‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 3)Chapitre 31 sur 76 · VU, LE PÉ<?HÉ D^HÀBITUDB · texte numérisé non relu

VU, LE PÉ<?HÉ D^HÀBITUDB

PREMIER POINT

Là nature du péchë d'habitude. Le péché a cela de propre y qu'il imprime une tache k Tapie qui va défigurant en elle toute sa beauté, et passe Téponge sur les traits de Timage du Créateur qui s'y est ^e* présenté lui-même. Mais un péché réitéré , o«tre cette tache, prodijit encore dans Tame une pente et une forte inclination au mal ; à cause qu'entrant dans le fond de l'ame, il ruine toutes ses bonnes inclinations, et l'entraîne par son propre poids aux objets de la terre. L'Ecriture se sert de trois comparaisons puissantes pour exprimer le danger de cette maladie : Induit maledictionem sicutvestimen-iuni^ et intrauit sicut aqua in interiora ejus j et sicut oleum in ossibus ejus (0 : « Il s'est ^evétu de la malé- » diction ainsi que d'un vêtement : elle a pénétré » comme l'eau au dedans de lui, et comme Thuile » jusque dans ses os ».

La malédiction est dans le pécheur par habitude comme le vêtement ; parce qu'elle emplit tout son extérieur, toutes ses actions, toutes ses paroles ; sa langue ne fait que débiter le mensonge : elle entre comme l'eau dans son intérieur, et y va corrompre ses pensées; en sorte qu'il n'en a plus que celles de son ambition, etc. : et enfin elle pénètre comme rhuile dans ses os , c'est-à-dire dans ce qui soutient son ame et lui donne sa solidité. Il étouffe tous les sentimens de la foi; car enfin tout s'évanouit dans ces grandes attaches qu'il a au péché : il ruine l'espérance ; car tout son espoir est dans la terre : il

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