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A LÀ FÀllOLX DB jtsVB'CUlBilSt. 3ll
njeriias non est (') ; a Celui qai assure ({u*il le con- » nott, et ne garde pas ses commandemens, c'est » un menteur y et la vérité D'e$t point en lui». Non il ne connott pas Jésus-Christ , parce qu*il ne le connoît pas comme il le veut être. Il le connott comme un curieux qui se divertit de sa doctrine et ne songe pas à la pratique , ou qui en fait un sujet de spéculations agréables. Chrétiens, ce n'est paâ ainsi que Jésus-Christ veut être connu : au contraire, il nous assure qu'il ne connott pas ceux qui le cou-noissent de la sorte. Il* veut des ouvriers fidèles , et non pas des contemplateurs oisifs; et ce n'est rien de la foi, si elle ne fructifie en bonnes œuvres^ Mais afin de vous en convaincre, remarquez*, s'il vous plaît , Messieurs , que toute la vie chrétienne nous ëtant représentée dans les Ecritures comme un édifice spirituel, les mêmes Ecritures nous disent aussi que la foi en est le fondement. C'est pourquoi saint Paul nous enseigne que « nous sommes fondés en » la foi » : In fiàe funâatà (^). Or vous savez que le fondement a deux qualités principales : il est en pre** nier lieu te Commencement ; et secondement il est le soutien de l'édifice qui se prépare. Donc pour bien eonnottre la foi, nous devons juger en premier lieu qu'elle n'est qu'un commencement ; et seconde^ ment qu'elle est destinée pour être le soutien de quelque chose. L'une et l'autre de ces qualités exige nécessairement la suite des œuvres; parce qu'en qua-* lité de commencement elle nous oblige à continuer, et en qualité de soutien elle nous invite à bââr des* SUS4 et l'un et l'autre se feit par les œuvres^
(<) /. Joan, II. 4- -— C*) Coloss. i. a3.
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Mais découvrons dans uo plus grand jour ces deux importantes raisons. Je conclus la première en pea de paroles; et la seconde qui sera plus de notre sujet, aura une plus grande élendue. Croire, disonsnous, c'est commencer ; et il est aisé de l'entendre. Car tout le dessein du cbristi.inisme n'étant (jue de soumettre notre esprit à Dieu , la foi , dit saint Augustin, commence cette œuvre: Fides est prima quœ suijugat aiiimam Deo (0 ; <■ La loi est la première » qui soumet l'ame à Dieu a ; et le concile de Trente a déûni (jue « la foi est le commencement du salut » de rboQime h : Fides est humanœ salutis initium (^)- La foi est donc un commencement, c'est la première de ses «jualités, El plût à Dieu , Messieurs, (|ue tous les chrétiens Toussent bien compris ! car par-là ils pourroieot eonnoitre que de s'eo tenir à la foi sans s'avancer dans les botines œuvres, c'est s'arrêter dès le premier pas ; c'est abandonner tout l'ouvrage dès Je commencement de l'entreprise, et B'atttrer justement ce reproche de l'Evangile : ffic homo ccepit œdificare, et nonpotuil consummare (3) .* « Voilà ce fou et cet insensé qui avoit commencé » un beau bâtiment , et qui ne l'a pas achevé » : il a fait grand amas de matériaux , il a posé tous les fondemens d'un grand et superbe édifice; et le fondement étant mis, tout d'un coup il quitte l'ouvrage. O le fou ! ô l'extravagant ! Hic homo ccepit œdifi~ care.
, Mais éveillez-vous, chrétien : c'est vous-même qui êtes cet homme insensé. Vous avez commencé un
(.•MHAgon. CttriH-n. i4i<oni.Yi,coii5>. — (>) Jeu. vi, c.tiii. — (')£uc. XIV. 3o.
1 Là PAmOLB DE JÉSUS-CHBIST.' 3l3
rand bâtiment ; vont- avest d^jà établi la foi qui en t le fondement immuable. Pour poser ce fondement 3 la foi y quels effints a-t-il fallu fair^7 La place desaëe pour le bâtiment ëtoit plus mouvante que le ble : chrétiens , c*est Tesprit humain , toujours lancelant dans ses pensées; il a fallu Taffetmir. |ue de miracles , que de prophéties , que d'écriires y que d^enseignemens ont été nécessaires pour rvir.d'appui ! Il y avoit d*un côté des précipices , ^ipices terribles et dangereux de Terreur et de ^orance ; il a fallu les combler : et de Tautre , des hauteurs superbes qui s'élevoient , dit le saint apôtre (0, contre la science de Dieu « ; il a fallu I abattre et les aplanir. Parlons en termes plus ikéUigîbles : il a fallu s'aveugler soi-même , démentir désavouer tous ses sens , renoncer à son jugeknent, soumettre et se captiver dans la partie la plus ire y qui est la raison. Enfin que n*a-t-il pas fallu treprendre pour poser ce fondement de la foi? ; après de si grands efibrts et tant de préparatifs traordinaireSy on laisse FentreprSe imparfsdte, et n met de beaux fondemei^ sur lesquels on ne bâtit m : peut-on voir une pareille folie? Et ne vois-tu Sf insensé y que ce fondement attend Tédifice, le ce commencement de la foi demande sa perfectn par la bonne vie; et que ces murailles à deminrées, qui se ruinent parce qu'on néglige de les hever , rendent hautement témoignage contre ta le et téméraire conduite ? Mats cela paroltra bien eux, si après avoir regardé la foi comme le commcement de l'édifice , nous cou sidérons mainte-
0//. Cbr.i.5.
