‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 3)Chapitre 2 sur 76 · DES TAUTRES DANS L ÉGLISE · texte numérisé non relu

DES TAUTRES DANS L ÉGLISE

pauvres de Dieu? il les nomme aiinsi en esprit y parce que dans la nouvelle alliance ^ lui a plu de les adop* ter avec une prérogative particulière.

' En effet y n'est-ce pas à eux qu a été envoyé le Sauveur 7 « Dieu m'a envoyé y nous dit-'il y pour an«* » noncer TEvangile aux pauvres » : Eyangelizare pauperibus misilmei}). Ensuite n'est-ce pas auxpau-vres qu'il adresse la parole ^ lorsque faisant son pre» mier sermon sur cette montagne mystérieuse, oii fie daignant parler aux riches sinon pour foudroyer leur orgueil y il porte la parole aux pauvres commet à ceux qu'il devoit évangéliser? a O pauvres^ que n VOUS êtes heureux y parce qu'à vous appartient le 3» royaume de Dieu (a) » ! Si donc c'est à eux qu'appartient le ciel y qui est le royaume de Dieu dans l'éternité y c'est à eux aussi qu'appartient l'Eglise ^ qui est le royaume de Dieu dans le temps. Aussi comme c'est à eux qu'elle appartenoit^ ce sont eux qui -y sent entrés les premiers. <c Voyez y disoit le » divin apôtre y qu'il n'y a pas dans l'Eglise plusieurs » sages selon le monde y il n'y a pas plusieurs puis- » sans y il n'y a pas plusieurs nobles ; mais Dieu a » voulu choisir ce qu'il y avoit de plus méprisa*» 3» ble (3) » : d'où il est aisé de conclure que. l'Eglise de Jésus-Christ étoit une assemblée de pauvres. Et dans sa première fondation y si les riches y étoient reçus, dès l'entrée ils se dépouillo ient de leurs biens et les jefoient aux pieds des apôtres, afin de venir à l'Eglise, qui étoit la ville des pauvres, avec le caractère de la pauvreté : tant le Saint-Esprit avoit résolu d'établir dans l'origine du christianisme la

(0 Luc. IV. i8. — C») Ibid. Ti. ao. — (3) /. Cor, i. a6, i8.

8 SUE L ÉMINENTB DIGNITÉ

prérogative émiaente des pauvres membres de Je* sus-Chi9St !

Je pourrois encore , mes Frères , établir la préé* minence des pauvres sur d'autres raisons convaincantes ^ par lesquelles vous reconnoitriez qu ils sont les vrais enfans de TEglise, et que c'est pour eux principalement que cette cité spirituelle a été bâtie. Mais il vaut mieux tirer quelque instruction ^ et recueillir quelque fruit de cette doctrine salutaire. Elle nous doit apprendre , Messieurs y à respecter les pauvres et les indigens, comme ceux qui sont nos aînés dans la famille de Jésus-Christ ^ et que son Père céleste a choisis pour être les citoyens de son Eglise; qui, portant ses marques les plus assurées , sont aussi ses membres les plus préciieux. Cest de Tapôtre saint Jacques que j'ai appris cette excellente mo* raie. « Ecoutez, nous dit-il , mes très-chers Frères » ; jiudite^ Fralres mei dilectissimi (0 : sans doute il a dessein de nous proposer quelque chose de bien remarquable. Quelle ame assez endurcie refusera son attention y à laquelle il est excité par Torgane d'qn si grand apôtre ,. qui est honoré dans les saintes Lettres de la qualité glorieuse de frère de notre Seigneur? Mais entendons ce qu'il veut dire; voici ses propres paroles : ce N'est-il pas vrai que Dieu a choisi » les pauvres, afin qu'ils fussent riches dans la foi, i» et les héritiers du royaume qu'il a promis à ceux » qui raiment?Et après cela, poursuit-il, vous osez ft mépriser les pauvres»! Cet apôtre, comme vous voyez , nous veut faire considérer en ce lieu l'éminente dignité des pauvres, et cette prérogative de

CO/«c. II. 5,

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leur vocation que f ai tâché de vous expliquer. Dieu, dit-il y les a choisis spécialement pour être riches selon la foi> et les héritiers de son royaume: n'est-ce pas y mes Frères , ce que j'ai prédié^ qu'ils sont appelés à l'Eglise avec l'honneur et la préférence d'un choix particulier? Et de là que conclurons-nous^ si<non ce qu'a conclu le même saint Jacques , que c'est un aveuglement déplorable que de ne pas honorer les pauvres /^auxquels Dieu même a fait tant d'honr neur par cette grâce de prééminence qu'il leur donne dans son Eglise? Chrétiens/ rendez-leur respect, honorez leur condition.

