‹ Œuvres de Bossuet, évéque de Meaux (volume 3)Chapitre 9 sur 76 · POUR LE TEMPS DU JUBILÉ · texte numérisé non relu

POUR LE TEMPS DU JUBILÉ

bonheur, et qu'ils veulent bien se joindre avec nom par une société si étroite ; joignons-nous aussi avec eux f et disons tous ensemble avec Gabriel Fun de leurs bienheureux compagnons y jài^e. Maria»

Après que la gi^âce du saint baptême nous ayant heureusement délivrés de la damnation du premier Adam , ^voit si abondamment répandu sur nous les bénédictions du nouveau ; après que cette seconde naissance y qui nous a ressuscites en notre Seigneur, avoit consacré pour toujours nos corps et nos âmes aune sainte nouveauté de vie , il falloit certainement, chrétiens, que les hommes, régénérés par une si grande bonté de leur Créateur, honorassent la miséricorde divine en conservant soigneusement ses bienfaits , et gardassent éternellement Tinnocence que le Saint-Esprit leur avoit rendue. Car puisque nous apprenons de Tapôtre, que cette eau salutaire et vivifiante qui nous a lavés au baptême, a détruit en nous le corps du péché, « pour nous exempter à » jamais de sa servitude » ; Ut ulirà non sen^iamus peccato (0; y avoit-il rien de plus nécessaire que de nous maintenir dans la liberté que le sang de Jésus- Christ nous avoit acquise? et nous étant rengagés volontairement dans un si honteux esclavage après la sainteté du baptême, aurions-nous pas bien jus* tement mérité que Dieu punît notre ingratitude par une entière soustraction de ses grâces ?

Oui, sans doute, nous méritions, ayant violé le baptême , qu'on ne nous laissât plus aucune ressource; mais cette bonté qui n'a point de bornes

(0 Jlom. Yi. 6.

SUR LA PÉITITEKCE. Q'J

a traite plus favorablement la foiblesse humaine : elle a regardé d'un ceil de pitié Textréme fragilité de notice nature; et voyant que notre vie nétoit autre chose qu*unc continuelle tentation y elle a puvert la porte de la pénitence , comme un second asile aux pécheurs , et une nouvelle espérance après le naufrage. Et encore que Dieu ait prévu que les hommes toujours ingrats abuseroient de la pénitence comme ils ayoient fait du baptême y sa miséricorde ne s'est pas lassée : Jésus-Christ , qui a voulu que la pénitence nous tint heu en quelque sorte d'un second baptême , a mis entre ces deux sacremens cette différence notable , que le premier nous étant donné comme la nativité du fidèle, ne peut être reçu qu'une fois , parce qu'il n'y a qu'une naissance en esprit comme il n'y en a qu'une en la chair ; ' et qu'au contraire le sacrement de la pénitence est mis entre les maips de l'Eglise comme une clef salutaire p par laquelle elle peut ouvrir le ciel aux pécheui's autant de fois qu'ils se convertissent. Je n'excepte rien, dit notre Sauveur : Tout ce que vous pardonnerez sur la terre , leur sera remis de? vant Dieu (0 : pour nous faire voir par cette parole^ que son Père n'est jamais si inexorable qu'il ne puisse être appaisé par la pénitence. Voilà comme la miséricorde divine ne cesse jamais de bien faire aux hommes : mais comme si notre malice avoit entrepris d'abuser de tous ses bienfaits , nous tournons à notre ruine tout ce qu'on nous présente pour notre salut.

En eUei, qui ne voit par expérience que c'est la

(0 iIftfXf; XYiii. i8. Joan, xx. a3.

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