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nant qu'elle n*est pas établie pour demeurer seule, mais pour servir de soutien à quelque autre chose. Car s'il est ainsi, chrëtiens, qu*elle ne soit ps^s établie pour demeurer seule, mais pour servir d'appui à quelque autre chose j^ je vous laisse à juger en vos consciences quelle injure vous faites au divin Sau*> veur , si ayant mis en vos âmes un fondement si iné^ branlable, vous craignez encore de bâtir dessus : n'est-ce pas lui dire manifestement que vous vous défiez du soutien qu'il vous présente , et que vous n'osez vous appuyer sur sa parole ? c'est-à-dire que sa foi vous paroît douteuse , sa doctrine mal soute* nue, ses maximes peu assurées.
Mais laissons ces justes reproches , pour prouver solidement par les Ecritures que la foi ne nous est donnée que pour être te soutien des œuvres; et vous en serez convaincus, si vous méditez attentivement la conduite de notre Sauveur tant qu'il a été en ce monde. Il a accompli de grands mystères , il nous y a donné de fln:*ands préceptes : mais afin que ce qu'il feut croire nous apprit comme il faut agir, il a tellement ménagé }§b choses , que les mystères qu'il a accomplis fussent le soutien et le fondement des préceptes qu'il a donnés. Saint Augustin , Messieurs, vous fera entendre cette Vérité, et il nous l'ex. plique admirablement dans le livre qu'il a écrit , de jàgone Chcistianaj du combat du chrétien , où, suivant le divin Apôtre, il appuie toute la vie chrétienne et la liaison des préceptes avec les mystères , sur Jésus-Christ humilié et sur le mystère de sa croix. O hommes, dit-il, n'aimez pas le monde; voilà le précepte : parce que s'il étoit aimable, le Fils de Dieu
.i^Lââ£k:.
X LA PAROLE DE JÉSUS-CHRIST. 3lS
Tauroit aimé ; voilà le mystère : Nolite amare tem^ poraUa , quia si bene amarentur , amaret ea homo çuem suscepit Filius Dei (0. Ne vous attachez pag aux richesses , parce que si elles étoient nécessaires , le Fils de Dieu ne seroit pas pauvre : ne craignez ni les souffrances ni rignominie, parce que si elles nuisoient à notre bonheur, un Dieu n'y seroit pas exposé. Ainsi vous voyez manifestement que toutes les choses que Jéisus commande , ont leur fondement immuable sur celles qu'il a accomplies ; et que s'il nous prescrit dans son Evangile une vie péni^ tente et mortifiée j c'est à cause qu'il nous y parott comme un Dieu anéanti et crucifié. C'est pour cela que sur le Thabor , où l'on nous ordonne d'écouter sa voix , de quoi estrce qu'il s'entretient avec Moïse et Elie ? de sa croix ^ dit l'évangéliste , et de la mort qu'il devoit souffrir à Jérusalem.: Dicebant exces^ sum ejus quem compieturus erat in Jérusalem i^h Pour quelle raison , mon divin Sauveur? et qu'a de commun ce discours avec la gloire qui vous environne? C'est y mes Frères, que ce qu'il conunande étant fondé sur ce qu'il a fait , il nous propose ce qu'il a fait, pour disposer nos esprits à suiyre hum-^ blement ce qu il commande : Ipsum audiie : « Eeou- » tez Jésus » ; écoutez-le, croyez ce qu'il fait ; mais écoutez-le, faites ce qu'il dit.
Mais permettez- moi,' chrétiens, d'étendre davantage cette vérité si solide et si impoilante , et de vous expliquer le dessein pour lequel le sauveur Jésus j» dans cet état auguste et majestueux où il nousparoil au Thabor, ne parle que de sa croix et de ses souf-
0) Cap. XI. n. la, tum, Yi,coL aSi. — C*) Lue. a. 5i.
3 1 G s T R L A s O L -^I I S S I O ^ DUE
frances. Chrétien , ne le vois-tu pas ? et ne Tas-tu pas encore entendu? Cest qu il a dessein de te préparer à écouter ses préceptes ; il veut lever les difficultés que tu trouves à suivre ses commandemens et à marcher dans ses voies. En eflèt , pour ôter ces diflicultés, il faut nous inspirer du courage et nous JoQner delà force. Pour nous inspirer du courage, qiCy a-t-il de plus efficace que de le voir marcher le premier dans la carrière quil nous a ouverte, toiit couvert de sueur et de sang, poursuivant tout œ qve les hommes fuient , méprisant tout ce qu'ils .déôrent, souffi:ant volontairement tout ce qu'ils redotuteqt : Omnia contemnendo çuœ pravi homines çupmnt^ et omnia patiendo quœ horrescunt (0 : et dans cet état de souffirances , nous disant d'un ton ferme et vigoureux i In mundopressuramhabebitis^ sed confidUe , ego vici mundum W : mes disciples, je le confesse, « Vous aurez à souffrir au monde; » mais prenez courage, j'ai vaincu le monde ». Se peut-il trouver des âmes si basses qui ne soient encouragées par cet exemple? Que si vous vous plaignez, chrétiens, que vos forces ne suffisent pas pour suivre ce Dieu qui vous appelle ; vous me faites tous cette objection , je lis dans vos cœurs; regardez que nonseulement il marche devant , mais encore qu'il se tourne à vous pour vous tendre sa main charitable. Quelle preuve en avons-nous ? ses souffrances mêmes. [Ecoutez] saint Paul dans l'épi tre aux Hébreux : In eo ,enim in quo passus est ipse et tentatus , potens
est et lis qui tentantur auxiliari (^) : ce Par les choses
' \^S. Aug. lib. de ver, Helig. n. 3i, tom. i. coL 758. — {*) /oofi. XVI. 33. — 0) Heb. II. i8.