Saint Paul nous en donne l'exemple. Ecrivant aux Romains d'une aumône qu'il alloit porter aux fidèles de Jérusalem , il leur parle en ces termes : « Je vous conjure , mes Frères y par notre Seigneur » Jésus-Christ et par la charité du Saint-Esprit , » que vous m'aidiez par vos prières auprès de Dieu ; 3» afin que les saints qui sont en Jérusalem agréent » le présent que j'ai à leur faire » : Obsecro vos , Fr aires ^ per Dominum nostnan Jesum Chris tum et per charitatem sancU Spiritâs > ut adjus^etis me in orationibus vestris pro me ad Deum, ut... obsequii tneioblatio accepta fiât in Jérusalem sanctisi^). Qui n'admireroit , chrétiens , comme il traite les pauvres honorablement ! Il ne dit pas l'aumône que j'ai* à leur faire y ni l'assistance que j'ai à leur donner; mais le service que j'ai à leur rendre. Il fait quelque chose de plus, et je vous prie de méditer ce qu^il ajoute : « Priez Dieu, dit- il, mes chers Frères, que » mon service leur soit agréable ». Que veut dii^e le

lO SUR l'ÉMINEIVTB DIGKITé

saint ftpôtre, et faut-il tant de précautions pour faire agréer une aumône ? Ge qui le fait parler de la sorte y c'est la haute dignité des pauvres On peut donner pour deux moti& ; ou pour gagner Faifection , ou pour soulager la nécessité; ou par un effet d'estime, ou par un sentiment de pitié : Fun est un présent , et Fautre une aumône. Dans Faumône, on croit ordinairement que c'est assez de donner : on apporte plus de soin dans le présent ^ et il y a un certain art innocent de relever le prix de ce que Fon donne', par la manière et les circonstances de Foffrir. C'est en cette dernière façon que saint Paul assiste les pauvres. 11 ne les regarde pas seulement conune des malheureux qu'il faut assister; mais il regarde que dans leur misère ils senties principaux membres de Jésus-Christ et les premiers-nés de FEglise. En cette qualité glorieuse il les considère comme des personnes auxquelles il fait la cour , si je puis parler de la sorte. C'est pourquoi il n'estime pas que ce soit assez que son présent les soulage , mais il sou« haite que son service leur agrée ; et pour obtenir cette grâce y il met toute FEglise en prières. Tant les pauvres sont considérables dans FEglise de Jésus- Christ ^ que saint Paul semble établir sa félicité dans Fhonneur de les servir et dans le bonheur de leur plaire : ut obsequU mei oblatio accepta fiai in Jerursalent sandis.

AJ^esdames y revétez-vous de ces sentimens apostoliques; et dans les soins que vous prenez de cette maison, regaixlez avec respect les pauvres qui la composent. Méditez sérieusement , en la charité de notre Seigneur, que si les honneurs du siècle vous

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mettent au-dessus d'eux, le caractère' de J&us- Christ, qu'ils ont Thonnepr de porter, les élève au^ dessus de vous. Honorez, en les servant, la mystérieuse conduite de la Providence divine, qui leur donne les premiers raiigs dans l'Eglise avec une telle prérogative, que les riches n'y sont reçus que pour les servir.

