DE NAMUR
Son gouverneur qui se trouble S’enfuit sous son dernier mur.
Déjà jusques à ses portes Je vois monter des cohortes ,
La flamme et le fer eh main :
Et sur les monceaux de piques ,
De corps morts , de rocs , de briques ,
S’ouvrir un large chemin.
C’en est fait. Je viens d’entendre Sur’ces rochers éperdus^
Battre un signal pour se rendre :
Le feu cesse ; ils sont rendus.
Dépouilleî vôtre arrogance,
Fiers ennemis de la France ;
Et désormais gracieux ,
Allez à Liège , à Bruxelles ,
Porter les humbles nouvelles De Namur pris à vos yeux. .
Pour moi , que Phébus anime De ses transports les plus doux ,
Rempli de ce dieu sublime ,
Je vais , plus hardi que vous ,
Montrer que sur le Parnasse ,
Des bois fréquentés d’Horace Ma muse dans son déclin Sait encor les avenues ,
Et des sources inconnues A l’auteur du Saint-Paulin (1).
(1) Poème héroïque de Perrault. , . ^