‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 3)Chapitre 8 sur 76 · POUR LE TEMPS DU JUBILÉ · texte numérisé non relu

POUR LE TEMPS DU JUBILÉ

SUR LA PÉNITENCE (*)

TfùiM qnalitéf de k pénitence oppoeées ans troif désordres di péché : comment elles en sont le remède. Difficolié k icctwifur la justice perdue. Fidélité qn exige Tamitié réconciliée FUMttti efiets du mépris ou de Tabus de la pénitence.

Qui enim mortui sumus peccato y quomodo adhuc ylveiniis inillo?

Nous^qui sommes morts au péché, comment pourronsnous désormais y vivre? Rom. yu 2.

Je ne puis vous exprimer , chrétiens ^ combien est grande aujourd'iiui la joie de TEglise. Cette grâce du Jubilé que vous avez si ardemment embrassée , cette piété exemplaire, ce zèle que vous avez témoigné dans la fréquentation des saints sacremens, satisfait infiniment cette bonne mère : et si le père de ce prodigue voulut que toute sa maison fÙt en joie pour le retour d'un de ses enfans, quels sont les sentimens de TEglise voyant un si grand nombre des

(^ Ce sermon étant isolé, et n^appartenant à aucune suite de ser* mons , nous Pavons placé avant le carême , parce que le sujet qui y v»\ traité » conyicpt très-bien k ce saint temps. Edii. de VtrêmlUê^

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siens ressuscita par Ja pénitence ? Mais cette joie divine et spirituelle ne s'arrête pas sur la terré, elle passe jusqu au ciel ; et nous apprenons du Sauveur des âmes , que la conversion des hommes pécheurs fait la solennité des esprits célestes , nos gémissemens font leur joie, et nos douleurs font leurs ac« tions de grâces. Donc les larmes des pénitens sont si précieuses qu'elles sont recueillies en terre pour être portées jusque dans le ciel , et leur vertu est si grande qu'elle s'étend même jusque sur les anges : et ce qui est bien plus merveilleux ^ c'est qu'encore que l'innocence ait ^s larmes ^ les anges estiment de plus grand prix celles que les péchés font répandre; et l'amertume de la pénitence a quelque chose de plus doux pour eux, que le miel de la dévotion. Que reste- t-il donc maintenant à faire, sinon de vous dire avec l'apôtre : « Nous qui sommes morts » au péché, pourrons^nous bien désormais y vivre »? . nous, qui avons r^ouile ciel, pourrons-nous après cela réjouir l'enfer, et rendre inutile une pénitence qui a déjà pu porter ses fruits jusque dans la Jérusalem bienheureuse? Comprenez, pécheurs conver^* tis , que vos larmes pénètrent le ciel , puisqu'elles y vont réjouir les anges : voyez combien les pleurç de la pénitence sont fructueux à ceux qui les versent , puisqu'ils le sont même aux intelligences célestes. Entendons dans notre Evangile quelle abondante satisfaction produira un jour en nous-mêmes l'afflic* tion d'un cceur rep^itant, puisqu'elle en produit déjà dans les anges, auxquels le Fils de Dieu nous promet que sa grâce nous fera semblables. Et puisque ces sublimes esprits prennent tant de part à notre

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