SECOND POINT

C'est la seconde vérité que je me suis obligé de vous expliquer , et qui suit si évidemment de celle que fai dé^ établie, qu'il ne sera pas nécessaire de m'étendre beaucoup sur la preuve. Et certainement, chrétiens, comme il a déjà été dit, Jésus, qui ne promet dans son Evangile que des afflictions et des croix , n'a pas besoin de riches dans sa sainte Eglise*, et leur faste n'ayant rien de commun avec la profonde humiliation de ce Dieu anéanti jusques à la croix, il est bien aisé déjuger, Messieurs, qu'il ne les recherche pas pour eux-mêmes. Car à quoi lui sont-ils bons dans son royaume ? Quoi ? pour lui ériger des temples superbes , ou poUr orner ses autels d'or et de pierreries? Ne vous persuadez pas qu'il se plaise dans ces omemens : il les reçoit de la main des hommes comme des marques de leur piété, comme dies hommages de leur religion. Mais bien loin d'exiger ces grandes dépenses, ne voyezvous pas au contraire qu'il n'est rien de plus corn-* mun ni de plus bas prix que ce qui est nécessaire à son culte? Il demande seulement de l'eau la plus simple pour régénérer ses enfans : il ne faut qu'un peu de pain et de vin pour consacrer ses mystères , où réside la source de toutes ses grâces. Jamais il

l4 SUK l'ÉMIMEIVTE DIGIfITÉ

qu il y a de plus délicat et de plu» tendi*e; lui-même se donne la peine de servir leur table (0. Ainsi, dit l'éloquent Pierre Chrysologue , « Abraham sentant » arriver les pauvres y ne se souvient plus qu'il est 3» maître » ^ et il fait toutes les fonctions d'un serviteur : Abràliam, vùo peregrino , dominum se esse nescivit i?). Mais d'où lui vient cet empressement à servir les pauvres ? C'est que ce père des croyans voyoit déjà en esprit le rang qu'ils dévoient tenir danâ FEglise : il considère déjà Jésus-Christ en eux : il oublie sa dignité dans la vue de celle des pauvres; et il montre aux riches par son exemple l'obligation qu'ils ont de les servir.

Mais quel service leur devons-nous rendre? en quoi sommes-nous tenus de les assister? Vous le voyez déjà y chrétiens, dans l'exemple du patriarche Abraham. Mais l'admirable saint Augustin vous va donner encore sur ce sujet-là une instruction plus particulière. « Le service que vous devec aux nécessi- » levai y c'est de porter avec eux une partie du farïi deau qui les accable (3) n* L'apôtre saint Paul ordonne aux fidèles de « porter les fardeaux les uns Il des autres » : Aller aherius oneraporuue (4). Les pauvres ont leur fardeau , et les lîches aussi ont le leur. Les pauvres ont leur fardeau -y qui ne le sait pas? Quand nous les voyons suer et gémir , pouvonsnous ne pas reconnotti^que tant de misères pressantes sont un fardeau très^pesant, dont leurs épaules sont accablées? Mais encore que les riches marchent à leur aise y et semblent n'avoir rien qui leur pèse ^

(0 Gènes, xyiii. a. — (•) Serm. cxxi. de àiwit. et Lazar. — '}) Senr. CLtiT,n» 9 , tom. y, «9/. 794«— C^^ Gai. ti. a.

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sachez qu'ils ont aussi leur fardieau. Et quel est ce fardeau des riches? chrétiens , le pourrez-vous croii*e ? ce sont leurs propres richesses. Quel est le fardeau des pauvres? c'est le besoin : quel est le fardeau des riches? c*est Fabondance. «Le fardeau des pauvres , n dit saint Augustin ^ c'est de n*avoir pas ce qu'il » faut ; et le fardeau des riches ^ c'est d'avoir plus 9» qu'il ne faut » : Onus paupertatis non habere, diui^ tiarum onus plus quàm opus est habere (0. Quoi donc? est-ce un fardeau incommode que d'avoir trop de biens? Ah! que j'entends de mondains qui désirent un tel fardeau dans le secret de leurs cœurs ! Mais qu'ils ari*étent ces désirs inconsidérés. Si les injustes préjugés du siècle les empêchent de concevoir en ce monde combien l'abondance pèse y quand ils viendront en ce pays, où il nuira d'être trop riches ^ quand ils comparoitront à ce tribunal ^ où il faudra rendre compte non-seuler ment des talens dispensés , mais encore des talens enfouis y et répondre à ce juge inexorable non-seulement de la dépense , mais encore de l'épargne et du ménage; alors , Messieurs, ils reconnottrontque les richesses sont un grand poids , et ils se repentiront vainement de ne s'en être pas déchargés.

