XVI I
Sur la fontaine de Bourbon , ou l'auteur était allé prendre les eaux, et où il trouva un poète mé-diocre qui lui montra des vers de sa façon.
Il s'adresse à la fontaine.
( Oui , vous pouvez chasser l'humour apoplectique , Rendre Je mouvement aii corps paralytique, Et guérir tous les maux les plus invétérés.
Mais quand je lis ces vers par votre onde inspirés,
Il me paroît, admirable fontaine , Que vous n'eûtes jamais la vertu d'Hippocrène.
L'amateur d'horloges,
S AN s ceflse autour de six peudules ,
De deux montres , de trois cadrans ,
.Lubin, depuis trente et quatre ans,
Occupe ses soins ridicules.
Mais à ce métier , s'il vous plaît ,
A-t-il acquis quelque science î
Sans doute; et. c'est l'homme de France
Qui sait le mieux l'heure qu'il est.
(0 U » fait des hymne» latines à.la louange dos Ssiuti,
ÉPIGR AMMES.
Sur c6 qu'on avoit lu à l'Académie des vers contre Homère et contre Virgile.
Clio vint l'autre jour se plaindre au dieu des vers ,
Qu'en certain Heu de l'univers On traitoit d'auteurs froids , de poètes stériles ,
Les Homères et les Virgiles.
Cela ne sauroit être , on s'est moqué de vous ,
Reprit Apollon en courroux :
Où peut-on avoir dit une telle infamie !
Est-ce chez les Humus , chez les Topinamboux î C'est à Paris. C'est donc dans l'hôpital des fous ï Non , c'est au Louvre , en pleine Académie.
Sur le même sujet, J' a r traité de Topïnamboux Tous ces beaux censeurs , je l'avoue ;
Qui, de l'antiquité si follement jaloux , . .
Aiment tout ce qu'on hait , blâment tout ce qu'on loue: Et l'Académie , entre nous , Souffrant chez soi de si grand fous , Me semble un peu Topinamboux.