‹ Œuvres de Blaise Pascal; publiées suivant l'ordre chronologique, avec documents complémentaires, introductions et notesChapitre 81 sur 191 · Arnauld, selon Goujet · texte numérisé non relu

Arnauld, selon Goujet

Les circonstances de leur composition sont également obscures. On peut reconnaître que plusieurs de ces morceaux faisaientpartie d'une lettre; cette lettre, sans doute assez courte, était adressée à une personne avec qui Pascal avait souvent discuté des questions de théologie, qui lui avait soumis un certain nombre d'objections faites par un contradicteur moliniste, et qui avait besoin de se faire traduire le latin du concile de Trente. La personne destinataire ne serait-elle pas Madame de Sablé? La lettre du 22 août 1662 (cf. supraT. X, p. 325), où la Mère Agnès expose le rôle que Pascal tenait auprès de la marquise, rend la conjecture assez vraisemblable. Si l'on en croit une note manuscrite trouvée dans les papiers de Fourquevaux, un des morceaux achevés (celui que nous publions, infra p. 1 28) était destiné à une religieuse ; et c'est peut-être de ce petit traité que parle INicole.

Quoi qu'il en soit, la plupart de ces écrits ne sont que des brouillons qui étaient dans le plus grand désordre. Le copiste du manuscrit 12449 ^es a transcrits tels qu'il les avait trouvés, reproduisant les notes préparatoires prises par Pascal et toutes les diverses ébauches d'un même passage : il en est un qui a été refait jusqu'à quatre fois.

Glémencet a cherché à les présenter avec ordre en les résumant ; il semble avoir eu entre les mains quelques feuillets que nous ne possédons plus ; son résumé est, malheureusement, très rapide.

Bossut dans son édition de 1779 a tenté de tirer de ce chaos un ensemble. lia d'abord fait un choix, en rejetant les notes, et aussi deux fragments complets, sans doute parce qu'il ne leur accordait pas une assez grande valeur. Puis il a organisé les morceaux épars, retenant un texte entre les versions d'un même développement, supprimant les citations qui lui semblaient trop longues, corrigeant souvent le style de Pascal, introduisant des transitions pour souder les divers morceaux. C'est par ce procédé qu'il a formé trois écrits auxquels il a donné les titres suivants :

Lettre touchant la possibilité d'accomplir les commandements de Dieu.

Dissertations sur le véritable sens de ces paroles des Saints Pères et du Concile de Trente : Les commandements ne sont pas impossibles aux justes.

Discours où Von fait voir qu'il n'y a pas une relation nécessaire entre la possibilité et le pouvoir.

Nous avons reproduit tous les textes de Pascal que nous avons trouvés, et dans l'état où nous les avons trouvés, sans chercher à unir les fragments qui sont séparés dans la copie l. Cependant nous n'avons pas voulu conserver le chaos du manuscrit qui rend illisibles ces brouillons peut-être incomplets. Nous avons cherché à les présenter dans un ordre logique, tout en donnant toutes les diverses versions d'un même passage; aucun signe d'ailleurs ne permet de reconnaître celle que Pascal avait adoptée en dernier lieu.

C'est ainsi que nous avons constitué trois groupes.

i° Les deux écrits complets négligés par Bossut.

2° Les fragments qui appartiennent manifestement à une lettre.

3° Les fragments d'un exposé dogmatique.

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