Mais n'attendons pas cette heure fatale y et pendant que le temps Le permet , pratiquons ce conseil de saint Paul ; AUer alterius onera porlate : « Por- » tez vos fardeaux les uns les autres ». Riche , portez le fardeau du pauvre , soulagez sa nécessité , aidezle à soutenir les afflictions sous le poids desquelles il gémit : mais sachez qu'en le déchargeant vous tra-

(0 Ubi supra.

l6 SUR L^ÉMIITENTE DIGHTITÉ

vaillez à votre décharge : lorsque vous lui donnez, vous diminuez son fardeau , et il diminue le vôtre : vous portez le besoin qui le presse; il porte Tabondance qui vous surcharge. Communiquez entre vous mutuellement vos fardeaux , « afin que les charges » deviennent égales» : ut fiât œqualitas^ dit saint Paul (0. Car quelle injustice , mes Frères, que les pauvres portent tout le fardeau, et que tout le poids des misères aille fondre sur leui*s épaules ! S'ils s'en plaignent , et s*ils en murmurent contre la Provi^ dence divine , Seigneur, permettez-moi de le dire , c'est avec quelque couleur de justice : car étant tous pétiis d'une même masse, et ne pouvant pas y avoir grande différence entre de la boue et de la boue , pourquoi verrons-nous d'un côté la joie , la faveur, Taffluence ; et de l'autre la tristesse, et le désespoir, et l'extrême nécessité ; et encore le mépris et la servitude? pourquoi cet homme si fortuné vivroit-il dans une telle abondance, et pourroit-il contenter jusqu'aux désirs les plus inutiles d'une curiosité étudiée ; pendant que ce misérable , homme toutefois aussi bien que lui, ne pourra soutenir sa pauvre famille, ni soulager la faim qui le presse? Dans cette étrange inégalité, pourroit-on justifier la Providence de mal ménager les ti*ésors que Dieu met entre des égaux, si par un autre moyen elle n'avoit pourvu au besoin des pauvres , et remis quelque égalité entrèfles hommes? C'est pour cela, chrétiens, qu'il a établi son Eglise , où il reçoit les riches , mais à condition de servir les pauvres; où il ordonne que l'abondance supplée au défaut, et donne des assigna-

(0//. Cor.Yiiu 14.

tions

tions aux nécessiteux sur le superflu des opulens^ Entrez y mes Frères ^ dans cette pensée : si vous ne portez le fardeau des pauvres , le vôtre vous acca^ blera ; le poids de vos richesses mal dispensées vou^ fera tombei^ dans Fabîme : au lieu que si vouspar-- , lagez avect les pauvres le poids de leur pauvreté , en prenant part à leur misère^ vous mériterez tout enaemble de participer à leurs privilèges*

Troisième point. •

Sahs cette participation des privilèges des pâu-> vreSy il ny a aucun salut pour les nches; et il mé sera abé de vous en convaincre , en insistant toujours aux mêmes principes. Car s*il est vrai , comme je Taî dit y que TEglise est la ville des pauvres, s'ils y tien* nent les premiers rangs , si c*est pour eux principa* lement que cette cité bienheureuse a été bâtie , il est bien aisé de conclure que les privilèges leur appartiennent. Dans tous les royaumes, dans tous les empires , il y a des privilégiés , c'est-à-dire des personnes éminentes qui ont des droits extraordinaii es : et la source de ces privilèges , q est qu'ils touchent de plus près, ou par leur naissance ou par leurs em* plois, à la persontie du prince. Cela est de la majelstè, de l'état et delà grandeur du souverain, que Tèclat qui rejaillit de sa couronne se répande en quelque sorte sur ceux qui l'approchent. Puisque nous apprenons parles saintes Lettres que FEglisé est un royaume si bien ordonné, ne doutez 'pas ^ mes Frères, quelle n'ait aussi ses privilégiés. Et d'où se prendront ces privilèges , sinon de la société avec son prince , c'est-à-dire avec Jésus-Christ? Que

BossuET. xu* « 2

l8 SUR l'émihsxiti digvité

9*il faut être uni avec le Sauveur, durëtiens, ne ckerchons pas dans les richies les privilèges de la sainte Eglise. La couronne de notre monarque est une cou* ronne d'épines : rédat qui en rejaillit , ce sont les aflUctions et les soufiranoes. Cest dans les pauvres , c^est dans ceux qui souffrent, que réside la majeslë de ce royaume spiritud. Jésus étant lui-même pau* vre et indigent, il étoit de la- bienséance qu'il liât so^été avec ses semblables, et qu'il répandit *ses&* veurs sur ses compagnons de fortune.

