‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 3)Chapitre 72 sur 76 · SUR LA MÉDISANCE · texte numérisé non relu

SUR LA MÉDISANCE

» dit saint Augustin (0^ sont très-empressés à vou- » loir connoitre la vie des autres , tandis qu ils sont •n très-paresseux pour réformer la leur ». Curiosum genus humanum ad cognoscendam vitam alienam , desidiosum ad com'gendam suam. « Hypocrite, dit » le Fils de Dieu, commencez par ôter la poutre qui » est dans votre œil , et vous ôterez ensuite la paille » qui est dans celui de votre frère » : HjpocrUa , ejice primiim trxibem de oculo tuo , et tune videbis ejicerefestucam de otulojratris tui (^). Il fait le vertueux en reprenant les autres : il ne Test pas , parce qu*il ne se corrige pas soi-même. Il affecte une cer-* taine liberté de parler des autres et des abus pu-^ blics : hypocrite, commifence par toi-même à réfor- . mer le monde. Il reprend ce qu'il ne peut pas amender ; il n'amende pas ce qu'il peut corriger. Il y a plaisir à parler des vices d'autrui, parce qu'on remarque sans peine les défauts des autres ^ et on ne surmonte les siens qu'avec peine.

La première de ces médisances est basse et honteuse ; la seconde est fière et insolente ; la troisième trompeuse et hypocrite. Tout vient de Torgueil ; « On est envieux dès qu'on est superbe » ; Si svpereus est, et invidus est (5). Et après [ on devient] dia* ble, médisant, calomniateur. Il nous mène parles mêmes degrés : « Vous serez comme des dieux » ; Eritis sicut dii (4). Une suite de cela , c'est que nous rapportons tout à nous-mêmes.

(0 Confost, iib, X, cap. m, iom. i, coi, 171. — (•) Ikfatt. vu. 5. *— (î) S. Aug. Enar, in Pm. C, ». 9, iom. 17, coL 1068.— (4) Gen, 111. 5.

COXPARÀKOir DBS CATHOL. AVEC LES UÉRÉt. 679

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