absente Thoma, ostenditque eis manus, ac latus, denique comedit cum eis, ac bibit, Marci 16. v. i4usque ad 19. Luc. 24. v. 39. usque ad 5o. Joan. 20. vers. 19. usque ad 24-
1. Tetrateuchus in Luc. XXIV, !\i : ...Causa incredulitatis erat non obstinata volunlatis duritia, sed gaudii, et rei magnitudo.
2. ibid. in Luc. XXIV, 39 : Hinc constans antiquorurn sententia est. Chrislum post resurrectionem in manibus, pedibus et latere
338. Huit jours après, sçavoir le dimanche i[\. Mars, Jésus apparut aux onze estant ensemble, les portes estant fermées, et donna ses mains et son costé ô manier à saint Thomas, qui crut, et dit : « Mon Seigneur et mon Dieu », reconnoissant la divinité et humanité en sa personne. (Ambr.)1.
33c)[a]. Il leur donna la forme du baptême, et les signes qui suivront ceux qui croiront, c'est-à-dire les miracles par lesquels il confirmera leur prédication, Et attirera la créance des peuples, lesquels il 2[disper-
Series vitœ.
25. Gùm autem Thomas Apostolis non crederet, octavo post die eisdem apparet, ac Thomse manus, ac latus palpandum offert, Joan. 20. v. 24. usque ad 3o. Deinde discipuli
ipsa vulnera servasse, seu passionis notas, non ulcerosas et sangmnolentas, sed sanas, ut patet ex Augustin. Tract. 121. in Joan. Cyrillo lib. 12. in Joan. cap. 58. Leone Sermon. 1 . de Ascensione, et aliis. Quœ vulnera etiam cœlo inferre maluit, ut Deo Patri pretium nostrœ libertatis ostenderet, juxtà Ambros. seternumque suse victoriae trophœum circumferret. Nam, ut optime August. lib. 22. de Civit. cap. 20. non sunt deputanda vel
appellanda vitia, virtutis indicia l\i. Ver a fuit ista manducatio, quia
vi corporis viventis, vivis instrumentis cibi comminutio, et in verum stomachum trajectio, non tamen vera nutritio, vel in corpus ejus conversio, nec ex egestate, seu esurie, sed potestate facta. Nam, ut Augustin. Epistol. 4g- qusest. 1. futurse resurrectionis corpus, imperfectœ potestatis erit, si cibos sumere non potuerit, imperfectse felicitatis, si cibis eguerit. Sed aliter absorbet aquam terra sitiens, aliter solis radius cadens. Quibus verbis cibum ab immortali corpore manducatum statim consumi indicat, non in corpus verti. — Les corrections apportées ici par le reviseur du manuscrit montrent que la lecture de l'original était particulièrement difficile. Le texte de Jansénius montre clairement qu'il faut lire consumé et non conservé que donne la copie.
1. Tetrateuchus in Joan. XX, 26 : ... seu die Dominicâ 28 : Itaque
simul humaniiatem ejus veram, ac divinitatem profitetur inunarn coëuntes personam : utrumque pleno reverentiœ et pietatis affecta, ut Ambros.