ÉPIGRAMME PREMIÈRE
A un Médecin, ^
Oui, j'ai dit dans mes vers qB'uncélibre assassin, Laissant de Galien la science infertile , D'ignorant médecin devint maçon habile j Mais de parler de vons j e n'eus jamais dessein ,
Perrault ; ma musc est trop enrreeie. Vous êtes, je l'avoue, ignorant oiddeciu,
Mais non pas habile architecte.
A M. Racine.
R acttv'tî, 'plains ma destinée.
C'est demain la triste journée Où le prophète Desmarets, Arme' de cette même foudre Qui mit le Port-Royal en poudre, Va me perecr de mille traits.
■ C'en est fait , mon heure est venue.
Non que ma muse , soutenue - De tes judicieux avis , Wait assez de quoi le confondre :
Mais , cher ami, pour lui répondre*, Helàs ! il faut lire Clovis (ij !
(i) Poime da .Deimarets /ennuyeux à la mort.
aga ÊPIGR AMMES,
Contre Saint-Sorlt'n.
Dans le palais , hier Rilain Voutoît gager contre Ménage , Qu'il était faux que Saint-Sorlin Contre Arnauld eût fait un ouvrage.
Il en a fait , je sais le temps , Dit un des plus fameux libraires.
Attendez.... C'est depuis vingt ans.
On en tira cent exemplaires.
C'est beaucoup , dis je en m'approchant La pièce n'est pas si publique.
Il faut compter , dit le marchand , Tout est encor dans ma boutique. -
A MM. Pradon et Bonnecorse , qui firent en même temps paraître contre moi chacun un volume
' d'injures.
Venez, Pradon et Bonnecorse ,
Grands écrivains de même force ,
De vos vers recevoir le prix :
Venez prendre dans mes écrits
La place que vos noms demandent.
Linière et Perrin vous attendent. ,
Surune satire très-mauvaise que l'abbé Cotînavoit faite , et qu'il faisoit courir sous mon nom.
En vain par mille et mille outrages Me» ennemis . dans leurs ouvrages > Ont cru mu lenJic affreux aux r.cui de l'univers.
ÊPIGRAMMES. 39S Cotin, pour décrier mon style , A pria un chemin plus faciles :
C'est de m'attribuer ses vers.
Contre le même.
A quoi bon tant d'efforts , de larmes et de cris , Colin , pour faire ûter ton nom de mes ouvrages î Si ta veux du public éviter les outrages, Fais effacer ton nom de tes propres écrits,
Contre un athée.
Alidob , assis (1) dans, sa chais» R .j Médisant du ciel à son aise , Peut bien médire aussi de moi.
Je ris de ses discours frivoles ; " On sait fort bien que ses paroles Ne sont paa articles de foi.
Fers en style de Chapelain , pour mettre à lajîn de son poème de la Pucelle.
Maudit soit l'auteur dur, dont l'âpre et rude verve. Son cerveau tenaillant , rima malgré Minerve ; Et , de son lourd marteau martelant le bon sens , A fait de méchans vers douze fois douze cents (9) !
(1) Il étoit tellement goutteux qu'il nepouvoit marcher' (a) La Puctlle a douze liviexjckaciiD de douze cents ver».
«g/, ÉPIGRAMMES.
De six amans contens et non jalou* ,
Qui tour à tour se r voient madame Claude ,
Le moins volage litoir Jean , son époux :
Un jour pourtant , d'humeur un peu trop chaude ,
Serroit de près sa servante aux yeux doux,
Lorsqu'un des six lui dit : Que faîtes-vons !
Le jeu n'est sûr avec cette nbaude.
Ah! voulez-yoos , Jean-Jean, nous gâter tons I
, A Climène*
Tout me Tait peine ,' .
Et dopuïs un jour
Je crois , Climène , Que de l'amour.
Cette nouvelle Vous mot en conrroux.
Tout beau, cruelle , , Ce n'est pas pour vous.
Epitapke.
Ci gît , justement regrette* , Un savant homme saus science .
Un gentilhomme sans naissance , Un très-bon hotaime sans bonté*, X I L ■ Imitation de Martial, Paul , ce grand mé'dccin , l'effroi de son quartier Qui causa plus de maux que la peate et la guerr» (
ÉPIGRAMMES. a 9 5 Est cure" maintenant, et met les gens en terre. Il n'a point changé de me'tier.
Xlïï.
Sur une harangue d'un magistrat , dans laquelle tes procureurs étaient fort maltraités.
Lorsque , dans ce sénat à qtû tout rend hommage , Vousharanguez en viens langage , Paul , j'aime à vous voir eo fureur , Grouder maint et maint prosnrenr ; Car leurs chicanes sans pareilles Méritent bien ce traitement. - Mais que vous ont fait nos oreilles , Pour les traiter si durement ? - „ ' ■
Sur l'Jgésilqs 4e M. Corneille.
- J'Ai Tni'Age'silaa , Hélas !
Su'v P.ittilla du même auteur.
Après l'Age'silas ,
Helas !
Maïs après l'AtUla .
Holà.
Sur îa manière de réciter du poète Santcutl, .ÇjUArfn j'aperçois sous ce portique Ce moine au regard fanatique , Lisant ces vers audacieux,
393 ÊPIGRAMMF.S.
Faits pour les habita ns des cietix (1) , Ouvrir une bouche effrovable , S'agiter , se tordre les mains ; II me semble en lui voir le diable , Que Dieu force à louer les Sainrs.