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CHAIVT CINQUlfeME. 3a 1
Et jugez si ma maiu , aux grands exploits noyice , Lance à mes ennemis un livre qui mollisse.
A oes mots U saisit un vieil Infortiat (i) ,
Grossi des visions d’Accurse et d'Alciat (a) ,
Inutile ramas de gothique écriture y
Dont quatre ais mal unis formaient la couverture
Entourée à demi, d’un vieux parchemin noir ,
Où pendait à trois clous un reste de fermoir.
Sur Vais qui le soutient auprès d’un Avicène (3) ^ Deux des plus forts mortels l’éhranleraient à peine : Le chanoine pourtant l’enlève sans effort j Et sur le couple pâle et déjà demi mort Fait tomber à deux mains l’effroyable tonnerre.
Les guerriers de ce coup vont mesurer la terre ,
Et du bois , et des clous meurtris et déchirés , Long-temps , loin du perron , roulent sur les degrés.
Au spectacle étonnant de leur chute imprévue Le prélat pousse un cri qui pénètre la nue.
n maudit dans son cœur le démon des combats ,
Et de l’horreur du coup il recule six pas.
Mais bientôt rappelant sou antique prouesse ,
U tire du manteau sa dextre vengeresse ;
U part , et de ses doigts saintement allongés ,
Bénit tous les passans en deux files rangés, n sait que l’ennemi que ce coup va surprendre , Désormais sur ses pieds ne l’oserait attendre ,
Et déjà voit pour lui tout le peuple en courroux Crier aux combattans : Profanes , à genoux !
(i) Lirre de droit d*une grosaear énorme.
(o}Deax jarieconenltee célébrée.
(ô) Médecin arabe.
322 I-E L.UTRIN ,
Le chantre , qui de loin voit approcher l’orage ,
Dans son cœur éperdu cherche en vain du courage ; Sa fierté l’abandonne , ü tremble , il cède , il fuit ; Le long des sacrés murs sa brigade le suit.
Tout s’écarte à l’instant ; mais aucun n’en échappe. Partout le doigt vainqueur les suit et les rattrappe. Evrard seul , en un coin prudemment retiré ,
Se croyait à couvert de l’insulte sacré ;
Mais le prélat vers lui fait une marche adroite :
Il l’observe de l’œil , et tirant vers la droite ,
Tout d’un coup tourne à gauche , et , d’un bras fortuné, Bénit subitement le guerrier consterné.
Le chanoine , surpris de la foudre mortelle ,
Se dresse et lève en vain un tète rebelle ;
Sur ses genoux tremblans il tombe à cet aspect ,
Et donne à la frayeur ce qu’il doit au respect.
Dans le temple aussitôt le prélat plein de gloire Va goûter les doux fruits de sa sainte victoire ;
Et de leur vain projet les chanoines punis S’en retournent chez eux éperdus et bénis.