Qu'on' ne méprise plus la pauvreté, et qu'on ne la traite plus de roturière. Il est vrai qu'elle étoit de la lie du peuple : mais le roi de gloire l'ayant épousée , il l'a ennoblie par cette alliance , et ensuite il accorde aux pauvres tous les privilèges de son empire. U promet le royaume aux pauvres , la consolauon à ceux qui pleurent , la nourriture à ceux qui ont faim , la joie éternelle à ceux qiu souffrent. Si tous les droits y si toutes les grAces, si tous les privilèges de l'Evangile sont aux pauvres de Jésus- Christ, 6 riches, que vous reste-t-il, et quelle part aurez-vous dans son royaume i*) 7 II ne parle de vous

(*) Le moyen de communiquer, c'est de s'atscder avec eux par la, compassion , acheter leurs privilèges en les assistant, expier la contagion qu'on contracte par les r^ chcsses. Saint Paulin, rapporte des grands du siècle, qui accompagnèrent à Noie sainte Mëlanie : qu'ils croy oient se purifier de la contagion de leurs richesses, s'ils étoient assez heureux pour recueillir avec leurs vétemens précieux qu'ils étendoient sous ses pieds, quelque ordure de ses traces ou de ses habits très-pauvres : Vestimenta sua veUeribus, auro^ arte pretiosdy pedibus ejus substemere-,

DES PAUVRES DÀlfS L^ÉGLISE. |9

dans son EvangUe que pour foudroyer votre or2;ueil: Vcei voiis dmtibus (0! « Malheur à vous^ riches » ! Qui ne tremUeroit à cette sentence ? qui ne seroit saisi de firayieur ? Contre cette terrible malédiction , voici votre unique espérance. Il e$t vrai , ces privilèges sont donnés aux pauvres; mais vous pouvez les obtenir d'eux ^ et les recevoir de leurs mains : c*est là que le Saint-Esprit vous renvoie pour obtenir les grâces du ciel* Youlea-vous que vos iniquités vous soient pardonnées? « Rachetez-les, dit-il , par au- » mônes » : Peccata tua eleemosjmis redime (^. Demandez-vous à Dieu sa miséricorde? cherchez -la dans les mains des pauvres, en Texerçant envers eux,: Beaii miséricordes {^): ex Heureux ceux qui sont » miséricordieux »• Enfin, voulez -vous entrer au royaume? les portes, dit Jésus-Christ, vous seront ouvertes, pourvu que les pauvres vous introduisent: fc Faites-voua, dit-il, des ami^ qui vous reçoivent a» dans les tabemaiiles éternels (4) ». Ainsi la grâce, la miséricorde, la rémission des péchés, le royaume même est entre leur» mains ; et les riches n*y peuvent entrer , ai les pauvres ne les y reçoivent.

Donc, ô pajuvres, que vous êtes riches! mais, ô riches, que vous êtes pauvres ! Si vous vous tenez à vos propres biens , vous serez privés pour jamais des biens du nouveau Testament ; et il ne vous restera pour votre partage que .ce Fœ terrible de TE van*

pannisque oonterere gestiebant; expiari se à divitiarum contagio judicanies y si quant de viàssimo ejus hahitu oui vesdgioso¥xiem coUigeremerereniur. E^ist. xxix adSever.

(0 Luc. VI. a4* — C*) ^««« IV. 24* •" W BfatL v. 7. — (4) Luc. XVI. 9.

2a fiUa L^ÉMTIf. DIGH. DES PAUVRES.

gnitéy elles se tiennent honorëés de les servir; parce qu'elles sont chrétieùties, elles se croient obliges de les assister.; parce qu^elles savent le poids des richesses mal employées, elles se déchargent entre leurs mains d'une partie de leur fardeau , et en répandant les biens temporels , elles viennent recevoir en échange les grâces spirituelles.

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