‹ Œuvres de Boileau a l'usage de le jeunesseChapitre 26 sur 62 · IX LUTRIN · texte numérisé non relu

IX LUTRIN

Mais toat cède aux efforts du chanoine Fahri.

Ce guerrier , dans l’èglise aux querelles nourri ,

Est robuste de corps , terrible de visage ,

Et de l’eau dans son vin n’a jamais su l’usage.

Il terrasse lui seul et Guibert et Grasset (i) ,

Et GoriUonda basse , et Grandin le fausset ,

Et Gerbet l’agréable , et Guérin l’insipide.

Des cbantres désormais la brigade timide S’écarte et du palais regagne les chemins.

Telle àl’aspcct d’un loup, terreur des champs voisins , Fuit d’agneaux effrayés une troupe bêlante ;

Ou tels devant Achille , aux campagnes du Xante , Les Troyens se sauvaient à l’abri de leurs tours ; Quand Brontin à Boirude adresse ce discours :

Illustre porte-croix , par qui notre bannière N’a jamais en marchant fait un pas en arrière ,

Un chanoine lui seul triomphe du prélat ;

Du rochet à nos yeux temira-t-il l’éclat?

Non , non ; pour te couvrir de sa main redoutable Accepte de mon corps l’épaisseur favorable.

Viens, et sous ce rempart à ce guerrier hautain Fais voler ce Quinaut qui me reste à la main.

A' ces mots il lui tend le doux^et tendre ouvrage.

Le sacristain bouillant de zèle et de coiirage ,

Le prend , se cache , approche , et droit entre les yeux Frappe du noble écrit l’athlète audacieux.

Mais c’est pour l’ébranler une faible tempête.

Le livre sans vigueur mollit contre sa tête.

Le chanoine les voit de colère embrasé :

Attendez, leur dit-il , couple lâche et rusé ,

(î) Tous ces noms de chantres sont des nonis inycnUs. / ;

Page 1