A LA MÊME
Sur les causes cfe l|i disgrâce du maréchal de Bellefonds, et le peu d^espërance qu^il voyoit à son retour.
. Je n'ai pas été si avant que de juger de l'action de M. le maréchal de Bellefonds par rapport à la con« science. Il lui doit suffire devant Dieu qu'il ait cru pouvoir et devoir fi^ire ce qu'il a fait. C'est ce qui m'a obligé à vous écrire comme j'ai fait. Je lui écris
(0 Cesi la lettre aa maréchal de Bellefonds, de mdme date qi* «atUe^i, imprimée (mm. xiztii, pag. S3.
daps les mêmes termes, sans tei^xpliqacr davantage sur une chose qui demande qu'on examine beaucoup de faits et de circonstances, et qu'il ne^ me semble pas nécessaire de discuter à présent^ puisqu'elle est faite. Pour ce qui est des jugemens des hommes , il importe peu à M^ le maréchal de Bellefonds quel i\ soitj les choses sont toujours prises de différentes fa« çons, ou pour le fond ou pour les circonstances. Un homme de bien se contente d'agir dans chaque occasion suivant ce que sa conscience lui dicte. Cela ^^ dis-je y suffit à l'égard de Dieu. Quand on se seroit trompé en prenant de faux fondemens, il faudroit espérer que Dieu nous pardonneroit de telles fautes, ' pourvu' qu*on ait agi eh smiplicitéde cœur, suivant les lumières présentes, sauf à réparer quand onconnoitroit autre chose. Voilà, ma chère Mère, ce que je vois à présent , et ne crois pas en devoir considérer davantage^ Vous savez la réponse de M. le màréqhâl de Créqui. Il a offert sa démission de la charge de maréchal de France, et ensuite d'obéir comme marquis de Créqui, ou de quitter le .coïnmapdemjçqt autant de temps que son armée seroit jointe,. et. de demeurer volontaire pendant ce temps-là auprès de S. M., ou d'obéir enfin, en cas qu'il plût au Rbi faire une Iqi générale pour tout le corps , et attribuer le commandement sur les maréchaux de France à Ij^ charge de maréchal de camp général. Le Roi ne s'étant contenté d'aucun de ces expédiens, il a demandé une heure de temps, pour ne pas refuser en .
 LETTRES IHÉDITES
face; mais, s'étant ensuite explique sans délai, il est parti par ordre pour se retirer à Marine; voilà ce que f ai appris^ Assu^-ez-vous au reste de l'amitié inviolable que je garderai à M. le maréchal de Bellefonds. Je ne me consolerai point du malheur que Tai eu de le perdre. Je n'ose plus me flatter de l'espérance du retour, ni. presquele désirer, en Tâat x>h je vois lés choses. Je crois que vous pouvez envoyer ma lettré. Prions Dieu qu'il nous attache de plus en plus à lui seuK Je suis à vous de tout mou cœur en son saint amour.
Meroreâî matin (1673.)
A Là MÈRE pE JAKNAG, GÀIIMÉUTE (0.
9ur lea diipoiitioiis de mAdamé de la Villiére, et le sermon qa*U . de?oIt préchef à m prolîMiiQii. *
Depuis notre dernière conversation, et l'entre tiea que j'ai eu avec ma sœur Louise de la Miséricorde , il me semble qu il faudiy>it à chaque moment s'é« pancher pour elle en actions de grâces. Il y avoit quatre mois que je ne Tavois vue , et je la trouvai de nouveau enfoncée dans les voies de Dieu, avec des lumières si pures, et des sentimens si forts et si vifs, qu'on reconnott à tout cela le Saint-Esprit. Selon ce
(0 Prieure da couvent de la rue Saint-Jacques. Son, nom de religion éloit Claire du Saint^acrentent,
D£ BOSQUET. 5
qu'on peut juger ^ cette ame sera un miracle de la grâce. Elle n'a besoin que de quelqu'un qui lui apprenne seulement à ouvrir le cœur, et qui sache ^ en l'avançant , la cacher à elle-même. Dieu a jeté dans ce cœur le fondement de grandes choses. Vraiment tout y est nouveau ; et je suis persuadé plus que jamais de rapplicalion de mon textç. (0. Je crois, au reste , tout de bon , ma chère et révérende Mère, que je ferai le sermon ; car apparemment nous ne voyagerons pas. Ten ai une joie S€fnsible ; et je prie Dieu de tout mon cœur que je puisse porter à cette ame une bonne parole. Mon cœur Tenfante ; et je ne sais ni quand ni comment elle sortira. Priez Dieu , ma chère Mère , qae^ cette Pa-* rôle incréée*, conçue éternellement dans le sein da Père, et enfin revêtue de chaii^ pour se communiqi^ier aux hommes mortels, possède mon intelligence» Il y a plus de quinze jours que j'ai toujours envie de vous écrire ceci ; je n'en ai trouvé qu'aujourd'hui la commodité. Que ma sœur Anne-Marie- de Jésus ne m'oublie pas devant Dieu. Je vous mets toujours toutes deux ensemble, et j'y mets pour une troisième ma sœur Louise. La Trinité bénisse le» trois. La Trinité nous fasse tous un fcœur et une ame pour aimer Dieu en concorde. Ainsi soit-il».
A Stul-Gennai&y 19 mars (1675.)
(0 El âixU qui êedebat in throno : Ecee nova fado omnia. C'est 1« texte da sermon que Bossuet prêcha à la profession de madame de la ValUére, le 4 juin 1675. P^of. tom. XTii , pag. a6a.